Fin mai, des chaleurs humides et accablantes ont sévi dans nos régions. Plusieurs particuliers se sont précipités chez leurs marchands d'appareils et de systèmes de climatisation, résolus à en découdre avec de telles conditions. On ne les y reprendra plus. D'autant que, dans le sillage des changements climatiques, ils appréhendent des étés plus chauds, plus longtemps. Ce qu'ils veulent, c'est une armure contre les chaleurs intolérables. Soit une température égale et agréable.

Gilles Angers LE SOLEIL

«À plus forte raison s'ils sont déjà climatisés dans leur lieu de travail aussi bien que dans leur automobile. Ils trouvent donc que leur domicile est le chaînon manquant. Ils y remédient», selon Sylvain Montpetit, directeur des ventes chez Miville Solution Climat Confort de Québec.

Chez Icetec Réfrigération de Lévis (Saint-Romuald), on l'atteste : cet épisode de chaleur de mai a détendu le ressort. «Depuis, on a du mal à fournir», y entend-on.

Heureusement, la plupart des acheteurs analysent leur situation avec soin et lui opposent les produits et services s'y accordant, sachant, en revanche, que l'urgence est souvent mauvaise conseillère.

«Autrement, on est pressé. On achète un prix. Comme un climatiseur de fenêtre d'une puissance de 5000 BTU à 100 $. De qualité minimale, il a pour objet de conditionner l'air sur une superficie d'au plus 150 pi ca. Pourtant, c'est un espace de 400 pi ca qu'on a à couvrir», suppose André Jacques, pdg du magasin Home Hardware de Charny.

Résultat : l'appareil ne suffit pas à la tâche, marche à plein régime, use à toute vitesse cependant qu'il fait froid à proximité alors qu'on est confortable au loin.

La climatisation qui consistait, à l'origine, en une simple demande de fraîcheur durant les canicules est chose du passé. «Maintenant, c'est du bien-être qu'on cherche», affirme-t-on chez Icepec. Ce, de manière ininterrompue.

En cela, c'est la chaîne de climatisation bibloc (évaporateur ou plinthe aérienne de refroidissement, dedans; compresseur au sol, dehors) qui l'emporte. Dans la maison, elle est à peine audible. À l'extérieur, elle ronronne. Sa fraîcheur, elle la distribue de façon aléatoire de sorte d'éviter la stratification de la température et les foyers locaux de froid ou de chaleur.

Par inversion mécanique, elle sert également d'appareil de chauffage d'appoint, jusqu'à une température «réaliste» de - 12 ºC. Encore qu'on en voit qui «travaillent» jusqu'à - 30 ºC pour donner lieu, le cas échéant, à des économies d'énergie supplémentaires. On les dit à l'aise avec le temps froid, mais ils n'ont pas pour objet de supplanter le chauffage par plinthes électriques avec lequel ils cohabitent normalement.

Un bibloc suffit pour conditionner une pièce de 500 à 600 pi ca. Mais il se transforme en multibloc lorsque le nombre de pièces, d'étages ou de niveaux exige un, deux ou trois évaporateurs de plus. L'ensemble s'accordant toutefois à une seule et même «unité» extérieure avec une puissance totale théorique répartie de 42 000 BTU, par exemple.

Rendement énergétique

«En revanche, plus son indice de rendement énergétique saisonnier [SEER] est élevé, plus il est efficient et économe en énergie», précise Richard Ouellet, conseiller chez le détaillant d'appareils de climatisation Filtre Plus de Québec.

Depuis 2000 jusqu'à 2007, il a été de 8 à 10. Ce qui était satisfaisant. Il est d'au minimum 13, actuellement. Il atteint 20 ou 21, parfois. C'est le nec plus ultra. À cet égard, recommande M. Ouellet, ne manquez jamais de consulter la charte technique du produit.

La haute efficacité énergétique repose sur l'intelligence numérique de l'appareillage et sa capacité d'analyse couplés à un ondulateur de précision qui réagit sans délai aux conditions du milieu. Un peu à la façon d'un thermostat électronique. C'est la technologie Inverter ou climatisation à vitesse variable.

Si la demande est moins grande, la vitesse diminue sans que le régime ne s'arrête complètement qu'importe que ce soit pour la climatisation ou le chauffage. Une fois la température intérieure atteinte, «le climatiseur à ondulateur laisse son compresseur fonctionner plus lentement pour maintenir cette température», résume un fabricant de notoriété.

Ce dispositif de haute précision, bien qu'en marche ininterrompue, est très économe en électricité parce qu'il n'y a plus d'arrêts et de départs à températures différées. «De la sorte, l'été, en se mettant au lit, on n'éprouve pas, dans les draps, un inconfort humide», pense Sylvain Montpetit de chez Miville. Bien qu'il trouve opportun de «climatiser» à l'année en maintenant la température à 21 ou 22 degrés. L'ondulateur empêchera tout écart de température de plus de 0,5 degré. Autant dire que la température et la fraîcheur seront constantes et uniformes.

Enfin, le système n'est pas expressément destiné à purifier l'air. Mais ses filtres au plasma, s'il y a lieu, avec bio-enzymes parfois, vous produisent un air très propre.

Prix d'une chaîne : de 3500 $ à 10 000 $, selon le nombre d'évaporateurs qui, d'ordinaire, ne dépasse pas quatre.