Depuis 2006, la municipalité de Blainville multiplie les efforts pour favoriser la création d'un quartier hors de l'ordinaire, respectueux de l'environnement, dans l'un des derniers secteurs qu'il lui reste à urbaniser. Malgré les embûches, elle a maintenu le cap. Et elle est résolue à faire de Chambéry un lieu unique, où la préservation de la nature demeure à l'avant-plan.

Publié le 15 juill. 2012
Danielle Bonneau LA PRESSE

En jeu, au départ? Un vaste territoire situé à l'est du quartier Fontainebleau et au nord de la municipalité de Lorraine, qui appartenait à 77 propriétaires différents. Un secteur rural comprenant plusieurs zones humides, où aucun service n'était offert. Aujourd'hui, les habitations d'architecture contemporaine commencent à apparaître au milieu des arbres. Deux maisons unifamiliales sont habitées et les copropriétaires d'un premier immeuble emménageront avant la fin du mois.

«Nous partions d'une grande forêt et il n'était pas question de se faire dicter ce que l'on ferait, explique François Cantin, maire de Blainville. Nous voulions que ce territoire soit urbanisé de façon différente, dans une logique écologique, pour minimiser l'impact de ce nouveau quartier sur la flore et la faune. En même temps, nous voulions que cet endroit ait une qualité de vie exceptionnelle.»

Toutes les divisions de la Ville, ainsi que le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, ont été interpelés afin d'élaborer un plan directeur pour l'aménagement de l'ensemble des terrains. Résultat? Près de 93 des 250 hectares seront protégés, dont un vaste milieu naturel de 50 hectares au centre du quartier afin de créer un lien entre la forêt du Grand Coteau, dans la ville de Lorraine, et les grandes tourbières de Blainville.

On y trouvera aussi trois corridors boisés et des servitudes écologiques de 10 mètres à l'arrière de toutes les propriétés. Deux cours d'eau seront mis en valeur. Tous les fils et les câbles seront enfouis.

Communauté

Parallèlement, le secteur sera aménagé de façon à favoriser l'éclosion d'une véritable communauté. Des sentiers en retrait de la rue, par exemple, seront aménagés pour les piétons afin de favoriser la communication. «En marchant dans la nature, les gens auront plus tendance à se parler», indique Michel Larue, directeur de l'urbanisme et de l'environnement à Blainville.

Tout convergera, par ailleurs, vers la place de la Savoie, le coeur du futur quartier. À l'orée de la zone de conservation, cette place publique sera dotée d'une tour d'observation. Quelques commerces s'ajouteront pour que l'endroit devienne un lieu de socialisation.

Plus de 3000 unités d'habitation à l'architecture contemporaine devraient être construites au cours des prochaines années: des maisons unifamiliales (1015), des appartements en copropriété dans des immeubles de trois ou quatre étages (924) et d'autres condos dans des édifices ayant jusqu'à six et même huit étages (1200). L'aménagement paysager des propriétés devra être lui aussi soigneusement planifié, puisque 50% de la surface de chaque terrain devra être végétalisée.

Les objectifs que poursuit la Ville sont clairement définis dans son Plan d'implantation et d'intégration architecturale (PIIA). Pour les atteindre, elle laisse place à la créativité. «En minimisant les règlements, on favorise l'innovation, estime M. Larue. Le style contemporain permet beaucoup de possibilités, comme les toits-terrasses. Il est aussi propice à l'intégration de nouvelles technologies écologiques. Il va s'y construire des maisons qu'on n'a pas vues ailleurs!»

Le but ultime recherché est clair: «On veut que les gens marchent, socialisent et apprécient leur environnement, précise l'urbaniste. On veut qu'ils soient fiers de leur quartier et acquièrent un fort sentiment d'appartenance. En se sentant bien dans leur espace, ils feront plus attention et en étant plus actifs, ils seront plus en santé. Tout s'enchaîne!»





Se distinguer par l'architecture

La participation des propriétaires des terrains et des constructeurs n'était pas acquise d'avance. Groupe Platinum, qui compte construire environ 250 maisons de plain-pied  et à étage, ainsi qu'environ 250 appartements en copropriété dans une trentaine d'immeubles de trois étages, a été le premier à embarquer dans l'aventure. Il accueille maintenant les visiteurs dans cinq maisons témoins et s'affaire à terminer son condo témoin.

«Les clients aiment le côté écologique de grande envergure du projet», constate Sébastien Gauthier, directeur du marketing de l'entreprise familiale.

Ce qui l'a surpris? «La volonté de tous de travailler ensemble pour trouver les bons compromis, afin de faciliter la construction écologique et faire progresser le projet», note-t-il.

Yvon Landreville, l'un des partenaires de la société Haus Immobilier, née de la fusion de deux firmes possédant la majeure partie des terrains à urbaniser à l'est de la future place publique, est enthousiaste. «La Ville a poussé assez loin, apprécie-t-il. C'est du jamais vu. C'est emballant de faire partie d'un projet écoresponsable et innovateur, et de bâtir de la nouveauté. Les possibilités sont infinies!»

L'entreprise construira des habitations Bone Structure, à ossature d'acier. Elle compte assembler plus de 600 maisons unifamiliales et 414 appartements en copropriété répartis dans 23 immeubles. Une maison témoin devrait être terminée à l'automne, au moment où commencera la construction.

«C'est un projet charnière pour nous, souligne Marc André Bovet, président de Bone Structure, établie à Laval. Ce sera l'occasion de vraiment mettre en pratique notre philosophie, dans le respect de l'environnement et d'autrui, puisque nos habitations ne génèrent aucun déchet et s'assemblent sans outils, donc sans bruit, comme le jeu de construction Meccano. Nous nous sommes imbibés des intentions de la Ville pour concevoir des habitations intemporelles qui s'intègreront dans leur environnement.»

Le Groupe Immobilier Marsan Lyras, qui a surtout construit des maisons personnalisées dans les Laurentides, a aussi décidé de plonger. Sa division CIM Signature a réservé sept terrains et a l'intention d'en acheter plusieurs autres du Groupe Platinum.

«Nous avons envie d'entrer dans cette nouvelle vague, indique Marie-France Lyras, copropriétaire de l'entreprise. Nous pensons qu'une nouvelle génération d'acheteurs avec des enfants est ouverte à avoir des maisons moins grandes, mieux organisées pour la vie de tous les jours, dans un environnement agréable. Avec les sentiers, les arbres et le petit centre commercial, c'est un milieu de vie qui sera créé!»

Illustration fournie par Bone Structure

Les maisons Bone Structure, conçues par Hauss Immobilier spécifiquement pour le quartier Chambéry de Blainville, seront offertes à partir de 395 000$ (terrain et taxes inclus). La maison 81-1, ci-dessus, coûtera 550 000$ (terrain et taxes en sus).

ILLUSTRATION FOURNIE PAR CIM SIGNATURE

Ce modèle est l'un de ceux que CIM Signature compte présenter aux acheteurs. La maison de 2141 pi2(incluant le garage) sera vendue à partir de 363 970$ (taxes et terrain en sus).