Troubles d'anxiété : 570 km de peurs à combattre

Patrice Coquereau, comédien, auteur et conférencier, a entrepris... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE)

Agrandir

Patrice Coquereau, comédien, auteur et conférencier, a entrepris hier un voyage de six semaines de marche au profit de Phobies-Zéro et de projets qui abordent l'anxiété.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Le comédien, auteur et conférencier Patrice Coquereau a entrepris hier, Pas à Pas, un voyage de six semaines de marche au profit de Phobies-Zéro et de projets qui abordent l'anxiété. Il longera la route 132, de Longueuil à Rimouski, pour aider ceux qu'il croisera à apprivoiser les troubles anxieux.

Un poncho pour les orages, un chasse-moustiques contre les piqûres, des chaussettes de soie pour les journées chaudes... Son sac est rempli. Son ventre aussi, de papillons de fébrilité. Mais, pour franchir à la marche les 570 km séparant Longueuil et Rimouski, c'est de son bagage que Patrice Coquereau aura le plus besoin.

« Mon parcours a été très chaotique. J'ai souffert d'enfermement, de psychoses, de chaos, etc. Mais à travers tout ça, j'ai appris à faire face à mes peurs. D'où le Pas à Pas », explique le comédien.

Pour vaincre un trouble anxieux, le plus difficile est souvent de faire le premier pas ; Patrice Coquereau en sait quelque chose. Il a abordé les hauts et les bas de son propre parcours de guérison dans un livre publié il y a cinq ans, Guérir à gorge déployée, et il donne des conférences sur l'anxiété depuis.

« Ce que je constate sur le terrain, y compris chez les plus jeunes, c'est que l'anxiété - à différents degrés et sous différentes formes - est omniprésente. Et même si on en parle de plus en plus, ça reste tabou, délicat à aborder dans notre monde de performance. »

Partout où il passe en tant que conférencier, il dit observer l'effet dévastateur du « festival de la comparaison, du résultat, de la performance ». « Maintenir son ego, être aimé, validé... c'est vieux comme le monde, c'est partout, et c'est anxiogène », avertit celui qui aimerait que l'authenticité reprenne ses droits dans un monde faussement aseptisé de défauts et d'échecs.

« Pourquoi, quand quelqu'un nous demande comment on va, on ne dirait pas quand ça va mal, tout simplement ? Des fois, ça donne une qualité de présence insoupçonnée et on entre dans quelque chose de vrai, fait-il remarquer. On n'a pas idée des histoires personnelles des gens qui nous entourent, dans les transports en commun, au travail, à l'école... »

Il aime penser que « nous sommes tous des livres, et qu'on ne voit que la couverture ».

« Pourquoi voir l'autre non pas comme un compétiteur potentiel, mais comme quelqu'un qui va agrémenter notre parcours ? »

« La vie, ce n'est pas un conte de... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE) - image 2.0

Agrandir

« La vie, ce n'est pas un conte de fées. C'est un lieu d'apprentissage, c'est l'école du courage », dit Patrice Coquereau.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Un voyage de rencontres

L'artiste s'est mis à réfléchir à une façon d'agrémenter son propre parcours. Porte-parole de Phobies-Zéro, il voulait aussi attirer l'attention sur les troubles d'anxiété en général et amasser des fonds pour l'organisme. L'idée d'aller à la rencontre des gens dans un contexte de grande traversée à la marche lui est apparue comme une évidence, en mai dernier. L'organisation de l'événement s'est faite si rapidement qu'à peine deux mois plus tard, il laçait ses bottines de marche, prêt à longer le Saint-Laurent jusqu'au Bas-du-Fleuve.

« Je vais dormir chez les gens en cours de route, mais je veux aussi qu'ils m'accompagnent, je veux susciter des discussions, des témoignages sonores et visuels dans le but d'un documentaire », explique-t-il.

À 24 heures de son départ, des volontaires offraient déjà de l'héberger dans près de la moitié des villes qu'il visitera. Une réponse « au-delà de toutes [ses] espérances », qu'il croit sans doute liée à la proximité des gens avec le message qu'il véhicule.

« La vie, ce n'est pas un conte de fées. C'est un lieu d'apprentissage, c'est l'école du courage. Et de savoir qu'on n'est pas seul, ça soulage. Après, c'est un cheminement pour soi, ce n'est pas une course. Il faut se désensibiliser de ce qui nous terrifie tant, apprendre à l'apprivoiser, à le confronter », dit, plein de sagesse, l'homme de 58 ans qui a entrepris un autre type de parcours, hier.

Il se donne comme objectif de parcourir entre 15 et 20 km par jour d'ici la fin d'août. Mais, de la même façon que lorsqu'il fait face à un trouble anxieux, il se promet de composer avec ce qui se présentera à lui, un jour à la fois, un pas à la fois.

L'anxiété en trois points

L'anxiété est-elle en hausse ou les gens s'ouvrent-ils davantage ? 

« C'est la grande question », répond le Dr Camillo Zacchia, psychologue et vice-président de Phobies-Zéro. « On a probablement toujours été anxieux, mais les circonstances de la vie changent le centre d'attention de l'anxiété. De nos jours, on est certainement plus conscients des dangers qu'avant. »

D'où vient l'anxiété ?

« L'anxiété vient de la peur, et la peur est une alarme qui sonne face au danger. Il y a des peurs instinctives - comme celle d'être mangé par un ours -, il y a les peurs propres à chacun, qui varient selon la nature de l'individu, et les peurs influencées par l'environnement et l'expérience de chacun », résume le spécialiste.

Comment apprivoiser l'anxiété ?

« Si je fais face à mes peurs, elles diminuent ; si je les évite, elles augmentent. L'apprentissage est important [...], et il faut faire face à nos peurs d'une façon graduelle, d'une façon non menaçante. Il faut apprendre qu'il n'y a pas de danger, point », explique le DZacchia.




Les plus populaires : Société

Tous les plus populaires de la section Société
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer