Des propriétaires nous ouvrent les portes de leur demeure d’exception, offerte sur le marché de la revente.

Publié le 11 avril
Valérie Simard
Valérie Simard La Presse

Érigée en 1799, elle est l’une des plus anciennes demeures encore existantes de la seigneurie de La Prairie. L’étalement urbain ayant fait son œuvre, la voici maintenant située à un jet de pierre du carrefour des autoroutes 10 et 30 et du centre commercial qui le caractérise. Classée bien patrimonial, la maison résiste, au bout de son cul-de-sac, dans son écrin de verdure.

En quittant le boulevard Rome pour emprunter le chemin des Prairies à Brossard, on perçoit des relents de l’esprit champêtre caractérisant jadis cette voie de circulation qui, selon la Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine, figurait déjà sur une carte de 1815 réalisée par l’arpenteur Joseph Bouchette. Au bout du chemin, qui est sans issue, se dressent encore aujourd’hui la maison Banlier (aussi appelée Deschamps) et sa voisine Senécal, laquelle a été nommée en l’honneur de la famille qui l’a habitée sans interruption jusque dans les années 1970. Expropriée et menacée de démolition pour faire place à l’autoroute 30, elle a finalement été épargnée par une modification du tracé, après avoir été laissée à l’abandon. En 1984, Jules Journault, un ferblantier, l’achète et entreprend une minutieuse restauration.

Lorsqu’ils ont visité la propriété pour la première fois en 2006, Sylvain Marquis et Caroline Lambert avaient déjà acheté un terrain à Candiac sur lequel ils prévoyaient construire leur maison. Ils avaient commencé à rassembler des images d’inspiration qui rappelaient le style d’une maison ancienne. Puis par hasard, ils sont passés près de la maison Senécal, qui avait été mise en vente. Par curiosité, ils ont demandé à la visiter. « On se pinçait. On ne pouvait pas croire que c’était l’âme de cette maison qu’on essayait de reproduire, mais on n’aurait pas réussi », affirme Caroline Lambert.

Ils ont donc abandonné leur projet de construction neuve et vendu leur terrain pour emménager dans cette maison d’époque avec leurs deux enfants, Jordan et Léa.

  • À l’extérieur, les propriétaires ont ajouté une piscine en béton, un espace détente et un autre pour manger, sous une pergola.

    PHOTO ALEXANDRE PARENT (STUDIO POINT DE VUE), FOURNIE PAR LE COURTIER

    À l’extérieur, les propriétaires ont ajouté une piscine en béton, un espace détente et un autre pour manger, sous une pergola.

  • L’âme de la maison se fait sentir dès le vestibule, où un coin lecture a été aménagé.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

    L’âme de la maison se fait sentir dès le vestibule, où un coin lecture a été aménagé.

  • La cuisine a été rénovée pour répondre aux besoins d’aujourd’hui.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

    La cuisine a été rénovée pour répondre aux besoins d’aujourd’hui.

  • Une cuisine de service sépare la partie ancienne de la nouvelle.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

    Une cuisine de service sépare la partie ancienne de la nouvelle.

  • Le jeune Whisky ne s’est pas fait prier pour faire de la figuration.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

    Le jeune Whisky ne s’est pas fait prier pour faire de la figuration.

  • Pour cet agrandissement, les propriétaires ont voulu ouvrir la pièce sur la cour, tout en s’isolant de l’autoroute, située de l’autre côté.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

    Pour cet agrandissement, les propriétaires ont voulu ouvrir la pièce sur la cour, tout en s’isolant de l’autoroute, située de l’autre côté.

  • Les plafonds hauts de 18 pi, les imposantes poutres en bois, le foyer et la bibliothèque intégrée confèrent beaucoup de charme à cette aire de vie.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

    Les plafonds hauts de 18 pi, les imposantes poutres en bois, le foyer et la bibliothèque intégrée confèrent beaucoup de charme à cette aire de vie.

  • À l’étage, la chambre principale a aussi du cachet.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

    À l’étage, la chambre principale a aussi du cachet.

  • Un bureau a été aménagé sur la mezzanine.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

    Un bureau a été aménagé sur la mezzanine.

  • Creusé dans les années 1980, le sous-sol a été aménagé en salle familiale.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

    Creusé dans les années 1980, le sous-sol a été aménagé en salle familiale.

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Patrimoine culturel

Avec sa maçonnerie de pierre, son toit à deux versants droits, ses cheminées en pierre aux deux extrémités, ses ouvertures asymétriques et l’absence de lucarnes, la résidence est un exemple d’une maison rurale d’inspiration française, selon le Répertoire du patrimoine culturel du Québec. Elle est classée en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel depuis 1975.

Consultez la fiche de la maison dans le Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Outre son architecture, sa valeur ethnologique est aussi d’intérêt puisque certains éléments toujours existants témoignent de la manière dont vivaient ses habitants au XIXsiècle. Dans la chambre principale, une petite porte et un palan sont des vestiges de l’entreposage des récoltes dans les combles. Dans la cuisine, un évier en pierre, qui se déverse directement à l’extérieur, a été conservé. Le four à pain intérieur (reconstruit à partir des vestiges du four existant) et la crémaillère sont aussi toujours en place.

  • Le four à pain original côtoie un cellier moderne, dans la cuisine.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

    Le four à pain original côtoie un cellier moderne, dans la cuisine.

  • De cet évier en pierre, l’eau s’évacuait à l’époque directement à l’extérieur par un déversoir situé sous la fenêtre.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

    De cet évier en pierre, l’eau s’évacuait à l’époque directement à l’extérieur par un déversoir situé sous la fenêtre.

  • Cette plaque qui n’indique pas l’adresse, mais l’année de construction de la maison, a joué de vilains tours aux livreurs de pizza.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

    Cette plaque qui n’indique pas l’adresse, mais l’année de construction de la maison, a joué de vilains tours aux livreurs de pizza.

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En achetant la maison, Sylvain Marquis et Caroline Lambert l’ont rendue plus moderne, tout en en conservant l’essence et les traces du passé. Ils ne souhaitaient d’abord que l’agrandir, mais la designer Rollande Vachon les a convaincus de rafraîchir tout l’intérieur qui était sombre et très coloré. « Elle nous a dit : “Votre maison est trop vieille pour vous” », se rappelle Mme Lambert.

Les murs ont ainsi été peints en blanc, ce qui a eu pour effet d’adoucir l’intérieur et de mettre en valeur les larges lattes de bois du plancher et les poutres d’origine au plafond. Le mariage entre le moderne et l’ancien, accentué par les meubles et les accessoires de décoration, est particulièrement réussi et il se poursuit dans l’agrandissement construit en 2012.

Dans cette vaste pièce aux murs de lattes blanches, surmontées d’imposantes poutres en bois, les plafonds ont une hauteur de 18 pi. De grandes fenêtres offrent une ouverture sur la cour et sur la piscine en béton.

Le projet a nécessité plus de deux ans de démarches pour l’obtention des permis auprès de la municipalité, puisque le terrain a un zonage agricole, et du ministère de la Culture et des Communications, qui exigeait au départ que des couleurs plus contrastantes soient utilisées pour cet ajout. À force d’arguments, les propriétaires ont obtenu l’autorisation de faire le projet tel qu’ils le souhaitaient.

C’est aujourd’hui, parce qu’ils n’en profitent pas assez, ayant trouvé leur bonheur à Lac-Brome, qu’ils ont décidé de vendre leur résidence principale.

On se sent à la campagne ici. Mais on ne peut pas avoir deux chalets. C’est beaucoup d’entretien.

Caroline Lambert, propriétaire

  • Vue aérienne de la propriété

    PHOTO ALEXANDRE PARENT (STUDIO POINT DE VUE), FOURNIE PAR LE COURTIER

    Vue aérienne de la propriété

  • L’ajout s’harmonise avec le bâtiment existant.

    PHOTO FOURNIE PAR STUDIO KAY

    L’ajout s’harmonise avec le bâtiment existant.

  • Invitante de nuit comme de jour

    PHOTO ALEXANDRE PARENT (STUDIO POINT DE VUE), FOURNIE PAR LE COURTIER

    Invitante de nuit comme de jour

  • Un espace détente qui n’attend que les invités.

    PHOTO ALEXANDRE PARENT (STUDIO POINT DE VUE), FOURNIE PAR LE COURTIER

    Un espace détente qui n’attend que les invités.

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Terrain protégé

« On a une piste d’hébertisme dans le bois. Des chevreuils, des renards, des coyotes », énumère Sylvain Marquis. Le terrain totalise plus de 54 000 pi⁠2 et comprend aussi un garage et une ancienne écurie. Une zone de préservation entoure la maison, ce qui fait qu’aucune construction ne peut se faire à l’intérieur d’un rayon de 500 m, au grand dam des nombreux promoteurs qui cognent régulièrement à la porte des Lambert-Marquis.

La progression du développement urbain dans le secteur est néanmoins indéniable. Depuis l’arrivée de la famille, le Quartier DIX30 ainsi que les maisons-manoirs qui l’entourent ont été érigés. Prochainement, le REM s’arrêtera non loin de la demeure. Sans compter l’autoroute 30 qui passe tout près et dont la présence se fait entendre à l’extérieur, mais aucunement à l’intérieur des épais murs de la maison.

Le couple est conscient qu’il a entre les mains un produit niché et qu’il lui faudra probablement du temps avant de trouver un acheteur. La maison est en vente depuis un an et a subi quelques baisses de prix depuis. « Mais on est contents de ne pas l’avoir vendue vite, souligne Sylvain Marquis. On est bien ici. »

Rectificatif

Une version antérieure de cet article indiquait que la famille Senécal avait habité la maison jusqu’en 1984. Or, elle avait dû la quitter dans les années 1970, après que la propriété ait été expropriée par le gouvernement du Québec pour permettre la construction de l’autoroute 30. Le tracé aura été finalement modifié pour épargner la maison.

Consultez la fiche de la propriété

La propriété en bref

Prix demandé : 2 498 000 $

Année de construction : 1799

Description : Maison en pierres d’un étage et demi, construite en 1799 et classée patrimoniale. Les aires de vie principales sont situées au rez-de-chaussée alors que les trois chambres ainsi que deux salles de bains sont aménagées à l’étage. Une mezzanine pouvant servir d’espace de bureau surplombe la chambre principale. Le sous-sol, creusé, abrite une salle familiale et une salle d’exercices. À l’extérieur, on retrouve une piscine creusée, une pergola et un foyer ainsi qu’un garage triple détaché et une ancienne écurie transformée en établi.

Dimensions de la maison : 62 pi 10 po X 34 pi 20 po (irrégulières)

Superficie du terrain : 54 584,87 pi⁠2

Évaluation municipale (2022) : 1 316 300 $

Impôt foncier (2021) : 6147 $

Taxe scolaire (2020) : 981 $

Courtier : Charles-Alexandre Sylvestre, RE/MAX Imagine