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Un marché immobilier trop cher pour les premiers acheteurs?

Josiane Cadotte, son conjoint Guillaume Champagne et leur... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE)

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Josiane Cadotte, son conjoint Guillaume Champagne et leur fille âgée d'un an et demi

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Yvon Laprade

Collaboration spéciale

La Presse

Dans un marché en surchauffe, de nombreux premiers acheteurs reportent leur projet d'acquisition... convaincus qu'ils n'en ont pas les moyens. D'autres trouvent des solutions originales pour accumuler une mise de fonds suffisante.

Acheter maintenant dans un marché qui surchauffe ou faire le choix de rester locataire en espérant que le marché se stabilise ? Cette question à 331 000 $ (prix médian d'une unifamiliale dans la région métropolitaine de Montréal) se pose avec plus de pertinence pour les premiers acheteurs, qui hésitent à sauter dans le train de l'immobilier.

« On est en plein là-dedans, mon conjoint [Guillaume Champagne] et moi, soupire Josiane Cadotte, 36 ans. La décision n'est pas facile à prendre et c'est rendu que j'en rêve la nuit ! »

Le couple dans la mi-trentaine, parents d'une fille âgée d'un an et demi, se plaît dans son grand cinq et demi en location, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, « à deux pas du marché Maisonneuve », précise Josiane, qui s'occupe du volet jeunesse à l'ACEF de l'Est de Montréal.

« En même temps, comme plusieurs de nos amis dans notre situation, ajoute-t-elle, on se dit aussi que c'est peut-être le moment d'embarquer dans la vague et d'accéder à la propriété. »

« On ne veut pas juste travailler pour payer [la maison ou le condo], on souhaite aussi continuer de voyager. Or, si on devient propriétaires, c'est certain qu'on va devoir faire des ajustements. »

Une dure réalité

Les préoccupations budgétaires du couple Cadotte-Champagne sont le reflet d'une réalité vécue par un nombre grandissant d'éventuels premiers acheteurs, qui font face à un marché immobilier favorable aux vendeurs.

En plus de l'importance de se constituer une mise de fonds raisonnable - 20 % du prix de la transaction, pour éviter d'avoir à faire assurer le prêt par la SCHL -, les premiers acheteurs doivent composer avec les contraintes de plus en plus sévères imposées par les banques lors du financement hypothécaire.

« On a une bonne mise de fonds, mais elle n'atteint pas 20 %, et si on achète, on va devoir payer plus cher pour passer par la SCHL, réalise Josiane Cadotte. Mais il n'y a pas que cela. Par exemple, les taux hypothécaires vont-ils monter ? »

Le conseiller financier André Lacasse a suggéré au... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE) - image 2.0

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Le conseiller financier André Lacasse a suggéré au fils d'un de ses clients qui projetait d'acheter une propriété avec une mise de fonds raisonnable d'habiter plus longtemps chez ses parents.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Elle n'est pas la seule à se poser ce genre de questions. « Tandis que les taux d'intérêt demeurent à des seuils historiquement bas, il n'est pas surprenant que les acquéreurs d'une première propriété de Montréal soient de plus en plus préoccupés par la mise de fonds, explique dans un communiqué Phil Soper, président et chef de la direction de Royal LePage. Les Montréalais voient la valeur des maisons grimper depuis trois ans. Plusieurs d'entre eux se demandent s'ils disposent de temps pour mettre plus d'argent de côté pour leur mise de fonds, ou s'ils devraient faire leur entrée sur le marché maintenant, tandis que les prix continuent de croître. »

Faire comme si...

Chose certaine, le couple Cadotte-Champagne continue de réfléchir, mais en étant proactif. « Depuis le début avril, on fait comme si on était propriétaires, souligne Josiane Cadotte. On a deux budgets : l'actuel, en tant que locataires, et celui de propriétaires d'un condo. On tente de voir combien on peut épargner en tant que propriétaires. Ça nous permet de voir ce que ça coûte, et on voit déjà que l'argent qu'on met là ne va pas ailleurs... »

Pour se faire guider, le couple a suivi une formation de quelques heures à l'ACEF de l'Est de Montréal portant sur l'accession à la propriété, la mise de fonds, les implications des prêts assurés par la SCHL, le régime d'accès à la propriété (RAP), etc.

« On sait qu'il y a un gros danger à trop emprunter pour acheter une maison et il ne faut pas toujours se fier aux évaluations des courtiers hypothécaires sur notre capacité d'emprunt, soulève-t-elle. Ce cours nous a éclairés sur plusieurs aspects touchant cette question. »

Économiser en... habitant chez ses parents !

Si certains premiers acheteurs misent sur l'aide financière de leurs parents, d'autres économisent en vue de la mise de fonds en faisant le choix d'habiter plus longtemps chez leurs parents. 

Le conseiller financier André Lacasse a lui-même conseillé le fils d'un de ses clients qui projetait d'acheter une propriété avec une mise de fonds raisonnable. « Pendant deux ans, raconte-t-il, tout en logeant chez ses parents, il a économisé 2000 $ par mois. Il faisait comme s'il était déjà propriétaire, en tenant compte des versements hypothécaires et des factures diverses, sauf qu'il déposait l'argent dans son compte de banque. » Résultat : le jeune homme de 25 ans, universitaire, a pu amasser 24 000 $.

« Bien entendu, les parents et leur fils s'étaient entendus, dès le départ, sur les objectifs à atteindre et tout s'est très bien déroulé », précise le planificateur. Le fils économe qui a pu compter sur la compréhension de ses parents est maintenant propriétaire d'un beau condo !

Des stratégies compliquées

Pour sa part, Jimmy Perreault, courtier chez Multiprêts à Montréal, s'avoue parfois impuissant à trouver une solution - du financement hypothécaire - pour ses clients. « Il arrive que certains doivent renoncer à leur projet d'acquisition parce qu'ils ne se qualifient pas selon les nouvelles règles hypothécaires, ou encore parce que l'un des deux conjoints est travailleur autonome et qu'il n'a pas un emploi soi-disant stable depuis un minimum de deux ans », explique-t-il.

Tout récemment, il a eu à faire des démarches pour un couple de jeunes acheteurs incapable d'obtenir du financement pour des raisons d'emploi.

« Ce qui peut sembler simple peut devenir très compliqué lorsque la banque pose ses exigences, soumet-il. Dans ce cas-ci, l'institution prêteuse demandait à l'un des parents d'intervenir [pour sécuriser l'emprunt] et encore là, il y avait des obstacles... »




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