Des projets verts poussent un peu partout dans Saint-Laurent. Sous l’impulsion du maire de l’arrondissement, Alan DeSousa, la rénovation et la construction des bâtiments municipaux se font dans une optique de développement durable. Fortement encouragés, des promoteurs dans les secteurs résidentiel, commercial et industriel entreprennent eux aussi un virage vert.

Mis à jour le 27 févr. 2009
Danielle Bonneau
Danielle Bonneau LA PRESSE

Des projets verts poussent un peu partout dans Saint-Laurent. Sous l’impulsion du maire de l’arrondissement, Alan DeSousa, la rénovation et la construction des bâtiments municipaux se font dans une optique de développement durable. Fortement encouragés, des promoteurs dans les secteurs résidentiel, commercial et industriel entreprennent eux aussi un virage vert.

 M. DeSousa, responsable du développement durable à la Ville de Montréal, veut donner l’exemple. La nouvelle toiture de la mairie de l’arrondissement est blanche. La bibliothèque qui sera érigée d’ici 2012 boulevard Thimens, à côté du bois du parc Marcel-Laurin, visera la certification écologique LEED (Leadership in Energy and Environmental Design). La rénovation des chalets, dans les parcs, intègre des critères LEED. Plusieurs principes verts ont par ailleurs été appliqués pour revitaliser le boulevard Décarie, entre les stations de métro Du Collège et Côte-Vertu: les trottoirs sont plus larges, de nombreux arbres ont été plantés et une zone verte a été aménagée au centre du boulevard. Dans cet environnement beaucoup plus agréable pour les piétons, les voitures sont moins omniprésentes.

 À la demande de M. DeSousa, c’est dans Saint-Laurent que la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM) construit son premier projet Accès Condos visant la certification LEED. Le Phoenix prend forme à l’intersection des boulevards Henri-Bourassa et Marcel-Laurin, à côté de la gare de train de banlieue Bois-Franc.

 >> Visionnez l'entrevue avec Alan DeSousa:

 Stimulés, plusieurs promoteurs résidentiels font, eux aussi, le virage vert. Dans la phase 3 du projet Bois-Franc, par exemple, 31,3% du terrain est réservé à la verdure et aux plans d’eau. Un des constructeurs, le Groupe Montclair, y propose divers forfaits écolo. Dans le Nouveau Saint-Laurent, Rodimax propose de son côté un projet ambitieux, qui fait l’objet d’une consultation publique. Le nouveau quartier Challenger Ouest viserait la certification LEED-ND (Neighborhood Development).

 Dans les secteurs commercial et industriel, d’autres promoteurs cherchent également à innover. Le bâtiment de Moisson Montréal est rénové dans le cadre d’un projet-pilote voulant rendre ses installations moins énergivores et plus écologiques.

 Boulevard Marcel-Laurin, au nord du boulevard Thimens, la métamorphose d’un ancien immeuble de Bombardier se fait selon des critères écologiques très stricts. Conservant la structure d’acier et réutilisant plusieurs matériaux, Développement Sicam vise la certification LEED argent. Le futur immeuble commercial abritera notamment une clinique médicale et une pharmacie.

 Au nord-ouest de l’autoroute 13 et du boulevard Henri-Bourassa, par ailleurs, la firme Montoni réalise un des premiers parcs industriels LEED argent au Canada. L’entreprise, qui construit des bâtiments LEED depuis cinq ans, met son expérience à profit. Trois bâtiments construits depuis un an, sur le vaste terrain de 1,7 million de pieds carrés, sont en voie d’obtenir leur certification LEED. Trois autres immeubles d’une haute performance énergétique visant la fameuse certification écologique s’ajouteront. À terme, 1000 personnes y travailleront. Pour satisfaire les exigences LEED, les espaces de stationnement sont notamment réduits. Pour compenser, le promoteur s’assurera (à ses frais au début) que l’endroit est bien desservi par le service d’autobus de la STM. Une nouvelle gare de train de banlieue est prévue tout près, à proximité de l’autoroute 13, sur la ligne Gare centrale-Deux-Montagnes. Non seulement les travailleurs auront-ils accès au parc régional Bois-de-Liesse, mais plusieurs espaces verts seront aménagés, couvrant 16% du territoire.

 «Nous utilisons les toutes dernières technologies pour réduire l’impact de nos bâtiments sur l’environnement, explique Dario Montoni, président de l’entreprise. Nous voulons aussi créer un lieu plus naturel, où il n’y a pas seulement de l’asphalte. Pour se démarquer, il faut toujours aller plus haut.»

 Alan DeSousa est visiblement fier de ce qui s’accomplit sur son territoire. Il veut faire preuve de leadership pour étendre sa vision verte à l’échelle de Montréal. «Il se fait déjà des choses très intéressantes, dit-il. Il y a des bijoux dans chacun des arrondissements. Mais il faut rêver grand!»