Vous l'avez peut-être remarquée en circulant rue Saint-Denis. Une maison avec un poème écrit sur sa façade latérale. Pas banal. Mais on est dans le square Saint-Louis peu réputé pour sa banalité.

Valérie Vézina, collaboration spéciale LA PRESSE

L'appartement, dont il est question, n'est pas en reste. Il a un passé artistique comme plusieurs autres de ce lieu mythique. Située au 336, square Saint-Louis, la propriété consiste en deux étages (les deuxième et troisième) d'un immeuble de style victorien. Elle montre une lucarne-pignon et quatre coeurs rouges qui flottent au sommet devant un dôme rappelant celui d'une église. La façade avant, en pierre grise avec ses grandes baies vitrées, rappelle les «gray stones» newyorkais.

Cependant, ce qui la caractérise est un poème de Michel Bujold intitulé «Lettre à Jean Drapeau» qui orne la façade latérale en brique du bâtiment.

De hauts plafonds et un hall spacieux donnent de la prestance à ce logement. Mais on doit d'abord gravir les deux escaliers, le premier à extérieur, le second à l'intérieur. Il faut du souffle.

Quatre pièces et une salle d'eau occupent le premier niveau.

La cuisine donne sur l'arrière et sur un petit balcon ouvert au sud-est. La salle à manger et le salon ont conservé leurs moulures d'origine, en plâtre. Une fenêtre en baie éclaire le salon, aménagé à l'avant, tandis que des portes à imposte éclairent la salle à manger (à côté de la cuisine). Ces portes s'ouvrent sur un autre balcon. Un foyer au bois est installé dans un coin de la pièce. Une retombée de plafond avec des détails architecturaux sculptés contient deux spots encastrés lesquels éclairent un ancien piano.

Le contreténor Daniel Taylor, 42 ans, habite l'endroit depuis près de 10 ans.

La salle de séjour, qu'il appelle le «den», est sa pièce préférée. Un lieu charmant. La pièce en question s'ouvre sur un balcon avec garde-corps en fer forgé donnant sur le square. Le feuillage enveloppe ce perchoir durant la belle saison. Des portes-fenêtres encadrent ce poème montréalais.

Au-dessus de cette salle», une pièce jumelle forme une salle de musique enveloppante; il y a du papier peint texturé aux quatre murs. M. Taylor l'a insonorisée tel un studio d'enregistrement ainsi que la chambre d'à côté - la plus grande, utilisée comme salle de répétition. «Plusieurs chanteurs sont venus chez moi prendre des leçons. Aussi des amis ont dormi chez nous, certains célèbres dans le monde de la musique, dont la soprano anglaise Emma Kirby», dit-il en entrevue téléphonique de Toronto.

Ses activités d'enseignement l'incitent à se rapprocher maintenant de cette ville, c'est pourquoi il veut vendre. «Ce sera difficile de trouver l'équivalent à Toronto!»

Rénovations

M. Taylor a rénové les deux salles de bains qui sont décorées dans le même esprit, meubles-lavabos en bois, travertin. Il y a une douche séparée entièrement carrelée de cette pierre naturelle dans la salle de bains principale. La baignoire loge sous la fenêtre. Les dormants sont en bois. Nous accédons à ce petit havre de paix par la chambre principale, grande pièce avec demi-murs lambrissés et mur entier de rangements. C'est la plus silencieuse parce qu'elle se trouve à l'arrière du logis (côté ruelle).

Pour atténuer le bruit, «surtout l'été», le chanteur a changé des fenêtres: il a mis une double-fenêtre dans le «studio» et une double-porte dans le «den»...

La rue Saint-Denis déverse tout près son flot quotidien de véhicules. Cette localisation en pleine ville a des avantages, quantité de restos à proximité, librairie du Square à quelques mètres et, bien sûr, la station de métro Sherbrooke facilement accessible.

La maison de Pauline Julien

Une promenade à pied rue Prince-Arthur avait fait tomber M. Taylor sous le charme du square Saint-Louis. «Un jour peut-être, je m'étais dit. L'été, c'est très, très beau.» Le hasard a voulu que le résident de Milton-Parc décroche un contrat pour se produire au Metropolitan Opera (à New York). Son comptable lui avait alors recommandé de placer ses billes dans l'immobilier.

Le natif d'Ottawa appréciait non seulement le cachet de la vieille habitation et la présence de balcons, mais aussi le fait qu'il y ait deux salles de bains.

M. Taylor n'est pas le premier musicien séduit par cet endroit mythique du Montréal des années 1960 et 1970. La chanteuse Pauline Julien a habité la même adresse avec Gérald Godin. Elle avait installé son studio dans un loft séparé construit derrière la maison. Ce hangar d'environ 25 pieds sur 9 est compris dans la propriété.

En bref:

Prix demandé: 775 000$ révisé à 749 000$.

Année de construction: 1885.

Nombre de pièces: 8 dont 4 chambres + 2 salles de bains + 1 salle d'eau.

Comprend les luminaires, le réfrigérateur, le four, le lave-vaisselle, l'habillage des fenêtres.

Évaluation municipale (2011): 417 800$.

Impôt foncier: n.d.

Taxe scolaire (2012): 822$.

À proximité de la librairie du Square, de l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec et du métro Sherbrooke.

Courtière: Jill Prévost, Groupe Sutton Centre-Ouest, 514-591-0804.