Bordée de montagnes d’un côté et de la mer de l’autre, la côte gaspésienne s’inscrit comme un joyau naturel exceptionnel au Québec. L’empreinte immobilière y est plutôt discrète, et les citadins en quête de grands espaces s’emballent pour y acquérir une propriété. Point sur le marché et témoignages de nouveaux résidants.

Emmanuelle Mozayan-Verschaeve
Emmanuelle Mozayan-Verschaeve Collaboration spéciale

Originaire de Laval, Mathieu-Olivier St-Louis s’est installé à Cap-Chat, en Haute-Gaspésie, en 2019. « Quand je suis arrivé ici, au moins une maison sur quatre était à vendre. Les jeunes étaient partis et quand ils héritaient d’une demeure familiale, ils ne voulaient pas la garder parce qu’il n’y avait rien à faire dans la région, que tout doit être instantané quand on est habitué à la ville et qu’on doit tout avoir sous la main, ce qui n’est pas le cas ici. Ça m’a permis à 24 ans de m’acheter une maison à un prix ridicule. Pour 100 000 $, on pouvait avoir quatre chambres à coucher et deux salles de bains », se souvient le dynamique jeune homme, qui a emménagé dans ce village à la suite d’une occasion d’emploi pour un remplacement à temps plein dans le réseau public de la santé en physiothérapie.

« J’avais un quatre et demi dans un demi-sous-sol et j’ai fait le grand saut en déménageant tout seul. Ma copine m’a rejoint tout juste avant la fermeture des frontières liée à la pandémie. »

PHOTO FOURNIE PAR MATHIEU-OLIVIER ST-LOUIS

Mathieu-Olivier St-Louis a quitté Laval pour venir vivre à Cap-Chat, en Haute-Gaspésie, et exploite le gîte L’Aube matinale. « Pour moi, ici, c’est la liberté, les beaux couchers de soleil, les gens sympathiques, ainsi que la participation citoyenne. »

À la fin de son contrat, son travail était devenu plus précaire, et il a acquis en mai dernier un gîte touristique refait à neuf situé face au fleuve. « Je l’ai renommé L’Aube matinale et je l’exploite quasiment à temps plein désormais. » Mathieu-Olivier St-Louis a aussi bénéficié d’une formation de pompier volontaire, car Cap-Chat en recherchait ; c’est ce qui l’a encouragé à rester dans la région en lui donnant un sentiment d’appartenance. Pendant la pandémie, le jeune homme a vu les pancartes « À vendre » disparaître rapidement : « Les gens avaient besoin de plein air. Mon courtier m’a dit que beaucoup de personnes ont acheté sans même visiter parce que le marché était très abordable. »

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

L’offre de maisons en bord de mer est quasiment nulle actuellement, alors qu’on en trouvait énormément à coût modique avant l’arrivée de la COVID-19, selon Louise-Hélène Delorme, courtier immobilier chez Re/Max Avant Tout Gaspé.

Une offre très limitée

Louise-Hélène Delorme, courtier immobilier chez Re/Max Avant Tout Gaspé, témoigne que l’offre de maisons en bord de mer est quasiment nulle actuellement, alors qu’on en trouvait énormément à coût modique avant l’arrivée de la COVID-19.

L’année dernière, tous mes collègues et moi avons vendu jusqu’à 90 % des propriétés à des gens de l’extérieur, ce qu’on n’aurait jamais pensé.

Louise-Hélène Delorme, courtier immobilier chez Re/Max Avant Tout Gaspé

« Ils ont acheté des maisons qui étaient sur le marché depuis trois ou quatre ans, et les prix ont augmenté d’environ 30 %, car la demande est très forte, surtout de la part de préretraités ou retraités. On a aussi des investisseurs qui achètent des bords de l’eau pour les louer cher l’été. » Cependant, Mme Delorme souligne qu’elle avait plus de demandes pour des résidences donnant directement sur le bord de mer il y a quelques années, car les risques d’érosion rendent les gens plus craintifs. « Ils veulent plutôt voir l’eau, sans être au bord. »

PHOTO FOURNIE PAR LOUISE-HÉLÈNE DELORME, RE/MAX AVANT TOUT GASPÉ

La côte gaspésienne est bordée de plages sur lesquelles certaines propriétés donnent directement, mais les occasions sont rares.

Constat confirmé par Sébastien Grenier, de Re/Max Avant Tout, qui recommande de bien vérifier le certificat de localisation avant d’acheter. « Mes clients de la dernière année sont pour la plupart nés dans la région ; ils étaient partis en ville pour travailler, mais avaient soif de nature, alors ils reviennent pour leur retraite. On a aussi de nouveaux habitants, comme des jeunes qui viennent exploiter un gîte. Pour ceux qui séjournent ici en vacances ou qui veulent avoir le sentiment d’être seuls au monde, c’est merveilleux, mais pour ceux qui souhaitent être à proximité des services, c’est plus contraignant quand on habite au bord de la mer », précise-t-il.

Des rénovations qui coûtent cher

Les rares maisons au bord de l’eau qu’on trouve encore à bas prix demandent généralement des rénovations majeures, qui sont très coûteuses. « Les matériaux coûtent 30 % plus cher ici et il y a peu d’entrepreneurs, donc c’est compliqué et dispendieux de faire construire ou de rénover. On peut être obligé d’aller nous-même chercher des matériaux à Québec ou à Rimouski pour avoir plus de choix », indique M. Grenier. Par ailleurs, l’air salin gruge rapidement la peinture des façades en bois, ce qui demande un entretien plus fréquent que dans d’autres secteurs, et il vaut mieux installer un triple vitrage si l’on veut créer une ouverture côté mer, à cause du vent.

PHOTO STÉPHANE BARBIER, FOURNIE PAR PASCALE JOUBERT

Après avoir vécu pendant 20 ans à Montréal, Pascale Joubert a trouvé un emploi à Carleton-sur-Mer et elle cherche à acheter une maison au bord de l’eau.

Le casse-tête de la location

Dans la baie des Chaleurs, Pascale Joubert vit une course au logement depuis son arrivée de Montréal en novembre dernier. « Quand la pandémie a frappé, je me suis retrouvée sans emploi comme beaucoup. Une amie m’a appris qu’une compagnie de théâtre professionnel [À tour de rôle] à Carleton cherchait quelqu’un pour la diriger. Je n’avais pas pensé à déménager, mais ce poste répondait à plusieurs enjeux qui trottaient dans ma tête et j’ai été choisie. »

Elle sous-loue actuellement une petite maison au bord de la mer qu’elle va devoir quitter pour une autre maisonnette à la fin d’août. « La question du logement a été un plus grand défi que ce que je pensais puisque j’ai déménagé trois fois en moins d’un an. C’est très compliqué de trouver une location à long terme et il n’y a rien à vendre en bord de mer, ou alors des maisons plus dispendieuses, mais je ne désespère pas d’en trouver une qui correspondra à mon budget. »

Bienveillance et sentiment de liberté

À l’instar de Mathieu-Olivier St-Louis, Pascale Joubert logeait dans un petit appartement sans cour. Tous deux évoquent la nature majestueuse et la chance d’en profiter à tout moment ainsi que la gentillesse des locaux. « L’anonymat n’existe plus depuis que je vis à Cap-Chat. C’est une grande différence par rapport à Laval, où je croisais les gens sans les connaître, affirme M. St-Louis. Ici, au bout d’une journée, mes deux voisins étaient rendus mes bons amis et il y a un esprit d’entraide que j’apprécie beaucoup. »

L’arrivée d’entrepreneurs conscients de vivre dans un environnement d’exception comme Mathieu-Olivier St-Louis contribue à donner un nouvel élan à la région. Il donne l’exemple des jeunes propriétaires de Valmont plein air (restaurant et loisirs), qui lui ont fait une cure de jeunesse et ont mis en place un centre de loisirs nautiques. « Présentement, c’est un bijou pour le village », conclut-il.

Sur le marché

1529, route 132 Ouest, Cap-d’Espoir

  • Cette belle propriété de trois chambres à coucher, construite sur un terrain de plus de 100 000 pi2, est située à Cap-d’Espoir. Prix demandé : 349 000 $. Courtier immobilier : Sébastien Grenier, de Re/Max Avant Tout Inc.

    PHOTO FOURNIE PAR SÉBASTIEN GRENIER DE RE/MAX AVANT TOUT INC.

    Cette belle propriété de trois chambres à coucher, construite sur un terrain de plus de 100 000 pi2, est située à Cap-d’Espoir. Prix demandé : 349 000 $. Courtier immobilier : Sébastien Grenier, de Re/Max Avant Tout Inc.

  • PHOTO FOURNIE PAR SÉBASTIEN GRENIER DE RE/MAX AVANT TOUT INC.

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14, route Lemarquand, Pabos Mills

  • Ancestrale, cette grande maison de Pabos Mill, bordée par la mer et la rivière, offre de nombreuses possibilités, de l’intergénérationnelle au gîte en passant par la résidence pour aînés et la location de chambres. Prix demandé : 499 000 $. Courtier immobilier : Sébastien Grenier, de Re/Max Avant Tout Inc.

    PHOTO FOURNIE PAR SÉBASTIEN GRENIER, RE/MAX AVANT TOUT INC.

    Ancestrale, cette grande maison de Pabos Mill, bordée par la mer et la rivière, offre de nombreuses possibilités, de l’intergénérationnelle au gîte en passant par la résidence pour aînés et la location de chambres. Prix demandé : 499 000 $. Courtier immobilier : Sébastien Grenier, de Re/Max Avant Tout Inc.

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1275, boul. du Cap-des-Rosiers, Gaspé

  • Ce restaurant de 72 places et gîte de six chambres à coucher est idéalement situé en bord de mer, près du parc Forillon. Prix demandé : 189 500 $ plus taxes, hors équipements. Courtière immobilière : Louise-Hélène Delorme, Re/Max Avant Tout.

    PHOTO FOURNIE PAR LOUISE-HÉLÈNE DELORME, RE/MAX AVANT TOUT GASPÉ

    Ce restaurant de 72 places et gîte de six chambres à coucher est idéalement situé en bord de mer, près du parc Forillon. Prix demandé : 189 500 $ plus taxes, hors équipements. Courtière immobilière : Louise-Hélène Delorme, Re/Max Avant Tout.

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