Derrière une belle façade en pierre claire, la maison du 6827, rue Drolet, située dans Rosemont–La Petite-Patrie à Montréal, se dévoile sous un nouveau jour, plus de cent ans après sa construction. Ses propriétaires l’ont entièrement repensée pour qu’elle traverse des décennies sans s’abîmer ni se démoder.

Emmanuelle Mozayan-Verschaeve
Emmanuelle Mozayan-Verschaeve Collaboration spéciale

Stéphane Barbier possédait une maison sur le Plateau quand il a rencontré Kristina Joubert. « On s’est dit qu’on allait chercher un projet de vie à bâtir tous les deux. On voulait que ce soit plus grand avec une cour intéressante et changer de quartier pour se rapprocher du marché Jean-Talon », raconte M. Barbier. Le couple avait aussi besoin d’agrandir parce qu’il était alors en processus d’adoption de jumeaux d’origine vietnamienne.

En attendant de trouver l’endroit parfait pour la future famille, ils louent un petit appartement et à leur grande surprise, Kristina tombe enceinte, mais ils ne se retirent pas pour autant de la liste d’adoption. C’est à ce moment-là (en 2009) qu’ils visitent ce très grand duplex, bien situé et pourvu d’une cour assez exceptionnelle à Montréal. « On ne voulait pas du clés en main, alors cette maison vétuste était parfaite pour nous. On a démoli à 95 % pour tout recommencer », poursuit M. Barbier.

Une planification faite maison

Déjà expérimentés en matière de rénovation, les maîtres des lieux deviennent maîtres d’œuvre, après avoir planifié leur espace intérieur à l’aide du logiciel Punch Software. « Ça a pris quelques week-ends pour projeter ce qu’on voulait, mais c’est vraiment bien parce qu’on a le résultat en 3D en fonction de tous les critères de la maison. On a ensuite acheté nous-mêmes les matériaux. Le défi était de s’occuper des rénovations tout en travaillant et pendant que Kristina était enceinte. »

Leur priorité : une structure extrêmement solide à long terme, pour laquelle ils ont engagé des travaux majeurs. « On a mis énormément d’efforts au niveau des fondations, creusé le sous-sol et consolidé la maison pour qu’elle reste stable longtemps. On a aussi refait l’isolation phonique et thermique. » Le résultat est très probant, puisque les coûts mensuels d’énergie incluant le chauffage et la climatisation (thermopompe) s’élèvent seulement à 200 $ pour une surface de 3318 pi2, sous-sol compris.

En lien avec cette coquille saine, durable et efficace, Karine et Stéphane ont habillé l’intérieur avec des matériaux de qualité au look intemporel qui sont faciles à entretenir.

La maison sur le Plateau était un peu froide, alors on voulait quelque chose de plus chaleureux ici. On a donc choisi un plancher de bambou massif très résistant au rez-de-chaussée et on a recouvert un mur de demi-briques dans le salon. Notre ligne de conduite était également de faire des espaces lumineux et vastes pour recevoir beaucoup de monde.

Stéphane Barbier, copropriétaire

Stéphane a prévu une suite intime pour pouvoir accueillir confortablement sa famille de France pendant de longues périodes.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Les propriétaires Kristina Joubert et Stéphane Barbier aiment beaucoup l’ambiance de leur terrasse. « C’est assez unique d’avoir une cour arrière si tranquille à Montréal », affirme M. Barbier.

Une vision à long terme

Trois autres chambres et deux salles de bains se répartissent au niveau supérieur, ainsi qu’une buanderie. Tout était prévu pour accueillir le bébé et les jumeaux, mais l’organisme d’adoption a contacté le couple pour l’informer que le processus se compliquait au Viêtnam puisque le pays favorisait les demandes au niveau national. « Ils nous ont demandé ce qu’on voulait faire et on a décidé de s’arrêter là », dit Kristina. La chambre n’est pas restée inoccupée pour autant puisqu’un autre bébé est arrivé naturellement deux ans plus tard !

Le couple se projetait pour la vie dans cette résidence et envisageait d’aménager le sous-sol qui bénéficie d’une entrée accédant directement à la cour pour que leurs enfants soient plus autonomes à l’adolescence. « Il est entièrement isolé et les plans d’aménagement ont déjà été réalisés par une designer pour faire une salle familiale, une chambre et une salle de bains. » L’endroit pourrait aussi bien servir de studio ou de petit appartement, car les plafonds font 8 pi de haut.

Tout pour une famille

« Cette maison est un peu l’aboutissement de l’expérience qu’on avait accumulée et on n’aurait jamais imaginé la quitter », confie Kristina, mais le couple se sépare. Il reste en très bonne entente et souhaite, indépendamment, se rapprocher des grands-parents maternels des enfants qui habitent dans le quartier Ahuntsic. « Ici, il y a une école en face de la maison qui devient un terrain de jeu pour les enfants du quartier après 18 h, y compris pour jouer au hockey l’hiver. Le métro, le marché, les petits restaurants se trouvent à proximité. C’est un quartier très familial, dynamique, où on apprécie l’éclectisme du voisinage et les nombreux projets communautaires », explique-t-elle. La cour arrière, intime et paisible, a aussi été l’occasion de réaliser un projet de ruche pour Stéphane Barbier et ses garçons : « On l’a eue pendant six ans et on donnait du miel aux voisins. »

Les propriétaires ont remodelé, solidifié et modernisé cette demeure avec soin et amour pour y élever leurs enfants et pensent qu’une famille y trouverait son bonheur au cœur de cette Petite Italie pleine de vie.

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La propriété en bref

Prix demandé : 1 669 000 $

Année de construction : 1900

Superficie habitable : 2240 pi2 (sous-sol exclu)

Superficie du terrain : 2750 pi2

Évaluation municipale : 876 400 $

Taxes municipales : 6462 $

Taxe scolaire : 741 $

Courtier immobilier : Daniel Tremblay, groupe Sutton-immobilia