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«Avant, les gens gagnaient 300 000$ et s'achetaient... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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«Avant, les gens gagnaient 300 000$ et s'achetaient une maison de 400 000$. Aujourd'hui, avec le même revenu, ils s'achètent une maison à 1 million», explique Martine Deschesnes, agente immobilière.

Photo Bernard Brault, La Presse

Louise Leduc
La Presse

Qui sont ces nouveaux riches qui poussent dans les champs et les bois du Québec, à grands coups de manoirs? Qui a les moyens d'acheter des villas et d'embaucher deux ou trois gouvernantes ? Qui vit, par exemple, dans le Beverly Hills de la Rive-Sud?

 L'appellation est de Martine Deschesnes, agente immobilière chez Remax, qui évoque ainsi le secteur boisé de Boucherville. Contrairement aux idées reçues, dit-elle, les résidants de ces quartiers hypercossus ne sont pas que des baby-boomers.

 «Le Québec compte aujourd'hui beaucoup de nouveaux riches, dit-elle. Allez vous promener dans ces quartiers de manoirs, et vous verrez plein de femmes enceintes et de poussettes! Dans ma clientèle, il y a de nombreux jeunes professionnels.»

 Jean Houde, lui, construit des mégamaisons de 500 000$ à 5 millions. Il a de ces clients qui, «à la dernière minute, peuvent très bien réclamer que le plafond de la pièce où se trouve la piscine intérieure puisse être descendu au-dessus de la piscine pour en faire une piste de danse».

 Sa clientèle typique? «Essentiellement des gens qui font l'objet d'articles dans les journaux...»

 Vincent Lacroix? Des mafiosi ?

 «Il m'est arrivé quelques rares fois de refuser un client qui avait l'air louche mais, en général, ce sont des gens qui ont fait un bon coup en affaires, qui jouent au hockey, qui ont réussi dans les arts. Sur le fond, ce sont des gens humbles.»

 Pardon? «Sans blague, au début, le but n'est pas de flasher. Seulement, il y a emballement. Ils finissent par vouloir des chambres supplémentaires. Et plus grandes que prévu. Ils songent ensuite qu'une salle de cinéma et une salle d'exercice, ce serait bien. Et un ascenseur... Pour eux, c'est de l'argent de poche, poursuit M. Houde. Ils sont nombreux à payer leur maison comptant.»

 «Ce que je constate, dit pour sa part M me Deschesnes, c'est qu'avant, les gens gagnaient 300 000$ et s'achetaient une maison de 400 000$. Aujourd'hui, avec le même revenu, ils s'achètent une maison à 1 million.»

 Ses clients contractent donc pour la plupart un prêt hypothécaire, dit-elle, mais tout de même avec une bonne mise de fonds.

 «Si les taux d'intérêt s'emballaient comme aux États-Unis, certains pourraient vivre des heures difficiles, avance Tony Modafferi, agent immobilier. Pour l'instant, cependant, selon les données de la Chambre immobilière de Montréal, il n'y a aucune reprise de possession à Laval et dans la couronne nord; il y en a seulement 37 à Montréal et 39 sur la Rive-Sud.»

 Chose certaine, ceux qui pensent s'acheter une grosse maison, la revendre peu après et toucher le magot sont mieux d'y penser deux fois. «Même s'il y a plus de riches qu'avant, le bassin de personnes qui ont les moyens d'acheter un manoir est quand même plus l imité que ceux qui peuvent acheter un condo. Revendre une grosse maison, c'est donc plus difficile», note Astrid Joseph, analyste à la Société canadienne d'hypothèques et de logement.

 Plus difficile, et pas seulement si quelques voisins autour mettent une pancarte à la porte. «Pour ces maisonslà, le concurrent principal, ce n'est pas le voisin. C'est toujours la maison neuve, dit Mme Deschesnes. Si tu as 1 million, tu as souvent le goût de bâtir ta maison toi-même, à ton goût, à moins d'être trop occupé pour superviser une construction.»

 Et c'est ainsi que les manoirs poussent et se multiplient, toujours plus gros, toujours neufs, mais risquent ensuite d'être revendus à perte. Le constructeur Jean Houde ne le nie pas. «Mais bon, quand tu vaux 100 millions ou 200 millions, tu t'en fous un peu si ta maison ne se vend pas après.»

 Gourmand, le manoir de banlieue

 Maison type: située dans le quartier le Blainvillier, à Blainville. Construite en 2002. Habitée par un couple avec deux enfants.

 Évaluation municipale: 354 000$. Valeur d'achat: 450 000$ Terrain de 16 300 pieds carrés. Espace habitable de 3500 pieds carrés. Neuf pièces, deux salles de bains, une salle d'eau, trois chambres. Trois étages, y compris un sous-sol aménagé. Chauffage électrique par thermopompe.

 Hypothèque: 2307$ par mois (en supposant une mise de fonds de 150 000$, un taux d'intérêt de 7% et une période d'amortissement de 20 ans). Soit 27 684$ par an.

 Frais annuels

 Taxes: 4600$ par an.

 Électricité: 2600$ par an.

 Assurances: 700$ par an.

 Entretien de la piscine: 700$ par an.

 Déneigement: 700$ par an.

 Aménagement paysager annuel: 1000$.

 Total: 37 284$, soit 3107$ par mois.

 




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