Plus les enfants passent de temps sur leurs écrans (télé, tablette ou console de jeux vidéo), plus ils ont des problèmes d’attention, conclut une étude canadienne publiée mercredi dans la revue PLOS One.

Jean Siag Jean Siag
La Presse

L’étude menée par des chercheurs de l’Université de l’Alberta indique que les enfants âgés de 5 ans qui passent plus de 2 heures par jour devant un écran courent sept fois plus le risque d’avoir des symptômes associés au trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) que les enfants passant moins de 30 minutes par jour devant leur écran.

Ils s’exposeraient également cinq fois plus au danger d’avoir des problèmes de comportement, les garçons étant plus à risque que les filles.

Les conclusions de cette étude, faite auprès de 2300 enfants de Toronto, de Winnipeg, d’Edmonton et de Vancouver, vont dans le même sens que d’autres études scientifiques qui établissent un lien entre le temps d’écran et les problèmes d’inattention ou d’hyperactivité.

Le temps d’écran serait un facteur de risque plus grand encore que le stress des parents, le manque de sommeil ou encore la classe socio-économique.

Le Dr Guy Falardeau, pédiatre de Québec, n’est pas surpris de ces résultats. Dans une lettre ouverte signée par plusieurs pédiatres, en janvier dernier, il recommande justement aux parents de diminuer le temps d’écran de leurs enfants. Dans son livre Tout ce qui bouge n’est pas TDAH, il dénonçait aussi les faux diagnostics de TDAH, dont les symptômes peuvent être confondus avec d’autres affections.

« On se rend compte qu’il y a beaucoup d’enfants qui en fait souffrent d’anxiété et de problèmes affectifs, mais qui ne sont pas traités, parce qu’on leur a diagnostiqué un TDAH. »

« Est-ce qu’il y a un lien entre les écrans et les problèmes affectifs ? demande le spécialiste. On peut imaginer que, si un enfant de 5 ans passe plus de deux heures par jour sur des écrans, peut-être qu’il y a un manque ailleurs. »

Le Dr Falardeau croit que d’autres affections peuvent être confondues avec le TDAH. « Les enfants asthmatiques ou allergiques dorment moins bien, sont plus fatigués et vont être inattentifs ou hyperactifs, mais ceux qui ont des problèmes d’anxiété sont vraiment les plus nombreux. D’ailleurs, une étude québécoise publiée en 2017 indique que 17 % des enfants souffrent d’anxiété. C’est un problème. »

Bonne nouvelle : le sport aurait un effet protecteur sur ces enfants. L’étude conclut que les jeunes qui participent à des activités physiques à raison de plus de deux heures par semaine atténuent les effets négatifs liés au temps d’écran dépassant le seuil de deux heures par jour.

À partir de quel moment passe-t-on trop de temps devant notre écran ? C’est la question à laquelle les chercheurs de l’Université de l’Alberta ont tenté de répondre. La réponse va dans le sens des recommandations faites par les spécialistes. Moins de deux heures par jour pour les enfants âgés de 5 ans. Et, à la lumière de cette étude, idéalement trente minutes.