D'abord, il y avait l'emplacement. Avoir le parc Jeanne-Mance et le mont Royal comme voisins d'en face, c'était déjà un bien bon départ. Ensuite, il y avait le toit. Un toit plat bien ordinaire qui coiffait le vieil immeuble résidentiel, mais qui, pour un esprit créatif, constituait un grand espace à exploiter.

Publié le 19 janv. 2019
CHRISTIANE DESJARDINS LA PRESSE

«On a acheté pour le toit», résument Alexandre et Marie-Anne Dia, propriétaires de cette copropriété bien particulière de l'avenue de l'Esplanade. Cette particularité tient, entre autres, mais pas seulement, au fait que les aires de vie ne sont pas là où on l'aurait cru. Dans l'esprit de ce qu'on appelle un plan inversé, la cuisine et le salon trônent sur le toit. Ici, on les retrouve dans une sorte de bulle rectangulaire qui semble avoir atterri là, juste au milieu de ce grand espace.

On pourrait presque dire une bulle de verre, car les murs qui l'enchâssent, à l'est comme à l'ouest, sont tout vitrés et dotés de grandes portes-fenêtres. Ces dernières donnent accès au reste du toit qui, d'un bord comme de l'autre, a été aménagé en terrasse. Que l'on soit n'importe où sur le toit, la vue s'offre... à perte de vue: le mont Royal et ses arbres à l'ouest, et les toits et les rues du Plateau à l'est. En prime, on peut voir le soleil se lever en petit-déjeunant, et le regarder se coucher, en soupant.

Tiens, il semble bien que ce texte ait lui aussi suivi un plan inversé, en dévoilant le punch au début, et en visitant le haut, sans passer par le bas. Allons-y donc, en bas, pour voir comment tout ça est arrivé, et comment on se rend jusque là-haut.

Transformer

En fait, ce que le couple a acheté il y a maintenant neuf ans, c'est l'immeuble au complet, qui, paraît-il, avait grand besoin de rénovations. «Peu importe ce qui ne marchait pas, c'était réparé avec un morceau de tape», se souvient Alexandre. L'idée de départ de notre couple était de rénover la bâtisse centenaire de sept logements, pour en habiter un, et louer les autres.

C'était tout un chantier, d'autant que le couple avait décidé de prendre deux logements du haut pour n'en faire qu'un seul et d'ajouter la fameuse mezzanine sur le toit. Les plans ont été dessinés par l'Atelier Pierre Thibault. Tout l'intérieur a été refait, les travaux ont duré une grosse année, pendant laquelle le couple vivait ailleurs. Et finalement, les autres logements ont été vendus, plutôt que loués.

De l'art

Parallèlement à son métier d'avocat, Alexandre a développé une grande passion pour l'art, et le travail d'artisans. Amateur de créations uniques, il a recruté des artistes et artisans québécois pour concevoir et réaliser plusieurs composantes du logement et même de l'immeuble. En pénétrant dans ce dernier, on remarque déjà une imposante sculpture d'acier, création de Simon Larochelle.

Dans le logement, tout l'éclairage de même que les détails des plafonds ont été confiés aux lampistes Antoine Laverdière et Lambert et fils. L'escalier qui mène à la mezzanine impressionne avec son garde-corps en acier ajouré, qui lui donne un air aérien tout en étant extrêmement solide. C'est une oeuvre d'art en soi, créée par le designer Félix Lepage.

Les pièces

La copropriété de 2450 pi2 compte quatre chambres. Alexandre tenait en effet à ce que ses deux filles, issues d'une précédente union, aient chacune leur chambre, quand elles viennent à la maison. Et il voulait ces pièces grandes, pour qu'elles puissent à la fois servir d'aire de jeux pendant l'enfance des petites, et de bureau pour leurs études, par la suite.

La chambre du couple est située à l'autre extrémité du logement, près de la salle de cinéma. La quatrième chambre a trouvé sa véritable vocation il y a environ un an, quand le petit Henri est né.

Grandir ailleurs

Le fils d'Alexandre et Marie-Anne aime bien se traîner à genoux dans la «bulle», et il y fera sans doute ses premiers pas. Mais il grandira ailleurs. Le couple a décidé de vendre, pour s'installer dans une autre propriété. Une occasion qui s'est présentée, «la campagne en ville», disent-ils.

Même s'ils ne s'en vont pas bien loin, c'est avec un pincement au coeur qu'ils partiront de leur belle copropriété, assurent-ils. Elle a de «bonnes vibrations», et tout est près, que ce soit pour faire de la raquette, des emplettes ou de la cardiopoussette... «Ici, tout se fait à pied», résume Marie-Anne, qui aime bien aussi marcher jusqu'à son lieu de travail, dans une banque du centre-ville.

La propriété en bref

Photo fournie par Engel & Volkers

C'est ici qu'on arrive quand on monte chez Marie-Anne et Alexandre. Au fond, on aperçoit une partie du bureau. À noter le détail du plafond et des luminaires, créations de Antoine Laverdière et Lambert & fils. L'escalier qui mène à la mezzanine a été créé par le designer artisan Félix Lepage.

Prix demandé: 1 750 000 $

Année de construction: 1910

Copropriété indivise sur deux niveaux avec quatre chambres, une salle de cinéma maison, un bureau, deux salles de bains et une salle d'eau. La cuisine, la salle à manger et un salon se trouvent dans la mezzanine du toit, qui accueille deux terrasses. Garage au sous-sol, avec borne de recharge pour véhicule électrique.

Superficie habitable: 2450 pi2

Évaluation municipale: 2 095 100 $ (pour tout l'immeuble)

Impôt foncier: 7263 $

Taxe scolaire: 1490 $/an

Frais de copropriété: 6156 $

Courtier immobilier: Félix Jasmin, de Engel & Volkers Montréal, 514 507-7888

Consultez la fiche de la propriété: https://montreal.evcanada.com/fr/listing/cms/mls-25226350-4299-av-de-lesplanade-ph5-le-plateau-mont-royal-montreal-quebec-h2w1t1/

Photo fournie par Engel & Volkers

La chambre de l'une des filles. Le mur de brique d'origine réchauffe la pièce.