Le petit gars est né dans Hochelaga-Maisonneuve et a passé sa vie d'adulte pas trop loin, sur le Plateau Mont-Royal où il a occupé plusieurs logements, et surtout, les a préalablement rénovés.

Mis à jour le 16 mars 2014
Pierre Deschênes LA PRESSE

En 2009, Jean Gagnon achète un quadruplex aux limites du quartier mythique, près de Sherbrooke et des ateliers Angus avec ses commerces de proximité, sur une rue tranquille qui ne débouche même pas vers le nord. Il décide de transformer l'édifice qui en a bien besoin, car le plancher a un dénivelé douteux. Il devra même faire pieuter pour solidifier les assises et faire disparaître les pentes disgracieuses.

Mais là où il étonne, c'est dans sa façon de subdiviser les lieux: il occupe tout le rez-de-chaussée en jumelant deux appartements ayant chacun leur porte d'entrée. Il casse ainsi l'impression que l'on a souvent dans ce type de logement: au lieu d'être un long espace étroit, il se retrouve avec un carré et des fenêtres de tous les côtés.

Dans la partie avant, il conserve le style de la maison, car les parquets, les moulures, les rosaces, les portes et autres éléments architecturaux sont encore en bon état. Même s'il n'aime pas les fenêtres blanches, il se fait une raison puisqu'elles sont encore efficaces. L'arrière a subi de plus importants changements: une aire ouverte inclut la cuisine et la salle à manger d'un côté et le salon de l'autre. Entre les deux, un foyer au gaz prend des allures de vedette. Cette décision découle d'une contrainte: que faire de l'ancienne cheminée qu'on ne peut détruire? La solution tombait donc sous le sens.

Un escalier mène au sous-sol qui est un élément important de la propriété puisqu'on y a aménagé un grande salle familiale, un mini-gymnase, une buanderie et un vaste espace de rangement. De plus, on accède aisément à un garage, une rareté sur le Plateau. Mieux: Jean dispose d'un espace de stationnement donnant sur une ruelle déneigée. La totale: non pas une, mais deux terrasses en bois procurent des étés plein sud et des printemps fleuris sous des acacias. Sans oublier un balcon adjacent à la cuisine où poussent les fines herbes.

Cette copropriété a la particularité d'être indivise, un phénomène fréquent sur le Plateau. Si jadis cela causait des problèmes avec les institutions financières, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Seule contrainte: tout le monde doit avoir son hypothèque à la même banque. Avantage marqué: les impôts municipaux sont beaucoup moins élevés que pour les condos.

Jean aime bien le quartier où, avec sa conjointe Véronique Tessier, il promène en poussette la petite Margot qui a un an ces jours-ci. C'est à cause d'elle que le couple a décidé de déménager. Même s'ils ont déjà l'impression d'être en banlieue avec la cour, la voiture, le garage et la tranquillité, ils pensent maintenant plutôt carrément campagne. Ils se rapprocheront de la famille et des amis. Jean aura une autre maison à rénover avant d'emménager: rien de nouveau sous le soleil. Ce qui l'intrigue, c'est de savoir comment on vit ailleurs qu'en ville!

La propriété en bref

> Prix demandé: 719 000$

> Année de construction: 1933

> Pièces: 11, dont 3 chambres, 2 salles de bains + garage

>Comprend: tous les électroménagers, habillages de fenêtre et luminaires

> Évaluation municipale: 726 000$

> Impôt foncier: 3020$

> Taxe scolaire: 667$

> Frais de copropriété indivise (quote-part de 58%): 100$ (annuel)

Courtier: Dominique Dupuis, Groupe Sutton sur l'Île, 514 969-3605