Asphalte et gravier, élastomère ou TPO, lequel est le meilleur? Voici ce qu'il faut savoir sur l'étanchéité et la durabilité des revêtements pour toits plats.

Mis à jour le 27 avr. 2018
André Dumont LA PRESSE

En vous portant acquéreur d'un immeuble résidentiel à toit plat, vous devrez tôt ou tard planifier le remplacement de la toiture. Les produits sur le marché sont pour la plupart très durables, à condition d'avoir été bien installés et de faire l'objet d'un minimum d'entretien.

L'inspecteur en préachat vous informera sur le type de toiture en place, son usure et ses possibles défauts d'installation. Il pourra distinguer entre une toiture qui a simplement reçu de l'entretien et une toiture qui a été complètement changée au cours des dernières années.

Vous devrez tenter d'obtenir du vendeur l'âge de la toiture, un renseignement que vous demandera l'assureur. La plupart des assureurs exigent un remplacement quand la toiture atteint 20 ou 25 ans, même si elle ne présente aucun signe de détérioration.

Les trois principaux types de revêtements sur les toits plats du parc immobilier résidentiel de la grande région de Montréal sont l'asphalte et gravier, le bitume modifié (élastomère) et la polyoléfine thermoplastique (TPO).

«Le choix du couvreur est plus important que le choix du type de toiture. On a plus souvent des problèmes avec des détails mal exécutés à l'installation qu'avec la qualité des matériaux», Guy Lalonde, architecte et directeur général adjoint à l'Association des maîtres couvreurs du Québec

On peut vérifier le dossier d'un couvreur à la Régie du bâtiment du Québec et lui demander une preuve des certifications offertes par les fabricants des membranes qu'il propose. Il est très important d'être présent lors des travaux et de monter sur le toit pour constater que tout est fait selon le devis.

De 10 000 à 15 000 $

Coût de remplacement d'une toiture sur un toit plat résidentiel, selon sa superficie et le type de membrane.

Toutes les membranes pour toits plats sont fabriquées à partir de produits pétroliers. Seule la TPO est recyclable et offerte en blanc comme couleur standard. Pour réduire le phénomène des îlots de chaleur et se conformer au règlement municipal, une toiture multicouche d'asphalte peut être recouverte de gravier blanc. Le granulat sur l'élastomère est offert dans plusieurs couleurs, dont le blanc et le gris pâle.

Asphalte-gravier

En raison de la proximité des raffineries de pétrole, c'est le revêtement le plus commun sur les toits plats résidentiels à Montréal et autour de l'île. Il est composé de quatre ou cinq couches de papier-feutre imbibé d'asphalte, le tout recouvert de gravier.

Cette toiture dite «multicouche» est très durable. Le nombre de couches réduit les probabilités que l'eau franchisse l'ensemble de la membrane.

Malheureusement, de nombreux propriétaires négligent l'entretien et laissent vieillir leur toiture multicouche bien au-delà de sa durée de vie de 25 ans. Lorsque le vendeur déclare que l'âge de la toiture est inconnu, il s'avère très souvent qu'elle est tellement âgée qu'elle devrait être remplacée.

Le vent peut déplacer le gravier et laisser des portions de membrane exposées aux rayons du soleil, ce qui accélère la dégradation. Au moins une fois par année, il faut accéder au toit et répartir le gravier afin qu'il recouvre toute la surface.

On reconnaît une toiture d'asphalte-gravier désuète par son feutre exposé par endroits, la présence de crêtes, des réparations douteuses à coups de ciment plastique (pitch) et l'abondance de poussière accumulée dans le gravier.

Bitume modifié (élastomère)

Ce revêtement de lanières de bitume recouvertes de granulat coûte un peu plus cher à l'installation que l'asphalte et gravier. Il s'avère tout aussi sécuritaire et très durable (de 25 à 30 ans). Aucun entretien n'est requis, mis à part l'enlèvement des feuilles, branches et autres débris.

Il s'agit d'un assemblage bicouche installé au chalumeau. C'est d'ailleurs le seul bémol à cette toiture: il y a risque d'incendie lors de l'installation. Les bons couvreurs sont formés pour prévenir les incendies et détiennent les assurances appropriées.

À l'installation, les lanières d'une largeur d'un peu moins d'un mètre doivent se chevaucher adéquatement. Les jonctions sont habituellement baveuses (léger débordement de bitume). La principale erreur des couvreurs est d'oublier certaines soudures, notamment en remontant sur les bords du toit ou des émergences (ventilateur de toiture, évent de plomberie, puits de lumière).

Le bitume modifié peut recouvrir les trois faces des murets mitoyens, de sorte qu'on n'a pas à les protéger avec des solins métalliques. Cependant, si la membrane se termine en position verticale, l'étanchéité doit nécessairement être assurée par un solin qui recouvre l'extrémité de la membrane.

D'après Guy Lalonde, une membrane de bitume modifié en fin de vie peut être «resurfacée» par un processus reconnu. La vieille membrane est chauffée, on y enfonce les granulats qui restent en surface et on soude une nouvelle membrane par-dessus.

TPO

C'est la plus abordable des toitures pour toits plats et celle qui gagne le plus de parts de marché. Bien installée, la membrane de TPO (polyoléfine thermoplastique) est très fiable. Elle devrait durer au moins 20 ans. Aucun entretien n'est requis.

D'une épaisseur d'environ 1,5 mm, les sections de toile de plastique sont fusionnées sur place pour former sur le toit un bassin complètement étanche. Les couvreurs aguerris fusionnent les lignes droites à l'aide d'un robot à air chaud programmé à une température et une vitesse précises. Les joints irréguliers autour des émergences de toit sont fusionnés avec un outil manuel.

Cette membrane est très résistante au bris d'impact. Cependant, puisqu'elle n'est composée que d'une seule couche, les erreurs d'installation ou les perforations accidentelles peuvent laisser la voie libre aux infiltrations d'eau.

L'installation des toitures en TPO requiert moins d'équipement que les autres types de toitures, ce qui la rend accessible à plus d'entrepreneurs. Méfiez-vous des prix qui défient toute concurrence.

Photo Ivanoh Demers, Archives La Presse

Le revêtement de lanières de bitume recouvertes de granulat coûte un peu plus cher à l'installation que l'asphalte et le gravier. Il s'avère tout aussi sécuritaire et très durable (de 25 à 30 ans).