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Le voyage dans le temps de Pierre Thibault

Le livre Atelier Pierre Thibault... (Photo François Roy, La Presse)

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Le livre Atelier Pierre Thibault

Photo François Roy, La Presse

Pour ses 30 ans de carrière, l'architecte Pierre Thibault s'offre une monographie en trois volumes qui retrace l'essentiel de ses projets depuis les débuts de l'Atelier, au commencement des années 90.

S'il a aujourd'hui atteint une renommée inégalée pour un architecte québécois, Pierre Thibault a quand même connu l'insécurité au début de sa carrière. Après avoir terminé son tout premier projet, le Musée d'art contemporain à Baie-Saint-Paul, il craignait d'être incapable de décrocher de nouveaux contrats! 

Heureusement, l'avenir s'est révélé beaucoup plus rose pour l'architecte établi à Québec. Aujourd'hui, non seulement n'a-t-il plus à s'inquiéter pour l'avenir, mais il a aussi tout le loisir de choisir les projets sur lesquels il veut travailler.

De fait, la monographie qui vient d'être publiée représente bien cette évolution. Le premier volume, qui s'échelonne de 1990 à 2000, regroupe presque tous les projets de cette époque, «parce qu'on en faisait tellement peu au début!» Puis le deuxième (2001-2010) et le troisième (2011-2015) représentent une sélection du travail accompli. «Et aujourd'hui, on fait un tri dans ce qui nous est offert», souligne Pierre Thibault en entrevue téléphonique.

Au point où un quatrième livre est déjà prévu, parce que la feuille de route s'est passablement allongée depuis 2015.

Dans les volumes qui viennent d'être publiés, on trouve 30 projets de l'Atelier, de toutes les échelles. Des maisons, oui, mais aussi d'autres types d'architecture, comme une centrale hydroélectrique, un monastère, des concours (pas toujours gagnés...), sans oublier les projets éphémères, un des dadas de l'architecte. «Pour nous, c'est comme un laboratoire, et c'est toujours très ludique à faire», commente M. Thibault.

Au début de chaque livre, les projets sont situés sur une carte, ce qui permet de constater que l'Atelier a beaucoup voyagé, surtout au Québec.

«On est très répartis sur le territoire, et on a des environnements variés. C'est sûr que si on fait une maison sur le Plateau, ou qu'on est à Val-Jalbert au bord d'une immense rivière, ce sont des mondes complètement différents.»

Le hasard a aussi voulu que chaque volume coïncide avec un nouveau bureau. L'Atelier a été successivement logé dans une ancienne banque, puis dans une maison de type Bahaus, avant d'occuper un local de la rue Saint-Joseph à Québec. Au début de l'année, l'équipe a de nouveau déménagé dans un autre local, qui a pignon sur rue cette fois dans le quartier Saint-Jean-Baptiste.

Volume 1: La Villa du lac Castor, à... (Photo François Roy, La Presse) - image 2.0

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Volume 1: La Villa du lac Castor, à Grandes-Piles, en Mauricie. À droite, on reconnaît Pierre Thibault.

Photo François Roy, La Presse

Pour Pierre Thibault, la fin de chaque livre représente une occasion de parler de l'évolution de la profession, rythmée par de grands changements technologiques. «Dans le premier livre, c'était tous des projets faits à la main», rappelle-t-il. Puis, progressivement, les tables à dessin ont été remplacées par les ordinateurs, les téléphones fixes par les cellulaires... mais les maquettes, elles, sont restées. «Les maquettes, ce sont des objets en trois dimensions qui nous donnent les vraies proportions.»

Cela dit, on ne perçoit pas vraiment cette évolution technologique dans les livres, afin qu'il y ait une continuité dans chacun des volumes. Tous les projets sont présentés par des croquis, des plans et des photos, mais on n'y trouve aucune image de modélisation. «Oui, on travaille avec cet outil-là, mais on voulait accentuer l'effet intemporel, affirme Pierre Thibault. On a aussi fait ce choix parce que je trouve que ces logiciels ont tendance à standardiser la production architecturale.»

Un peu partout dans le livre sont intercalées des pages blanches, pour reposer l'oeil et l'esprit. «On a pu s'offrir ces petites pauses, ces petits silences entre les projets», ajoute Pierre Thibault.

L'équipe de l'Atelier - qui travaille à la manière d'une grande famille - a aussi choisi méticuleusement la texture des pages couvertures, le type de papier, la reliure... «On s'est fait plaisir», résume l'architecte.

Un patrimoine québécois

Pour Pierre Thibault, ce désir de monographie remonte à sa vie d'étudiant à l'université, alors qu'il a été frappé par l'absence de documentation sur l'architecture au Québec. «Je cherchais des livres sur des architectes québécois, et il n'y en avait pas!», s'étonne-t-il encore.

À cela s'est ajouté le choc de la mort de Dan Hanganu, l'automne dernier, et la constatation que malgré sa renommée, il n'y avait presque rien d'écrit sur lui. «Il a tellement construit de choses à Montréal, mais tout ce qu'on a, c'est un petit livre de 100 pages. Alors je me suis dit que je n'attendrais pas de disparaître pour passer à l'action... Et je veux peut-être inciter les autres architectes à le faire aussi, pour qu'on puisse constituer, en quelque sorte, notre patrimoine.»

À l'ère des écrans, les livres sont toujours aussi pertinents, croit d'ailleurs Pierre Thibault. Tout comme l'architecture, ils sont là pour de bon. «On s'inscrit dans la durée. Parce que l'architecture, c'est quelque chose qui va être là très longtemps», conclut-il.

Les livres sont en vente à la librairie du Centre canadien d'architecture, et on peut aussi les commander à l'Atelier Pierre Thibault à partir de 300 $.




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