Si toute visite d’une propriété à vendre est proscrite à partir de mardi soir, à minuit, l’OACIQ (l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec) demande au gouvernement du Québec d’inclure le courtage immobilier comme service essentiel au même titre que le travail des notaires.

Émilie Côté Émilie Côté
La Presse

Avec le gouvernement Legault qui a demandé lundi à toutes les entreprises et tous les commerces – sauf celles qui offrent des services essentiels –, de cesser leurs activités jusqu’au 13 avril, toute visite est annulée dans le réseau de RE/MAX Québec à partir de mardi soir, à minuit.

« Les bureaux RE/MAX sont fermés, confirme la directrice communications et marketing Jessica Lavoie. Il n’y aura pas de visite de propriété ni de rencontres avec les clients. C’est très important pour nous de respecter les règles gouvernementales. »

Les courtiers pourront néanmoins continuer de faire des tâches qui ne nécessitent pas une rencontre en personne avec des clients. Ils pourront même conclure une transaction immobilière. « Le téléphone reste ouvert, précise Mme Lavoie. Les courtiers ont des outils technologiques pour accompagner les clients, dont la signature électronique. »

Le travail des notaires considéré comme « essentiel »

Le travail des notaires est considéré comme « essentiel » par le gouvernement du Québec, mais c’est à chaque notaire de décider de fermer ou non son bureau « en respect de sa sécurité de même que de celle de son entourage », précise Bolivar Nakhasenh, conseillère en communication à la Chambre des notaires du Québec.

Lors du point de presse quotidien du premier ministre François Legault, mardi, ce dernier a laissé entendre que le travail des notaires n’était pas « essentiel ». « Après validation auprès des autorités gouvernementales, je vous confirme que les notaires sont considérés un service essentiel », a assuré à La Presse Bolivar Nakhasenh.

De son côté, l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ) a demandé au gouvernement du Québec de considérer les services de courtage comme « essentiels ».

« Actuellement, plusieurs familles qui ont vendu doivent se reloger et nous sommes très sensibles à cet enjeu », indique l’agente aux communications Marie-Ève Bellemare-Tessier.

L’OACIQ veut éviter que certains acheteurs et vendeurs prennent des risques à l’encontre des directives gouvernementales en se rencontrant tout de même pour effectuer une visite ou une transaction.

Des visites libres le week-end dernier

Alors que l’OACIQ avait déconseillé de faire des visites libres le week-end dernier, certaines étaient annoncées. Il faut savoir que l’organisme émet des directives, mais qu’il n’a pas d’autorité sur les courtiers immobiliers qui sont des travailleurs autonomes et indépendants.

Dimanche, une annonce de visite « sponsorisée » sur Facebook du courtier Xavier Grelier pour un condo à vendre sur la rue Dorion, dans le Plateau Mont-Royal, en a fait broncher plus d’un.

« Il faudrait que les gens comprennent que le confinement est le seul moyen d’arrêter la pandémie », a écrit une femme dont le prénom est Madeleine.

« Bon temps pour faire des visites », a ironisé un homme appelé François.

Après avoir lu plusieurs commentaires négatifs, Xavier Grelier a finalement fait des visites « distancées » et « limitées » sur une plus longue période de temps dimanche après-midi, a-t-il expliqué à La Presse.

« Juste une pause »

Le courtier immobilier Georges Bardagi en appelle à la solidarité. « Le plus vite on va se sortir de cela, l’économie et l’immobilier se porteront mieux. »

La semaine dernière, le nombre de visites de propriétés à vendre avait diminué environ de moitié, estime M. Bardagi. « Il reste des gens qui ont vendu et qui doivent se trouver un nouveau toit. »

Dans sa carrière amorcée il y a plus de 30 ans, Georges Bardagi n’a jamais vu « rien de tel ». « Ce qui est époustouflant est la rapidité avec laquelle les choses évoluent… »

Avec les faibles taux d’intérêt, « l’immobilier va rebondir », assure-t-il. « Si tout le monde respecte les directives. »

« Je ne suis pas inquiet pour le futur. C’est juste une pause », conclut Georges Bardagi.