(Montréal) Une seule séance d’entraînement peut permettre aux aînés d’améliorer leurs fonctions cognitives et leur mémoire de travail, selon une nouvelle étude américaine.

Jean-Benoit Legault
La Presse canadienne

Ces améliorations étaient essentiellement les mêmes que celles constatées chez des aînés qui s’entraînaient régulièrement pendant plusieurs semaines. Les chercheurs de l’Université de l’Iowa expliquent qu’on peut maintenant envisager les bienfaits de l’activité physique au jour le jour, et non uniquement à long terme.

« L’oxygénation du cerveau, l’augmentation de la circulation d’environ 25 % quand on s’entraîne… Ce sont tous des effets bénéfiques pour le cerveau et ces modifications se font assez rapidement quand on s’entraîne », a commenté Yves Lajoie, de la Faculté des sciences de la santé de l’Université d’Ottawa.

La professeure Michelle Voss et ses collègues ont recruté 34 aînés, en santé et sédentaires, âgés de 60 à 80 ans. Les participants ont fait deux séances de vélo stationnaire de 20 minutes, une plus légère et une plus intense. Chaque participant a subi une prise d’images cérébrales avant et après chaque séance.

Après une seule séance d’entraînement, les chercheurs ont constaté chez certains sujets une amélioration de la connectivité entre deux régions du cerveau associées à la cognition et à la mémoire. Ces mêmes sujets ont aussi offert une meilleure performance lors d’un test de mémoire.

Mais attention : l’amélioration n’a été que de courte durée et tout était ensuite à refaire.

« Il ne faut pas penser que ces résultats-là vont rester longtemps, a confirmé Yves Lajoie. C’est assez éphémère. Si vous vous êtes entraînés seulement le matin et qu’à la fin de la journée vous n’avez pas fait plus d’exercice, probablement que vous avez retrouvé le statu quo. »

Cela étant dit, poursuit-il, il est intéressant de constater la rapidité avec laquelle les améliorations se manifestent. Un aîné équipé d’une montre intelligente de type FitBit qui lui rappelle régulièrement de s’activer pourrait être d’autant plus enclin à le faire s’il sait, comme le démontre cette étude, qu’il en retirera des bienfaits immédiats.

« Ce serait intéressant pour les personnes âgées d’utiliser cette technologie-là et les résultats de cette étude pour rester cognitivement impliqués, a dit M. Lajoie. Deux, trois, quatre fois par jour, ce serait souhaitable. »

Les mêmes sujets ont participé à un programme d’entraînement de trois mois constitué de séances de vélo stationnaire de 50 minutes trois fois par semaine. Des améliorations ont été constatées, mais elles n’étaient pas plus importantes que celles vues après une seule séance.

Les conclusions de cette étude ont été publiées en ligne par le journal Medicine & Science in Sports & Exercise.