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Griffintown: le promoteur s'étonne des critiques

Serge Goulet, président de Devimco et le coprésident... (Photo Rémi Lemée, archives La Presse)

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Serge Goulet, président de Devimco et le coprésident Jean-François Breton.

Photo Rémi Lemée, archives La Presse

Marteau Croteau
La Presse

Le promoteur du «Village Griffintown», dans le Sud-Ouest, se dit estomaqué par les critiques du Conseil du patrimoine de Montréal. Dans un avis transmis à la Ville, dont La Presse faisait état hier, l'organisme a écorché l'ambitieux projet de 1,3 milliard, estimant que sa réalisation compromettrait le statut de la métropole comme «ville du Patrimoine mondial» auprès de l'UNESCO.

 Le Conseil reproche à la firme Devimco de vouloir démolir une trentaine de bâtiments et de supprimer des rues âgées de 200 ans. Il dénonce aussi la construction projetée d'immeubles qui seront de deux à trois fois la hauteur permise selon les règles d'urbanisme. La Ville de Montréal est également prise à partie, puisqu'elle n'a pas soumis le projet à l'Office de consultation publique de Montréal. «Je trouve ça très dommage, a indiqué le président de Devimco, Serge Goulet, en marge d'un forum organisé à l'École de technologie supérieure. Depuis le début, on travaille intensément pour rencontrer tous les organismes et toutes les associations. On a mis beaucoup de temps, on va continuer à en mettre. Ces gens-là, on ne les a jamais rencontrés.»

 Les promoteurs font valoir qu'ils restaureront 12 bâtiments à caractère patrimonial dans le quartier, en plus d'en déménager deux autres. Ils entendent aussi mettre en valeur les vestiges de l'église Sainte-Anne, démolie en 1970, et construire un tramway vers le centre-ville. Quant à la hauteur des bâtiments, ils y voient un moyen de freiner la saignée vers les villes de banlieue.

 «Si l'on veut cesser l'étalement urbain, il faut densifier. Et pour cela, il faut de la hauteur», a indiqué l'ancien maire de Verdun, Georges Bossé, qui agit comme consultant pour les promoteurs. «Si l'on ne densifie pas le centre-ville, je me demande où on va le faire. On ne pourra pas densifier Brossard, ni Pointe-Claire.»

 Le Conseil du patrimoine n'est cependant pas seul à critiquer le projet. Plusieurs intervenants lors du forum d'hier soir se sont dits préoccupés par l'érection de 3860 logements, des locaux commerciaux et à bureaux, une salle de spectacle et deux hôtels. Le tout dans un espace de 100 000 m2.

 Certains ont exhorté Devimco à faire davantage pour valoriser l'héritage culturel du quartier, berceau de la communauté irlandaise de Montréal. Des marchands du centre-ville se sont dits inquiets de voir leurs commerces désertés au profit des nouveaux espaces dans le Sud-Ouest.

 Le conseiller municipal Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, a reproché à Devimco de ne pas inclure une école dans son vaste développement immobilier. «Comment peut-on imaginer un secteur de 28 000 habitants sans qu'on ait posé la question élémentaire des principaux équipements communautaires, à commencer par une école?» a-t-il demandé.

 Devimco, qui a réalisé le projet Dix30 à Brossard, poursuit ses consultations auprès des citoyens et de divers groupes communautaires. L'entreprise souhaite mettre son projet en chantier au printemps 2009.

 




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