De nombreux campeurs qui tractent une roulotte finissent par choisir un endroit où la laisser. Et si on repensait la façon d’habiter les campings où l’on peut s’installer à long terme ? Quelques projets se dessinent pour enjoliver ces espaces fort populaires au Québec.

Emmanuelle Mozayan-Verschaeve
Emmanuelle Mozayan-Verschaeve Collaboration spéciale

PHOTO FOURNIE PAR RICHARD PROULX

La première MiniBoxliving de Richard Proulx s’inspire du style colonial américain. Il aimerait développer une série historique en réalisant des modèles Queen Anne, Second Empire, puis d’autres modernes comme la Glass House.

PHOTO FOURNIE PAR RICHARD PROULX

Le salon en L reçoit un canapé d’angle convivial et un coin bureau, en plus d’un poêle au bois.

PHOTO FOURNIE PAR RICHARD PROULX

Le toit de la minimaison est particulier, car il est rétractable, la distinguant du look carré habituel
des habitations du genre. Contrairement aux roulottes, elle est posée quasiment au niveau du sol,
ce qui permet de créer un accès de plain-pied à l’extérieur. Ses roues sont cachées et les dernières planches de bois du revêtement de façade sont escamotables afin d’y accéder.

Plus ou moins visibles dans le paysage, plus ou moins serrées sur les terrains, les roulottes de tourisme existent depuis près de 150 ans. Ces habitations transportables légères font le bonheur de leur propriétaire (ou loueur) parce qu’elles permettent de voyager tout en étant « chez soi ».

Cela dit, nombre d’entre eux se désintéressent de ce mode de vie nomade au bout de quelques années et leur habitat mobile finit par élire domicile en un seul endroit. « Ce sont des résidants permanents qui séjournent dans plus de 50 % des campings », signale l’ancien architecte Richard Proulx, ce que confirme l’Association des terrains de camping du Québec, qui remarque un engouement pour les prêts-à-camper et les condos camping.

  • Des rangements bas sont organisés près du lit, qui occupe 50 % de la surface de la mezzanine, et où l’on peut se tenir debout. « Nul besoin de marcher à quatre pattes pour aller se coucher. On peut également dérouler un matelas pour ajouter un couchage », précise Richard Proulx.

    PHOTO FOURNIE PAR RICHARD PROULX

    Des rangements bas sont organisés près du lit, qui occupe 50 % de la surface de la mezzanine, et où l’on peut se tenir debout. « Nul besoin de marcher à quatre pattes pour aller se coucher. On peut également dérouler un matelas pour ajouter un couchage », précise Richard Proulx.

  • Pas de table escamotable dans ce concept.
Celle-ci reste en place et on peut y manger à quatre.

    PHOTO FOURNIE PAR RICHARD PROULX

    Pas de table escamotable dans ce concept.
Celle-ci reste en place et on peut y manger à quatre.

  • L’escalier de la minimaison se rétracte d’une poussée du petit doigt pour former une cloison ajourée.

    PHOTO FOURNIE PAR RICHARD PROULX

    L’escalier de la minimaison se rétracte d’une poussée du petit doigt pour former une cloison ajourée.

  • Tout est planifié pour qu’il n’y ait pas de place perdue et pour pouvoir accéder rapidement à ses affaires, comme le démontre l’entrée.

    PHOTO FOURNIE PAR RICHARD PROULX

    Tout est planifié pour qu’il n’y ait pas de place perdue et pour pouvoir accéder rapidement à ses affaires, comme le démontre l’entrée.

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L’idée a donc germé dans la tête de M. Proulx de créer des minimaisons durables, confortables et esthétiques pour remplacer ces caravanes immobilisées qui s’abîment généralement rapidement. « Ces produits perdent de la valeur, comme une voiture ; ils ne sont pas écologiques et leur design a très peu évolué », déplore-t-il.

La première minimaison de Concept Box Living, une entreprise tout juste lancée par Richard Proulx, s’inspire du style colonial américain. Il aimerait développer une série historique en réalisant des modèles Queen Anne, Second Empire, puis d’autres modernes comme la Glass House. « Je l’ai faite sur roues pour pouvoir l’installer dans un camping, parce que c’est le seul endroit où on les accepte pour le moment », ajoute l’homme, qui aspire à monter un catalogue comme les maisons Sears de 1908 à 1940, et éventuellement à en produire à plus grande échelle. « Le prix de cette minimaison devrait être d’environ 80 000 $ hors taxes et le but est d’en faire plusieurs à la fois pour descendre le prix », précise-t-il.

Une minimaison intégrée à son environnement

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Richard Proulx a imaginé un concept novateur de minimaisons fixes pour remplacer les roulottes sur les terrains de camping.

En bois, chapeautée d’une toiture en acier garantie à vie, planifiée pour être complètement autonome, sa minimaison 4 saisons peut être installée sur un terrain de camping, comme M. Proulx l’a fait au cours de l’été, avec sa première création, ou sur un terrain privé, après approbation de la municipalité. Ce qui n’est pas évident.

« C’est normal que la Ville donne son accord, car il ne faut pas dévaluer l’environnement en le dénaturant », pense Richard Proulx. C’est d’ailleurs en ce sens qu’il travaille et c’est aussi ce qui distingue sa maisonnette des modèles existants, croit-il.

Ma vision : des terrains de camping avec des minimaisons fixes,esthétiques qui correspondent au milieu dans lequel on les installe.

Richard Proulx, fondateur de Concept Box Living

M. Proulx espère que son projet portera ses fruits. « Je trouve que l’ambiance des campings est géniale, c’est juste qu’esthétiquement, ce n’est pas beau. On pourrait séparer mes petites maisons par des arbustes pour préserver une certaine intimité, tout en profitant de la vie ensemble. On arriverait avec sa petite voiture électrique, ce qui serait plus écologique que de traîner une roulotte avec un gros VUS, louer sa minimaison quand on n’y est pas pour rentabiliser son achat, en plus de redorer l’aspect des campings. »

Enfin, comme elles sont isolées, elles peuvent être habitées en toutes saisons. « Le camping est un endroit tellement agréable pour socialiser et je trouve ridicule qu’on ne l’utilise que pendant six mois. Il y a d’ailleurs déjà une initiative en ce sens à Bromont », souligne-t-il.

Un nouveau tournant pour un camping bromontois

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE CAMPING VACANCES BROMONT

Au Camping Vacances Bromont, un lieu existant pour roulottes sera converti en site pour chalets.

En effet, la Ville de Bromont nous informe qu’elle vient d’accepter qu’un lieu existant pour roulottes soit converti en site pour chalets à des fins d’hébergement touristique. Parmi les conditions requises, conserver les arbres matures, en plus d’en planter d’autres.

Instigateur de ce projet, Pierre-Marc Lussier, directeur général et copropriétaire de Camping Vacances Bromont, explique que la forte demande de location de roulottes l’a incité à prendre cette décision. « On est un camping familial de 570 terrains. On ne voulait pas posséder des roulottes pour les louer, mais le concept de chalet nous plaisait, surtout parce qu’on peut l’exploiter à longueur d’année. C’est intéressant, car on a la montagne de ski à proximité. Une roulotte reste une roulotte et s’il ne fait pas beau, c’est moins agréable. »

Ce dernier ajoute qu’entre le transport, la location du terrain et la caravane, le coût peut s’élever à 1350 $ par semaine en moyenne. « Ce sera plus confortable, plus vaste, plus luxueux pour les gens d’habiter dans un chalet, d’autant que le coût restera abordable », note-t-il. Ses unités devraient être prêtes à louer à partir de l’été prochain.

Apprenez-en plus sur les maisons Sears préfabriquées Consultez le site de Concept Box Living Consultez le site de Camping Vacances Bromont

La minimaison de Richard Proulx en bref

Hauteur du plafond : 8 pi

Superficie du rez-de-chaussée : 204 pi2

Superficie de la mezzanine : 76,5 m2