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L'immobilier, principale victime de la crise

Les reculs les plus violents dans le domaine... (Photothèque Le Soleil)

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Les reculs les plus violents dans le domaine de l'immobilier sont là où les banques étaient les plus téméraires, comme aux États-Unis. Mais le Canada n'échappe pas à la vague.

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Agence France-Presse

Le secteur immobilier mondial a subi en 2008 un fort ralentissement, lié aux excès de prix passés et à la prudence accrue des banquiers, et cette tendance devrait continuer encore quelque deux ans, selon les économistes.

La bulle immobilière qui avait enflé après l'éclatement de celle d'Internet a commencé à craquer à l'été 2007 quand les ménages américains fragiles se sont mis à faire défaut à leurs crédits subprime. Ceux-ci, revendus entre-temps par les banques en énormes paquets à d'autres investisseurs, ont commencé à ne plus valoir grand-chose sans qu'on sache même qui les détenait, créant panique et suspicion dans la finance mondiale.

«Le système s'est inversé de manière très brutale, explique Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis Asset Management, et le financement des produits immobiliers est devenu plus traditionnel et beaucoup plus prudent.»

Résultat : que les acheteurs potentiels soient privés de crédit par leur banquier devenu frileux, qu'ils attendent des baisses de prix supplémentaires, ou qu'ils jugent la montée du chômage peu propice à un tel gros achat, tout cela a fait fondre les prix dans le monde entier.

Aujourd'hui, les maisons comme les bureaux sont touchés et les secteurs de la construction et de la vente immobilière s'enfoncent.

Les reculs les plus violents sont là où les banques étaient les plus téméraires, comme aux États-Unis, où la crise a abouti à la mise sous tutelle pure et simple des deux grands organismes de refinancement hypothécaire, Fannie Mae et Freddie Mac, ou au Royaume-Uni. Les prix des logements y ont baissé respectivement de 20,6 % et 10,3 % au troisième trimestre par rapport à leur pic de l'an dernier, selon la dernière étude trimestrielle du cabinet britannique Knight Frank.

C'est au Royaume-Uni, en Norvège, au Canada et en Lituanie que la chute s'est le plus accélérée récemment. Les prix ont reculé par rapport au deuxième trimestre dans plus de la moitié des pays, et un tiers présentent désormais un recul par rapport au troisième trimestre 2007.

Problème planétaire

«Aucune partie du monde n'échappera à la crise du crédit alors que les prix de l'immobilier baissent dans des endroits de plus en plus nombreux de la planète», assure Nicholas Barnes, économiste chez Knight Frank.

De fait, si l'Europe de l'Est s'en sort encore plutôt mieux qu'ailleurs, la construction de la Tour de Russie, qui devait permettre à Moscou de posséder la plus haute tour d'Europe (612 mètres), a été gelée.

À Hong Kong, le recul trimestriel a été de 2,5 %, et de 0,1 % en Chine, où le gouvernement exempte désormais de taxes les transactions immobilières pour relancer le marché.

En Espagne, les promoteurs tombent comme des dominos. L'un d'eux, Metrovacesa, qui avait acheté l'an dernier le siège londonien de la banque britannique HSBC grâce à un prêt de celle-ci, a dû lui revendre le bâtiment à vil prix faute de pouvoir la rembourser. HSBC a empoché une différence de 290 millions d'euros.

En France, bien que les prix n'aient encore baissé que de 0,3 % depuis le pic, selon Knight Frank, les mises en chantier de logements neufs se sont effondrées de 20,6 % d'août à octobre comparativement à la même période de 2007, et les ventes de logements neufs ont chuté de 44 % au troisième trimestre. Bouygues a ainsi dû offrir des Mercedes classe A pour convaincre les acheteurs dans un de ses programmes à Mulhouse.

Mais quand la dégradation des marchés immobiliers mondiaux s'arrêtera-t-elle? Pour l'économiste de l'OCDE Jorgen Elmeskov, «elle est loin de toucher à sa fin». Elle s'arrêtera «après le redémarrage de l'activité économique», tranche Philippe Waechter. Comme pour sa part il n'envisage pas d'inflexion de croissance avant «au mieux fin 2009", il a «du mal à imaginer une reprise de l'immobilier avant 2011-2012».

 




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