Chaque semaine, des propriétaires d’habitation neuve appellent, désespérés, l’équipe chargée d’administrer le Plan de garantie des bâtiments résidentiels neufs. Beaucoup des problèmes rapportés surviennent à répétition. Pour les éviter, l’organisme Garantie de construction résidentielle (GCR) est parti en tournée. Son but ? S’attaquer aux 10 sources de réclamations les plus fréquentes, pour les éradiquer. Des ateliers sont donnés dans sept municipalités du Québec, jusqu’au 17 mars.

Danielle Bonneau
Danielle Bonneau La Presse

« Les douches de verre sont très belles, indique François-William Simard, vice-président aux communications de GCR, voué à la protection des consommateurs. Mais elles posent régulièrement problème et font partie des principales réclamations que l’on reçoit. Les coulis sont parfois poreux. Une petite quantité d’eau traverse et attaque la structure derrière, créant un danger de moisissure. Il y a des précautions à prendre pour que ce soit bien fait. Des portes sont aussi mal fixées ou le silicone est mal posé. Il faut faire attention et voir à ce que tout soit bien installé. »

Certaines réclamations reviennent souvent. Elles peuvent être liées à l’installation de produits de plomberie non homologués, achetés au rabais en ligne, ou encore au manque de protection de baignoires ou d’éviers, mis en place avant que tous les travaux soient terminés.

« Les fenêtres avec un cadrage noir sont plus sensibles à la chaleur du soleil et exigent davantage d’attention que des fenêtres avec un cadrage blanc, poursuit M. Simard. Comme il peut y avoir un certain gonflement, l’installation doit se faire d’une certaine façon pour ne pas avoir de problème. »

Infiltration d’eau dans des revêtements de toits plats, protection inadéquate des câbles électriques dans les murs, finition déficiente des escaliers ou de la menuiserie (des moulures mal posées, par exemple) ou encore défauts dans la pose de revêtements extérieurs figurent aussi parmi les situations déplorées.

D’autres réclamations sont peu fréquentes, mais entraînent des coûts élevés, comme la pose de gypse sur des murs fondamentalement croches.

La tournée GCR 2020 est axée sur la prévention de problèmes pour réduire le nombre de réclamations et augmenter le degré de satisfaction.

François-William Simard, vice-président aux communications de GCR

« Tout le monde y gagne. Les problèmes liés à la construction d’une habitation neuve créent des tensions à la maison. Les entrepreneurs, de leur côté, économisent si le travail est bien fait la première fois. Et avoir moins de réclamations protège mieux le fonds de réserve constitué par les contributions des acheteurs », poursuit M. Simard.

Des inspections en lien avec la cote des entreprises

GCR, qui a maintenant cinq ans, relève de la Régie du bâtiment du Québec. En vertu du Règlement sur le plan de garantie des bâtiments résidentiels neufs, l’organisme, entièrement neutre, accrédite obligatoirement toute entreprise qui bâtit une maison unifamiliale, jumelée ou en rangée, ou un bâtiment en copropriété d’au plus quatre étages. Pour les bâtiments résidentiels plus hauts, les protections sont optionnelles ou inexistantes.

De 6000 à 7000 habitations sont inspectées annuellement, à un stade ou un autre de leur construction, précise François-William Simard. Or, il s’en bâtit environ 15 000 – dans des bâtiments d’au plus quatre étages – par année. « Les inspections se font en lien avec la cote des entreprises, indique-t-il. Plus la cote est faible, plus les habitations sont inspectées souvent. Cela dépend du risque que représente l’entrepreneur. »

PHOTO FOURNIE PAR GARANTIE DE CONSTRUCTION RÉSIDENTIELLE

Des défauts dans la pose de revêtements extérieurs figurent parmi les 10 sources de réclamations les plus fréquentes.

D’ailleurs, qu’advient-il des fameuses cotes techniques et de satisfaction attribuées à chacun des entrepreneurs accrédités par GCR, qui devaient être rendues publiques en juin dernier ? Elles se font toujours attendre. « Quelque chose de très intéressant sera annoncé prochainement, qui permettra d’avoir des informations pertinentes sur l’entrepreneur avec qui on veut faire affaire », révèle M. Simard.

Environ 1200 entrepreneurs et membres de l’industrie de la construction résidentielle (architectes, ingénieurs, technologues, etc.) devraient participer aux ateliers, jusqu’au 17 mars. Ceux-ci ont commencé à Gatineau et passeront par Québec, Trois-Rivières, Longueuil, Laval et Saguenay.

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