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Construire vert ou risquer sa chemise

Travaux sur le chantier de construction d'une maison... (Photo François Roy, La Presse)

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Travaux sur le chantier de construction d'une maison «verte».

Photo François Roy, La Presse

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Les promoteurs et les professionnels n'ont d'autre choix que de lancer des projets immobiliers verts pour s'adapter à la demande de façon responsable, sinon ils risquent de perdre le marché.

 C'est du moins l'opinion de Louis T. Lemay, président et chef de la direction de Lemay & Associés. Cette société d'architecture et de design de Montréal a ajouté des volets verts à ses réalisations depuis 10 ans, gagnant ainsi des galons. Cependant, selon M. Lemay, il faut aller beaucoup loin, avec des projets encore plus innovateurs et sophistiqués.

 Pour appuyer ses arguments, Louis Lemay soulève le cas de l'amiante. Qui voudrait aujourd'hui travailler dans un immeuble isolé à l'amiante? Encore moins y habiter. C'est le même sort qui attend les immeubles polluants qui ne respectent pas les normes «vertes».

 Le vent peut tourner rapidement dans le marché immobilier. Il ne faudra pas une éternité pour que les immeubles verts prennent de la valeur aux dépens des autres, toxiques et énergivores. Et des promoteurs pourraient perdre beaucoup, sinon carrément leur chemise, selon Louis Lemay.

 C'est pourquoi Lemay & Associés participe à des projets pilotes dans le Grand Nord, notamment des camps miniers et pétroliers. Il faut construire vert là bas, avec le minimum de rejets et de consommation d'énergie, à cause du froid, du sol gelé et des coûts du transport du pétrole.

 C'est le sort qui attend les promoteurs d'ici, selon Louis Lemay. «Le Grand Nord donne une idée de ce qu'on aura demain, dit le président. On ne paie pas encore le vrai prix de l'électricité, ni de l'eau, mais demain, il le faudra. On constatera alors tout le rendement de l'investissement dans une construction verte, durant des dizaines d'années.» Il n'y a pratiquement plus de projets immobiliers d'importance qui n'ont pas un volet vert. Les colloques et les concours sur le développement durable dans l'immobilier se multiplient.

 Par contre, les clients ne veulent pas nécessairement payer plus cher pour un immeuble qui consomme 30% moins d'eau et d'énergie, reconnaît-il. La solution est peut-être de sabrer ailleurs. «C'est comme avec les options d'une auto», dit M. Lemay.

 «Depuis 50 ans, l'industrie a détruit pas mal l'environnement, faute de connaître les impacts dévastateurs sur les changements climatiques. Là, on sait. Tous doivent prendre leurs responsabilités. Les architectes doivent minimiser l'impact sur la planète», souligne-t-il.

 Des projets porteurs

 La firme a notamment contribué au Centre unversitaire de santé McGill, projet de 1 milliard de dollars qui doit lever de terre bientôt. «Un hôpital ne doit pas être un environnement toxique, ça c'est clair», note le président. Lemay & Associés a aussi participé à la réalisation de l'immeuble de la Caisse de dépôt et placement du Québec, à Montréal, qui a non seulement gagné les prix Visez Vert de BOMA (Buildings Owners and Managers Association), au Québec et au Canada, mais qui vient aussi d'accéder au rang des finalistes internationaux de cette association de constructeurs, propriétaires et administrateurs d'immeubles.

 Le secteur privé a tout intérêt à viser vert. L'éclairage naturel et les matériaux non toxiques augmentent la productivité dans les bureaux; les études prouvent que ça diminue l'absentéisme du personnel, note Louis Lemay. Sinon, les maladies pulmonaires et les allergies vont encore se multiplier. Les jeunes, en particulier, vont fuir les immeubles néfastes pour leur santé.

 Le Québec se compare très bien au reste de l'Amérique pour sa prise de conscience face à l'environnement, tout comme le Vermont, la Colombie-Britannique, la Californie, l'Oregon et toute la côte ouest américaine, dont Seattle. Le Québec reste par contre très en retard par rapport à une bonne partie de l'Europe, où l'énergie, l'eau et les terrains coûtent plus cher, souligne Louis Lemay.

 




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