Des propriétaires nous ouvrent les portes de leur demeure d’exception, offerte sur le marché de la revente.

Valérie Simard Valérie Simard
La Presse

« Il faut voir le potentiel. » Ce conseil souvent donné par les courtiers immobiliers à leurs clients est un don que tous ne possèdent pas. Mais quand on a la chance d’en être doté, il en résulte des projets comme celui-ci : une maison ancestrale qui embrasse la modernité sans renier ses origines.

Quand Jean-Luc Murray et Denis Séguin ont acquis la maison en 2014, elle était sur le marché depuis deux ans. La jugeant trop chère au départ, ils ont laissé le temps passer, jusqu’à ce que le prix rejoigne leurs attentes, un an et demi plus tard. Ils habitaient alors un condo aménagé dans une ancienne école à Longueuil. « J’ai haï ça parce qu’il n’y avait rien à faire. Je voulais une maison à rénover », dit Jean-Luc Murray. Il a été servi. « On ne pensait pas en faire autant, ajoute son conjoint, Denis Séguin. Celle-là a été vraiment quelque chose. »

Construite vers 1905 dans le noyau villageois original de Varennes, aux abords du fleuve Saint-Laurent, la propriété avait jusqu’alors toujours appartenu aux familles Jodoin et Beauchemin. Elle est inscrite au Répertoire du patrimoine culturel du Québec pour ses éléments architecturaux Second Empire, un style né en France vers 1860 et populaire auprès de la bourgeoisie. Le toit à fausse mansarde en tôle et l’ornementation abondante, notamment au niveau des lucarnes, sont des caractéristiques de ce style dit éclectique. À l’intérieur, l’imposant escalier en bois massif et la tôle à motifs qu’on retrouve au plafond de toutes les pièces, sauf une, témoignent de la classe sociale des propriétaires originaux.

Au fil des ans, les anciens propriétaires, en plus d’y résider, ont exploité dans la maison une maison de chambres et une boutique de perles et de laine aménagée dans une vaste annexe construite dans les années 80, qui est aujourd’hui un loft. La véranda, à l’avant de la résidence, est aussi un ajout fait par les anciens propriétaires.

La maison d’alors avait un look bien différent de celle d’aujourd’hui avec sa brique jaune, son toit rouge et, à l’intérieur, un certain mélange de styles.

Les nouveaux propriétaires ont, entre autres, ramené la cuisine à son emplacement d’origine, enlevé le poêle à bois, mis en valeur le plancher original et réinstallé d’anciennes portes. « Le monsieur avait un grand garage de deux étages [qui était en trop mauvais état pour être conservé], raconte Jean-Luc Murray. Il avait gardé les portes, les cartouches pour les poignées, les moulures. C’est rare que tu trouves une maison et qu’il y a les éléments que tu peux réinstaller. »

PHOTO TIRÉE DE GOOGLE STREET VIEW

La façade de la maison, avant les rénovations

L’objectif du couple, qui n’en est pas à son premier projet de rénovation, était de mettre en valeur les éléments d’origine de la maison. « Mais pas maladivement non plus », précise M. Murray.

« À un moment donné, on voulait décaper tout le bas des murs. On a fait une pièce et on a arrêté. »

Ils ont fait tous les travaux eux-mêmes, sauf la plomberie et l’électricité.

Les planchers ont eux aussi présenté un défi de taille. Pour atteindre les lattes de bois d’origine, ils ont dû retirer plusieurs couches de revêtement qui, placées les unes sur les autres, faisaient environ deux pouces d’épaisseur. Il y avait du linoléum, des lattes de bois, de la styromousse et même de vieux journaux des années 50. Au terme des travaux, les propriétaires avaient retiré l’équivalent de trois conteneurs à déchets de matériaux qui avaient été ajoutés à la maison.

Bien qu’ils y habitent depuis cinq ans, ce n’est qu’il y a quelques semaines qu’ils ont mis la touche finale à leur projet, après y avoir investi de nombreux week-ends. « Le défi, c’est de la vendre à quelqu’un qui ne va pas stripper tout ça », dit M. Murray.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

La maison aujourd’hui

Pourquoi vendre maintenant ? Parce que Jean-Luc Murray a été nommé directeur général du Musée national des beaux-arts du Québec l’automne dernier et que la lourdeur des déplacements se fait sentir. Ils sont à la recherche d’une propriété à Québec qui saura combler leurs âmes de rénovateurs. « J’ai été formé en beaux-arts et ça me fait penser au processus de création, expose M. Murray. Le fun est dans faire quelque chose. Quand tu as fini, oui, tu as une fierté d’avoir fini, mais tu as juste envie de recommencer. On est un peu là avec cette maison. »

Une offre d’achat sous conditions a été acceptée pour cette propriété.

La propriété en bref

Prix demandé : 495 000 $

Année de construction : 1905

Superficie du bâtiment : Environ 2400 pi2

Superficie du terrain : 7011 pi2

Évaluation municipale (2019) : 371 700 $

Impôt foncier (2019) : 2578 $

Taxe scolaire (2019) : 523 $

Description : Maison ancestrale sur deux niveaux avec quatre chambres, deux salles de bains et une salle d’eau. Une annexe a été ajoutée au bâtiment principal dans les années 80 et a été transformée en loft par les propriétaires actuels. La maison a conservé plusieurs caractéristiques d’origine (escalier, plafond en tôle, arches et planchers de bois). Une véranda trois saisons a été aménagée à l’avant et une piscine creusée, ajoutée dans la cour. Deux espaces de stationnement se trouvent également sur le terrain.

Courtière : Daniela-Mary Muscalu, RE/MAX Platine

Consultez la fiche de la propriété : https://www.centris.ca/fr/maison~a-vendre~varennes/16535487