Propriétaires et promoteurs nous ouvrent les portes de demeures d’exception, offertes sur le marché de la revente.

Valérie Simard Valérie Simard
La Presse

L’architecte montréalais d’origine grecque Dimitri Dimakopoulos a participé à la conception de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, de Place Ville Marie, du 1000 de la Gauchetière et de plusieurs pavillons d’Expo 67. Sa résidence personnelle, qu’il a dessinée et habitée jusqu’à sa mort en 1995, est aujourd’hui en vente. Bienvenue dans les années 60.

De l’extérieur, la maison n’a pas le côté victorien de ses voisines westmountaises. Construite en 1967, dans le style Mid-Century Modern, la résidence attire l’œil avec sa silhouette longiligne, ses grandes fenêtres verticales et sa combinaison de cèdre et de briques. À l’intérieur, l’esprit des années 60 est toujours bien présent : le plancher de céramique orangé dans la cuisine, le tapis olive dans l’escalier, la lampe en papier de Noguchi qui trône dans le salon sont tous le rappel d’une époque passée.

Le propriétaire actuel, Alex Sakiz, a acquis la maison en 1997, après la mort de Dimitri Dimakopoulos. « Je suis tombé amoureux de cette maison-là, dit-il d’entrée de jeu. M. Dimakopoulos avait deux filles et l’une d’entre elles m’a dit : “Ceux qui ont bâti les fondations de cette maison sont ceux qui ont fait les fondations de la Place Ville Marie.” Ça m’a rassuré. »

Si le style Mid-Century est très prisé aujourd’hui, il en allait autrement dans les années 90. « J’ai eu beaucoup de chance parce qu’à l’époque, ce style de maison n’était pas populaire, encore moins à Westmount, se rappelle Alex Sakiz. C’est un style de maison qui date d’Expo 67. Moi, j’adorais ce style-là. Je rêvais d’Habitat 67. » La résidence a d’ailleurs été sélectionnée pour être présentée lors de l’exposition 100 ans d’architecture, tenue en 2016 par la Ville de Westmount.

Un souci de conservation

Au fil des ans, M. Sakiz a tenu à conserver autant que possible la maison dans son état d’origine. La cuisine a été rénovée, mais dans le respect des plans originaux « millimètre par millimètre ». Un défi s’est présenté lorsqu’il a fait installer la climatisation dans la maison. L’entrepreneur a voulu retirer la chute à linge, ce que M. Sakiz a refusé. Il a finalement accepté l’ajout de niches dans quelques pièces pour accueillir la tuyauterie.

« Mon souhait, c’est que quiconque l’achète respecte le plus possible la maison d’origine. Bon, après, ils feront ce qu’ils veulent. Mais moi, je me suis dit : “Je vais être le garant du temps de cette maison le plus possible et respecter ce qu’il [l’architecte] avait fait. Je ne vais pas m’amuser à penser que je suis meilleur que lui.” »

Une thèse de maîtrise écrite à son sujet décrit Dimitri Dimakopoulos comme un homme discret. À la lumière de la façon dont il a conçu sa maison, Alex Sakiz parle d’un homme pratique également doté d’un sens de l’humour. « L’un des trucs les plus cute de la maison, c’est que son épouse avait une commode à laquelle elle était très attachée. Il a gardé les tiroirs de la commode et il a construit autour. C’est tellement une belle idée. On sent sa personnalité dans la maison. Il y a une gaieté. »

De la maison, M. Sakiz apprécie particulièrement la luminosité, l’espace de vie « qui fait qu’on est à la fois très proches et isolés », et l’intimité de la cour, même si les voisins ne sont pas bien loin. « Cette maison-là est en fait un tour de force parce qu’elle est bâtie sur un terrain qui est assez en pente, c’est assez étroit. Les gens lui disaient [à M. Dimakopoulos] : c’est ridicule, tu ne vas pas construire une maison ici. »

« Pour moi, c’est la plus belle maison au monde, ajoute M. Sakiz. Elle est belle, qu’elle soit comme ça ou en bordel. » Il la vend parce que son fils, qui était âgé de 2 ans au moment où ils y ont emménagé avec son ancienne femme, a quitté le nid… et la résidence est bien grande pour une seule personne.

Une offre d'achat vient d'être acceptée pour cette propriété.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Le propriétaire actuel de la maison, Alex Sakiz

La propriété en bref

Prix demandé : 2 280 000 $

Année de construction : 1967

Superficie du bâtiment : environ 2000 pi2 (excluant le sous-sol)

Superficie du terrain : 4458 pi2

Évaluation municipale (2015) : 1 488 400 $

Impôt foncier (2019) : 12 580 $

Taxe scolaire (2018) : 2567 $

Description : Maison sur deux étages, avec une mezzanine et terrasse sur le toit ainsi qu’un sous-sol aménagé. Quatre chambres, deux salles de bains et une salle d’eau, foyer au bois, plafonds lambrissés de cèdre, stores sur mesure intégrés, garage.

Courtier : Joseph Montanaro, Sotheby’s International Realty