La vie en hauteur plaît. Elle plaît même beaucoup, a-t-on constaté à la suite d’un appel à tous. La vue, qu’elle soit sur l’eau, sur la ville ou sur la nature, qui change constamment au gré des saisons, explique en grande partie l’engouement pour l’altitude. Même si cela vient avec quelques désagréments. Tour d’horizon.

Danielle Bonneau Danielle Bonneau
La Presse

Toujours en mouvement

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Lucette Thériault s’assoit régulièrement sur son balcon pour observer ce qui se déroule sous ses yeux.

Paquebots, voiliers et cargos défilent devant les yeux de Lucette Thériault, qui ne s’en lasse jamais. Elle habite au 19e étage d’une tour d’habitation qui en compte 22, et qui se dresse devant la Voie maritime du Saint-Laurent, tout près de la station de métro Longueuil. L’immeuble était flambant neuf lorsqu’elle y a emménagé le 1er septembre 1976, avec son mari. Elle est tout aussi enchantée, 43 ans plus tard.

PHOTO FOURNIE PAR LUCETTE THÉRIAULT

Lucette Thériault ne se lasse jamais de voir des paquebots.

Les couchers du soleil ne sont jamais pareils.

Lucette Thériault

« J’ai une vue sur La Ronde et le pont Jacques-Cartier, explique-t-elle. Tout change au fil des saisons. Quand il y a du brouillard, j’aime entendre les cornes de brume des cargos, qui avertissent les bateaux de plaisance de leur présence. »

Le bruit de la route 132, à ses pieds, ne la dérange nullement. « Je ne l’entends plus, dit-elle. Cela fait partie de mon quotidien. Je m’y suis fait. »

Un sentiment de liberté

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Après avoir vécu dans une vaste maison avec un terrain bien aménagé, dans la pointe sud
de L’Île-des-Sœurs, Nathalie Jasmin recherchait un spacieux condo avec une terrasse privée.

Il y a deux ans, Nathalie Jasmin, Daniel Tremblay et leurs deux grandes filles Émilie et Camille ont troqué leur maison pour un vaste appartement sur deux niveaux tout en haut d’une tour de 26 étages, dans la pointe nord de L’Île-des-Sœurs.

« Nous voulions une terrasse, indique Mme Jasmin. Nous avons acheté la vue sur papier, en nous assurant qu’elle ne serait jamais bloquée. J’ai pleuré de joie quand nous sommes montés la première fois. »

Au sol, les tracas causés par la construction tout autour sont nombreux. Mais d’où elle se trouve, avec la vue sur le fleuve et la ville, elle n’est pas importunée.

« La cuisine, la salle à manger et le salon sont à aire ouverte, dit-elle. Je me sens libre. Cela a un effet calmant. Je vois des couchers du soleil comme on en voyait juste dans le Sud. C’est comme si j’étais en vacances. »

Mieux qu’au cinéma

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Huguette Corbo profite énormément de son balcon.
Elle s’assure que rien ne soit emporté par le vent, qui souffle parfois très fort.

Après avoir vendu sa maison, il y a 12 ans, Huguette Corbo a déménagé au 16étage d’un immeuble sur le flanc est du mont Royal, près du parc Jeanne-Mance. Elle pensait s’y poser pendant un an. Elle y est toujours, en raison de la vue et parce qu’elle peut tout faire à pied.

Elle passe beaucoup de temps sur son balcon et s’étonne de voir que très peu de ses voisins profitent du leur.

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Huguette Corbo aime observer le mouvement des nuages et le paysage,
qui change constamment au gré des saisons.

« Il peut venter fort, mais ce n’est pas tous les jours », indique-t-elle. Le bruit ? Il s’amplifie en hauteur, mais elle en fait fi. Elle s’accommode aussi des inconvénients inhérents à la vie dans une tour d’habitation : les ascenseurs et le stationnement souterrain.

« Si on veut la vue, il faut prendre ce qui vient avec », souligne-t-elle. Du salon, elle voit le centre-ville de Montréal et la montagne. De sa chambre, elle aperçoit les montagnes des Laurentides.

PHOTO FOURNIE PAR HUGUETTE CORBO

La nuit, la vue est toute autre. Les tours illuminées s’imposent au regard.

« J’aime observer le mouvement des saisons. Il y a aussi énormément d’oiseaux. C’est fabuleux. »

« La vie urbaine à son meilleur »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Deux facteurs ont incité François Huppé à acheter un condo au 15e étage du complexe Lowney sur ville, dans Griffintown : la vue et la présence d’espaces communs de qualité.

Quand il habitait au centre-ville de Montréal, François Huppé était dérangé par le bruit du compresseur, qui émanait de l’hôtel voisin.

Il a fait ses devoirs, en 2015, avant d’opter pour un appartement au 15e étage du complexe Lowney sur ville, dans Griffintown. Il a marché dans les environs à différents moments du jour et de la semaine pour connaître les bruits ambiants.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

De haut de la terrasse, au 22e étage, François Huppé a une vue superbe sur le centre-ville de Montréal.

La vue et la présence d’espaces communs de qualité ont guidé sa décision.

« On fait face à la ville, indique-t-il. Au lever, le soleil se reflète dans les vitres des édifices. Au coucher, c’est aussi spectaculaire. Le soleil prend toutes sortes de couleurs. »

Il n’a aucun regret, n’ayant pas été trop dérangé par la construction, qui achève dans son secteur.

« On a de grandes fenêtres, précise-t-il. C’est la vie urbaine à son meilleur. On vit avec la ville en toile de fond. »

Le charme d’un immeuble centenaire

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Éric Beauchemin s’est intéressé aux condos aménagés dans l’ancienne usine Northern Electric,
dans Pointe-Saint-Charles, dès qu’ils ont été mis en vente. Il lui fallait toutefois une belle vue.

Éric Beauchemin s’est intéressé aux condos aménagés dans l’ancienne usine Northern Electric, dans Pointe-Saint-Charles, dès qu’ils ont été mis en vente.

Il connaissait l’imposant immeuble, où avaient travaillé ses deux tantes. Avant d’acheter, il est parvenu à monter au 7étage pour avoir un aperçu de son appartement au haut plafond, totalisant 600 pi2. « C’était important de voir l’effet, révèle-t-il. Je voulais une belle vue. »

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Éric Beauchemin profite des espaces communs (piscine sur le toit, coin pour le barbecue, etc.). « D’en haut, précise-t-il, la vue est magnifique. »

Il a posé des questions pour savoir ce qui devait se construire autour et s’assurer que sa vue ne serait pas obstruée.

« On n’est à l’abri de rien, convient-il. Le bâtiment centenaire reste unique. J’aime aussi l’énergie à l’extérieur, avec le canal de Lachine juste à côté. »

Sa vue, qui s’étend du Centre Bell jusqu’au pont Samuel-De Champlain, qu’il admire à travers de grandes fenêtres, lui permet de relaxer. Il profite aussi des espaces communs (piscine sur le toit, coin pour le barbecue, etc.).

« D’en haut, précise-t-il, la vue est magnifique. »

La boucle est bouclée

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Après 40 ans de mariage, à l’approche de la retraite, Diane Charlebois
et Jacques Morin ont choisi d’habiter en hauteur, à Laval. La vue a été déterminante.

Après 40 ans de mariage, à l’approche de la retraite, Diane Charlebois et Jacques Morin ont fait le point.

« Je voulais une perspective et ne plus voir le voisin à l’arrière », indique Mme Charlebois. Dans leur courrier, une carte postale montrant un condo avec une vue superbe, en vente à 1,5 km de chez eux, à Laval, a capté leur attention. Deux mois plus tard, ils emménageaient.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Il y a deux ans et demi, Diane Charlebois et Jacques Morin ont dû se délester de beaucoup
de choses avant d’emménager dans leur appartement de 1250 pi2. Ils n’ont aucun regret.

Le plus difficile a été de s’installer dans un appartement de 1250 pi2, avec deux chambres

Diane Charlebois

M. Morin, qui s’ennuie parfois de son jardin, observe tous les matins la circulation sur le pont Papineau-Leblanc, heureux de ne plus avoir à le traverser. Voir la rivière et la ville au loin les enchante tous les deux.

« On boucle la boucle, révèle-t-il. On a vécu à Toronto au 7e étage, à Laterrière avec une vue sur la rivière Chicoutimi, puis à Laval. Tout ce qu’on avait aimé avant, on le retrouve ici. »

Un heureux compromis

PHOTO FOURNIE PAR JOSÉE PERREAULT

Josée Perreault et Yohan Chagnon ont pris beaucoup de précautions avant d’acheter leur condo au 27e étage d’un gratte-ciel, au centre-ville de Toronto. Lorsqu’ils ont visité leur appartement, ils ont eu un coup de cœur pour la vue. Avoir un balcon était aussi très important.

Josée Perreault et Yohan Chagnon ont pris beaucoup de précautions avant d’acheter leur condo au 27e étage d’un gratte-ciel, au centre-ville de Toronto.

Les prix étant très élevés (leur appartement de 1050 pi2 a coûté 1,225 million, soit 1167 $ le pied carré), ils se sont assurés de faire un bon investissement.

PHOTO FOURNIE PAR JOSÉE PERREAULT

Josée Perreault et Yohan Chagnon, qui habitaient auparavant dans le Vieux-Longueuil,
profitent de leur spacieux balcon malgré le bruit ambiant.

« En arrivant, il y a quatre ans, nous avons d’abord loué dans le quartier, à 15 minutes à pied du bureau, explique Mme Perreault. Le centre-ville est super bien développé. On a choisi la qualité de vie. »

Avant de visiter l’immeuble, ils ont vérifié que la location à court terme n’était pas permise et que la propriété était bien gérée. La vue vers la tour du CN et le lac Ontario ainsi que le balcon qui ceinture leur appartement ont été déterminants.

« On a eu un coup de cœur, précise-t-elle. C’est beau. C’est aussi très bruyant. On est au-dessus d’une autoroute et de voies ferrées. C’est un compromis. »