Rester ou déménager ? Pour certains, la question ne se pose pas. On est bien, on reste. Au cours des prochaines semaines, La Presse rencontre des gens qui habitent la même maison depuis plus de 15 ans. En partageant avec nous leurs histoires et leurs souvenirs, ils nous expliquent pourquoi on est bien chez nous.

Paul-André David et Micheline Maillé

Ville : Papineauville

Habitent leur maison depuis : 34 ans

Type de propriété : unifamiliale à étage

Charles-Édouard Carrier Charles-Édouard Carrier
Collaboration spéciale

C’est en 1985 que Paul-André David et Micheline Maillé, alors parents de quatre enfants, ont fait l’acquisition de cette maison construite en 1924, au centre d’un village bordé par la rivière des Outaouais au sud et découpé dans l’immensité des terres de l’ancienne seigneurie Papineau. On avait arrêté le choix sur cette propriété pour la proximité du travail des parents et pour la présence d’écoles primaire et secondaire. « Notre fille cadette est née l’année suivante, mais à l’époque, avec quatre enfants déjà, c’était essentiel d’avoir des établissements scolaires tout près », explique M. David.

Mais dans un village d’à peine 2000 habitants, le bon voisinage était aussi un net avantage : « Ça prend des parents pour mettre des enfants au monde, ça prend un village pour les élever. C’était rassurant pour nous de savoir que les voisins, les autres parents, tous contribuaient à créer un environnement sécuritaire », poursuit Micheline Maillé.

PHOTO FOURNIE PAR PAUL-ANDRÉ DAVID

Bien que la résidence soit relativement grande pour le couple (les enfants sont partis), il n’y a aucune raison pour le moment qui pousserait Paul-André David à déménager.

Outre la déco qui devait être mise au goût du jour, ce qui signifiait surtout exit le papier peint, quelques travaux ont été réalisés au fil du temps. « On a adapté la maison à nos besoins en commençant par rénover la cuisine et la salle de bains à l’étage, question de confort. Ensuite, toutes les fenêtres et les portes ont été remplacées pour être plus efficaces d’un point de vue énergétique. Nous avons finalement ajouté une pièce à l’arrière, un bel espace ensoleillé, parfait pour la lecture et les déjeuners », détaille le propriétaire.

Déménager ? Le couple y a songé. « Je voyageais beaucoup pour le travail, entre Gatineau, Québec et Montréal, se souvient Paul-André David. J’ai proposé à la famille de se rapprocher du centre, mais j’ai essuyé un refus catégorique de la part des enfants. Il faut dire qu’ils ont tous quitté la maison vers 18 ou 19 ans. Ils ont toujours été très attachés à la maison familiale. »

Maintenant à la retraite, bien que la résidence soit relativement grande pour le couple, il n’y a aucune raison pour le moment qui pousserait Paul-André David et Micheline Maillé à déménager. Comme les enfants ont fait leur vie à Gatineau et Montréal, la maison des David est devenue un point de ralliement au centre des deux pôles : « C’est une maison qui accueille tous les membres de la famille et leurs amis. La porte est toujours ouverte, assure M. David, un sourire dans la voix. C’est à la fois notre maison et la leur. »

Papineauville et la tranquillité

La municipalité n’a pas beaucoup changé en 34 ans, mis à part quelques nouveaux équipements sportifs, une marina et une offre de services bonifiée pour les jeunes enfants.

« Le gros changement, c’est la construction de l’autoroute 50 qui passe au nord. Non seulement c’est plus calme sur la route 321 Sud ou la route 148, mais c’est aussi plus rapide pour se rendre à Gatineau ou Montréal », estime M. David, en ajoutant dans la foulée qu’avec le temps, de franches amitiés se sont forgées dans la Petite-Nation et qu’il serait bien difficile de les laisser derrière. En effet, lorsque l’on est si bien chez soi, dans une maison qui a été marquée par les rires, les confidences, les rêves et les surprises, pourquoi vouloir déménager ?

Le bonheur des retrouvailles

Le temps des Fêtes qui approche à grands pas amène avec lui un vent d’excitation qui sonne les retrouvailles et les réjouissances pour la grande famille, parents, enfants, petits-enfants et amis. « À partir du 21 décembre, la maison se remplit et c’est comme ça pendant 15 jours ! Ça bouge partout, comme dans le temps », se réjouissent Paul-André David et Micheline Maillé.

Ainsi, chaque Noël, les souvenirs d’une autre époque reprennent vie, une pièce de théâtre mise en scène par des parents aimants, comme quoi même si le sable s’écoule dans le sablier, rien ne peut égaler le plaisir d’une mère ou d’un père qui voit ses enfants revenir à la maison. L’âge n’existe plus, les chambres d’amis redeviennent les chambres des enfants et pour la 35e fois, Saint-Nicolas descendra dans la cheminée pour garnir le pied du sapin rempli de boules et de décorations bricolées au fil des ans. Et c’est la cadette qui prend plaisir à aider, chaque année, à décorer la maison afin que la magie du temps des Fêtes se perpétue.