« Avez-vous décidé de vendre… ou de rester ? » Cette phrase résonne dans les foyers des adeptes de Vendre ou rénover au Québec depuis quatre ans. Émission de réno-réalité phare de Canal Vie, elle est aussi l’une des plus complexes à produire. Au cours des derniers mois, nous avons suivi la production de l’épisode qui a été diffusé mardi dernier, de la sélection des candidats au dévoilement de leur décision.

Valérie Simard Valérie Simard
La Presse

Le concept

Produite par Zone 3, Vendre ou rénover au Québec est une émission diffusée pour la quatrième saison sur les ondes de Canal Vie. Il s’agit d’une franchise du concept canadien-anglais Love it or List it. Chaque épisode présente un couple qui trouve que sa maison ne répond plus à ses besoins. Alors que l’un souhaite déménager, l’autre croit que des travaux de rénovation suffiront à éliminer les irritants. La courtière immobilière Maïka Desnoyers et le designer d’intérieur Daniel Corbin se lancent alors dans une compétition amicale au terme de laquelle ils devront respectivement convaincre les participants de vendre ou de rester.

Les participants

Sophie Charest et Pascal Trudeau habitent la maison dans laquelle ce dernier a grandi, dans le secteur Fabreville, à Laval. Sophie l’y a rejoint l’an dernier après avoir vendu sa demeure. Vivent avec eux les deux enfants de Pascal, âgés de 11 et 14 ans. « Je venais ici pour un an et ensuite, on vendait », raconte Sophie Charest. Puis, à la surprise de son conjoint, elle a brouillé les cartes en évoquant l’idée de rénover la maison pour y rester. Après moult tergiversations, le couple a décidé de vendre… jusqu’à ce qu’il reçoive la confirmation de sa sélection pour l’émission.

Au moment du tournage, le dilemme est réel. Mais partagé par les deux membres du couple, alors que pour respecter le concept de l’émission, ils doivent assumer des positions bien campées : Sophie souhaite vendre et Pascal, rester. « On est vraiment ambivalents, assure Pascal. On pourrait aussi bien rester que vendre. » « Il reste énormément à faire à l’extérieur si on veut rester, affirme Sophie. Et il n’y aura pas de garage. » « Mais si on déménage, on ne sera jamais aussi proches qu’ici, autant que pour le travail que les services », remarque Pascal, qui travaille dans l’île de Montréal, à Dorval.

Avant les travaux

  • Construite dans les années 70, cette maison n’avait à l’origine qu’un seul niveau. Un deuxième a été ajouté par la suite. Contrairement à beaucoup de propriétés rénovées dans le cadre de l’émission, celle-ci ne manque pas d’espace. C’est la division de celui-ci qui pose problème.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

    Construite dans les années 70, cette maison n’avait à l’origine qu’un seul niveau. Un deuxième a été ajouté par la suite. Contrairement à beaucoup de propriétés rénovées dans le cadre de l’émission, celle-ci ne manque pas d’espace. C’est la division de celui-ci qui pose problème.

  • Pour des raisons budgétaires, seul le rez-de-chaussée fera l’objet de rénovations. La maison possède deux salons, mais aucun au rez-de-chaussée. De plus, le plancher est usé et craque beaucoup.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

    Pour des raisons budgétaires, seul le rez-de-chaussée fera l’objet de rénovations. La maison possède deux salons, mais aucun au rez-de-chaussée. De plus, le plancher est usé et craque beaucoup.

  • La cuisine est l’un des irritants majeurs de la maison, selon Pascal et Sophie : armoires en chêne, angles nombreux, frigo vieux de 25 ans (le seul qui entre dans l’espace) et double évier en coin, séparé. Faute de place, une partie du garde-manger a été relocalisée dans une armoire de la salle à manger.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

    La cuisine est l’un des irritants majeurs de la maison, selon Pascal et Sophie : armoires en chêne, angles nombreux, frigo vieux de 25 ans (le seul qui entre dans l’espace) et double évier en coin, séparé. Faute de place, une partie du garde-manger a été relocalisée dans une armoire de la salle à manger.

  • La salle de bains principale est petite et peu invitante. La baignoire à remous n’est pas utilisée. Pour la faire fonctionner, il faut aller dans la chambre d’à côté, pousser un bouton caché dans le garde-robe.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

    La salle de bains principale est petite et peu invitante. La baignoire à remous n’est pas utilisée. Pour la faire fonctionner, il faut aller dans la chambre d’à côté, pousser un bouton caché dans le garde-robe.

  • La maison compte six chambres, dont trois au rez-de-chaussée, ce qui est nettement supérieur aux besoins de la famille. Dans la chambre principale, l’espace garde-robe est trop petit. Sophie doit ranger une partie de ses vêtements à l’étage.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

    La maison compte six chambres, dont trois au rez-de-chaussée, ce qui est nettement supérieur aux besoins de la famille. Dans la chambre principale, l’espace garde-robe est trop petit. Sophie doit ranger une partie de ses vêtements à l’étage.

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Avant de confirmer la sélection des participants, l’équipe de production et l’un des quatre entrepreneurs travaillant pour l’émission se rendent sur les lieux. Cette visite de repérage a eu lieu le 1er octobre dernier. L’objectif : évaluer l’état du bâtiment et écarter, autant que possible, les imprévus majeurs (présence d’amiante, problème de structure). C’est confirmé : le chantier aura lieu.

Les critères

Pour chaque épisode, les participants doivent fournir une liste de critères que le designer Daniel Corbin et la courtière immobilière Maïka Desnoyers devront tenter de respecter pour les convaincre de rester ou de vendre leur maison, ici évaluée à 390 000 $.

Voici les critères fournis par Pascal et Sophie : 

Pour rester

• Une cuisine plus grande et fonctionnelle

• Un coin salon au rez-de-chaussée

• Une salle de bains rénovée et invitante

• L’ajout d’un walk-in

 • Un nouveau plancher au rez-de-chaussée

Budget pour la rénovation : 85 000 $

Pour vendre

• Belle cour aménagée (environ 6000 pi2)

• Un garage et un grand stationnement (pour une roulotte)

• 3 chambres et 2 salles de bains complètes

 • Un salon au rez-de-chaussée

• Se rapprocher de la mère des enfants : Saint-Eustache, Deux-Montagnes, Boisbriand

Budget pour la nouvelle propriété : 450 000 $

Un projet en accéléré

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Le 11 octobre, le designer Daniel Corbin, accompagné de membres de son équipe et de l’équipe de production, a présenté un premier plan 3D à Pascal Trudeau et Sophie Charest.

Le 11 octobre, les clients se rendent aux bureaux de D-Cor, la firme de Daniel Corbin située dans le quartier Pointe-Saint-Charles à Montréal, pour la présentation des plans. Habituellement, les clients de D-Cor doivent compter un délai de 18 semaines avant que leur soit présenté un plan 3D de leur projet. Pour les besoins de la production télévisée, tout se joue en accéléré : de la conception des plans à la réalisation des travaux. « Un chantier comme le vôtre [un réaménagement complet du rez-de-chaussée], c’est normalement de quatre à six mois d’opération, explique Daniel Corbin aux participants. Une cuisine, c’est six à huit semaines, dès que les plans sont signés. Vous n’êtes même pas sur la fast track, vous avez votre jet privé. »

En contrepartie, les participants doivent accepter de lâcher prise et de laisser le designer, son équipe et l’équipe de production prendre plusieurs décisions. Pas question de choisir les matériaux, les poignées d’armoires et la couleur des murs. En marge de la présentation des plans, Daniel Corbin montre des échantillons aux clients pour évaluer leurs goûts. Ceux-ci ne connaîtront ses choix finaux que lors du dévoilement qui, dans ce cas, aura lieu le 6 février.

Le plan préliminaire

IMAGE FOURNIE PAR LA PRODUCTION

La version du plan 3D qui a été présentée à Pascal Trudeau et Sophie Charest par le designer Daniel Corbin, le 11 octobre dernier.

IMAGE FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Le plan final du réaménagement fait par le designer Daniel Corbin.

Le plan 3D qui est présenté au couple comporte volontairement certains flous. « Il y a des choses que je ne peux pas vous dire, prévient d’emblée Daniel Corbin. Comme c’est une émission de télé, il faut une réaction de surprise. »

Selon le nouvel aménagement, la salle à manger reste au même endroit. La cuisine est ouverte, linéaire et beaucoup plus grande que l’actuelle. La suite des maîtres est inspirée des hôtels. « On s’est servi du walk-in pour faire un pont sonore et un pont lumineux entre la chambre et la salle de bains », souligne Daniel Corbin.

Le couple est agréablement surpris. Mais rapidement, les questions surgissent. Où est le frigo ? La laveuse-sécheuse ? « Ce sont des choses dont je ne peux pas vous parler », répond Daniel Corbin.

Les clients ne sont pas autorisés à prendre le plan en photo, puisque celui-ci pourrait encore changer. Il avait déjà été remanié en troisième vitesse la veille après une rencontre entre le designer, l’équipe de production et l’entrepreneur pour évaluer la faisabilité du projet en fonction du budget. Néanmoins, une autre réduction de coûts est nécessaire. « Ce que vous voyez en ce moment, c’est environ 140 % de ce qu’on va être capables de faire », souligne Gabriel Perron, recherchiste pour Vendre ou rénover. Il demande aux participants de réfléchir, puis de lui faire part de leurs priorités.

Le premier tournage

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Quelques scènes sont tournées à l’extérieur, dont l’arrivée du designer Daniel Corbin et de la courtière immobilière Maïka Desnoyers chez les participants.

La première journée de tournage de l’émission a lieu le 3 décembre. Sont tournés les segments où on présente les participants et où Daniel Corbin explique à l’entrepreneure Stéphanie Lévesque et à la courtière immobilière Maïka Desnoyers ses intentions.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Pascal Trudeau et Sophie Charest discutent avec Daniel Corbin du choix de la table de la salle à manger.

Malgré quelques modifications faites au plan depuis sa présentation aux clients, le designer compte toujours aménager une grande aire ouverte au rez-de-chaussée comprenant la cuisine, la salle à manger et un coin lounge. La suite des maîtres sera quant à elle créée derrière le mur de la cuisine.

Pour Stéphanie Lévesque, une inconnue demeure. Selon Pascal Trudeau, des poutrelles autoportantes ont été installées lors de l’agrandissement de la maison, ce qui ferait en sorte qu’aucun mur ne serait porteur au rez-de-chaussée. Un cadeau pour le designer. « Tant qu’on n’aura pas ouvert, on ne saura pas, même si l’ingénieur est passé », prévient Stéphanie Lévesque.

Les travaux

  • Les travaux de démolition débutent le 8 janvier. Pascal et Sophie ont dû quitter les lieux le temps des travaux. À moins d’imprévus majeurs, ils ne sont autorisés à revenir qu’une seule fois sur le chantier, soit lors de la démolition. Les informations fournies par le propriétaire se confirment : la structure de la maison est autoportante.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

    Les travaux de démolition débutent le 8 janvier. Pascal et Sophie ont dû quitter les lieux le temps des travaux. À moins d’imprévus majeurs, ils ne sont autorisés à revenir qu’une seule fois sur le chantier, soit lors de la démolition. Les informations fournies par le propriétaire se confirment : la structure de la maison est autoportante.

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En discutant avec Daniel Corbin, le couple se rend compte que le designer a prévu installer un bain-douche dans la salle de bains, alors qu’ils avaient mentionné leur désir d’avoir un bain et une douche séparés. Ce malentendu — réel — est survenu et a été réglé antérieurement, mais pour les besoins de l’émission, l’équipe a recréé cette mise en scène lors du tournage, ce qui a permis d’intégrer l’un des commanditaires de l’émission.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

L’ancien plancher donne du fil à retordre à Stéphanie Lévesque et son équipe. « Regarde l’épaisseur du plancher [3/8 pouces], sincèrement, je n’ai jamais vu ça, lance l’entrepreneure. On comprend pourquoi ça craquait. Il n’y en avait pas épais. Et c’est difficile à enlever. Tous les clous restent dans le plancher. »

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Heureux qu’aucun imprévu n’ait été découvert lors de la démolition, Daniel Corbin demande à l’entrepreneure d’ouvrir le mur de l’escalier. « Ce serait vraiment fou qu’on puisse ouvrir l’escalier, parce que tu regardes là-bas, presque tout est ouvert presque à 100 % », dit-il pour la convaincre.

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Le 30 janvier, soit trois semaines après le début des travaux, la cuisine est assemblée par les installateurs de Kwizine, l’un des commanditaires de l’émission.

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Les ouvriers sont à l’œuvre jusqu’à la veille du dévoilement. Ils complètent ici l’installation de l’îlot.

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Le mur de cadres doit être installé avec précision.

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En vue du dévoilement, Daniel Corbin termine la décoration des pièces avec des accessoires. Les éléments de décoration ne sont pas inclus dans le projet. Les clients peuvent décider d’acheter au prix coûtant les accessoires qu’ils souhaitent conserver.