Victime d'un grave accident de vélo il y a 10 ans, M. Viau a retrouvé le bonheur de pédaler avec sa femme Isabelle Marcil. Ils vivent à cheval entre «le chic Outremont et «le cool Mile End», et sur leur bicyclette le reste de l'année.

Valérie Vézina, collaboration spéciale LA PRESSE

«On habitait dans un un et demi avant», raconte Jean-Pierre Viau. L'habitat de ces grands voyageurs se devait d'être bien localisé avant tout, et s'ils résident dans le même appartement de la rue Hutchison depuis 22 ans, c'est qu'ils adorent le quartier. Ils y ont fait toutes sortes de trouvailles dans les petites boutiques environnantes. Même qu'ils ont déniché une chaise Eames dans un des magasins du boulevard St-Laurent. La chaise mythique meuble maintenant leur espace de séjour. Jean-Pierre Viau aime s'installer dans ce lieu aéré pour réfléchir ou faire des croquis. Seuls son bureau et la chambre sont fermés.

Le décor de leur appartement est éclectique et contemporain.

Dans leur chambre à coucher, une tête de lit épurée procure deux types d'éclairage, un pour la lecture, l'autre pour l'ambiance. Il s'agit en fait d'un luminaire Tidur de Solaventi auquel M. Viau a ajouté une gélatine rouge dans la partie du haut.

Même créativité visible au salon. La table à café consiste en un encadrement d'une photo de famille posé sur des pattes bricolées maison! Les lampes? Des troncs d'épinettes que M. Viau a trouvés dans une ruelle, dégarnis, habillés d'abat-jour et fixés dans des pieds d'arbre de Noël.

Pour ceux qui l'ignorent, Jean-Pierre Viau est ce designer d'intérieur qui a conçu les restaurants des chef Daniel Vézina et Normand Laprise. Les Mikado et Juni de l'avenue Laurier, c'est lui aussi.

Pour sa propre résidence, l'homme de 52 ans a conçu d'autres pièces de mobilier que des ébénistes (d'Atelier 13) se sont chargés de réaliser. L'un de ces meubles aux lignes sobres aligne des livres de recettes dans la cuisine, près d'un mur de brique rouge qui court tout le long du logement. Texturé, ce mur mitoyen sert d'ancrage à trois vélos pour une ambiance urbaine dès le hall d'entrée.

Transformations intérieures

La cuisine était rose saumon quand le couple a emménagé. Des armoires vert pomme en stratifié l'ont rafraîchie. Des luminaires qu'on trouve dans des cuisines commerciales réchauffent cette pièce rénovée en 2008.

Le plancher est radiant. C'est du simili terrazzo (Vetro). Pourquoi pas du vrai? «Si on avait mis du vrai terrazzo, les voisins d'en bas ne nous auraient pas aimés», sourit Mme Marcil avant de demander au créateur en chef de fournir plus d'explications...

Les revêtements de sol ont été arrachés d'un bout à l'autre de l'appartement en 2008. Objectif: mieux insonoriser l'étage, par le bas et par l'autre mur mitoyen. Du bois d'ingénierie recouvre maintenant la plupart des planchers.

La salle de bains a subi une cure de jouvence la même année. Une baignoire plus moderne que l'autre, noire, à remous, trône près d'une fenêtre et d'un miroir. La toilette est un modèle «écologique» Toto.

Les Marcil-Viau ont mis des années avant de personnaliser ainsi leur intérieur. Amateurs de camping, ils s'étaient attaqués en premier lieu à un gros morceau, une terrasse en cèdre naturel de l'Ouest ajoutée sur la moitié de leur toit. C'est la seule des alentours, si bien que nous avons une franche impression d'évasion campagnarde en montant là-haut. La montagne bombe l'horizon au sud. D'habitude, l'endroit croule sous les fleurs, s'excuse Jean-Pierre, 52 ans, en écartant sacs de terreau et jardinières vides. Mais pas cette année parce qu'ils vont déménager dans une maison à étages.

Ce sera dans le même quartier pour des raisons évidentes, notamment pour l'accès à «la fameuse 80» dixit Isabelle Marcil: «Quand nous allons manger chez Toqué! , disons deux fois par année, on prend la 80 et on descend au centre-ville. C'est super!»