Sur la paisible rue Notre-Dame-des-Anges dans Ahuntsic-Cartierville, à deux pas de la rivière des Prairies, se cache derrière une véritable forêt de verdure, une maison étonnante. Une maison dessinée par un architecte au milieu des années 60.

Publié le 11 août 2012
Marie-Andrée Amiot LA PRESSE

La façade, en briques rougeâtres et en bardeaux de cèdre anthracite, fait penser à un triangle isocèle. De la rue, on la devine à peine. Heureusement que la porte rouge attire le regard, sinon, elle passerait presque inaperçue. Les arbres, que ses résidants ont laissé pousser en paix, la camouflent bien.

Pourtant, plusieurs personnes connaissent la maison. Gertrude Pelchat, qui en était la propriétaire jusqu'à son décès l'hiver dernier, y recevait ses clientes. «Mme Pelchat était visagiste», explique Marie-Andrée Dupras, courtière et elle-même cliente de la «grande dame», comme elle la décrit. Des centaines de femmes y ont donc déambulé, passant de la salle de soins de Mme Pelchat à la verrière ensoleillée au centre de la maison.

Les Pelchat ont fait construire la maison après avoir acheté le terrain au début des années 60. «Le lot appartenait aux frères qui habitaient de part et d'autre du terrain, explique Alain Pelchat, le fils de la famille. Mes parents disaient que c'était un privilège de voir l'eau». Ils aimaient aussi l'emplacement, sur un cul-de-sac, à quelques minutes d'une école et de l'hôpital du Sacré-Coeur. Avec, en prime, le parc Raimbault, qui borde l'arrière du terrain, avec son terrain de baseball, sa piscine, sa patinoire.

«Mes parents voulaient une maison moderne, avec beaucoup de lumière naturelle», poursuit M. Pelchat. Ils ont confié la tâche de construire leur résidence à l'architecte Faucher, le gendre de M. Giroux qui leur a présenté des plans selon leurs exigences. De la rue, on n'imagine pas qu'il puisse se faufiler beaucoup de lumière dans la maison. Pourtant, sitôt passé le seuil, on est dans un autre univers.

Verrière et confidences

Le couloir, étroit, procure un effet enveloppant. La pièce de l'avant, où Mme Pelchat recevait ses clientes, n'a que de petites fenêtres horizontales donnant sur la rue. Mais sa vaste ouverture sur la cour intérieure éclaire la pièce. De plus, le plafond est très haut et le mur arrière n'est que fenêtres. «La cour intérieure a été transformée en verrière il y a quelques années, c'est là que Mme Pelchat emmenait ses clientes pour le thé», explique Mme Dupras.

Au fond du couloir, le salon, la salle à manger, la cuisine et une grande bibliothèque qui donne à la fois sur le couloir et sur la cuisine.

Retour dans le passé

Dans un coin du salon, un grand foyer en pierres des champs contraste avec le modernisme pré-Expo 67 des lieux. La décoration de cette maison est figée dans le temps. Du papier peint en bambou sur presque tous les murs du rez-de-chaussée aux lattes de pin ambré du plafond, on a l'impression de faire un voyage dans l'enfance des boomers. En retirant les inévitables moquettes, on a découvert un joli parquet de pin.

La cuisine a besoin d'être revue, mais sa disposition demeure intéressante. La pièce, en longueur, permet d'inclure rangements et plans de travail. Il y a même un placard qui sert de dépense et qui pourrait être réaménagé. Mme Pelchat avait installé un petit cellier sous l'escalier. Il y a, d'ailleurs, plusieurs rangements-surprises dans cette maison, sous l'escalier comme sous les toits.

Sous ce même escalier, dont les marches sont ouvertes, sans coup de pied, un bassin d'eau abrite des poissons qui barbotaient énergiquement lors de notre visite.

À l'étage, se trouvent les trois chambres de bonne dimension; la principale possède son propre petit balcon. Les murs de la salle de bains sont recouverts de carrelage en marbre café au lait. Une baignoire à hydromassage est installée près d'une fenêtre donnant sur le couloir (oui, on a pensé aux rideaux), lui-même offrant un joli point de vue au-dessus du salon.

La cour, avec sa piscine creusée, est entourée d'une végétation bien en vie. L'eau y est chauffée par une thermopompe. La vaste terrasse en bois sera à remplacer, mais la cour est grande et offre plusieurs options. Les propriétaires avaient aussi installé une terrasse sous un auvent le long du mur arrière et celui menant à la salle à manger.

La rivière est à quelques pas. On ne la voit pas l'été, mais, assure M. Pelchat, l'hiver, elle est très visible.

La propriété en bref

Prix demandé: 695 000$.

Année de construction: 1966.

Nombre de pièces: 9, dont 3 chambres + 1 salle de bains + 2 salles d'eau.

Superficie du terrain: 6637 pi2.

Comprend thermopompe pour piscine, accessoires de piscine, tentures.

Impôt foncier: 4731$ (2012).

Taxe scolaire: 988$ (2012).

Courtière: Marie-Andrée Dupras, Groupe Sutton Laurentides. 514-239-1939.