À Sept-Îles, le prix médian des propriétés résidentielles a chuté de 45 000 $ en seulement cinq ans. Une baisse qui crée des remous sur la Côte-Nord, mais qui s'explique par l'éclatement d'une bulle économique.

Mis à jour le 26 févr. 2018
Samuel Larochelle LA PRESSE

En effet, le prix médian était passé de 175 000 à 235 000 $ entre 2010 et 2012. Une inflation largement provoquée par le Plan Nord, selon Marc Pelletier, courtier immobilier. «On a vu des compagnies s'installer ou annoncer qu'elles s'établiraient chez nous, et des constructeurs de maisons de l'extérieur qui pensaient faire fortune ici, dit-il. Mais quand la bulle basée sur des milliards de dollars a éclaté, le marché immobilier a subi les contrecoups.»

Son confrère André Lessard abonde dans le même sens. «On a vu une augmentation foudroyante des prix, les particuliers donnaient dans la surenchère, et les maisons se vendaient à des prix énormes, explique le courtier. Et comme le Plan Nord n'a pas décollé, plusieurs personnes ont perdu leur emploi. Elles ont laissé leur maison, et plusieurs ont eu des reprises de finance.»

Avec l'arrivée massive de propriétés sur le marché, les prix ont cassé, ce qui a provoqué beaucoup de grogne chez les vendeurs. «L'évaluation municipale, basée sur l'année 2014, représente entre 104 et 107 % de la valeur des maisons aujourd'hui», illustre M. Lessard. 

«Les gens se disent: "Ma maison vaut ce prix-là". Mais on doit leur dire que leur maison évaluée à 300 000 $ va devoir se vendre entre 15 et 20 % de moins que l'évaluation, si elle est encore en bon état...»

Marc Pelletier affirme que la ville subit sans cesse des vagues immobilières. «Historiquement, Sept-Îles vit des tsunamis: de fortes hausses et de fortes baisses des prix.»

Cela dit, les annonces d'investissements de grands employeurs comme ArcelorMittal, Port de Sept-Îles ou l'Aluminerie Alouette sont en train de stabiliser le marché. «Les gens sont plus positifs, affirme-t-il. Mais je dois quand même me battre avec les vendeurs qui ont acheté leur maison à des prix très élevés en leur expliquant que ça ne représente plus les prix du marché. Ceux-ci n'ont pas tant baissé qu'ils se sont replacés.»

André Lessard croit que la chute des prix se calme, mais il précise que la région a encore mal. Et ce, malgré certaines annonces économiques encourageantes. «Cet automne, la mine du lac Bloom a annoncé l'embauche de centaines de personnes, mais ça ne veut pas dire qu'elles viennent toutes de Sept-Îles. Je ne vois pas comment 50 personnes de chez nous engagées vont aider la ville. Trop souvent, les emplois sont en mode "fly in, fly out", avec des employés qui travaillent dans le Nord et qui repartent vivre ailleurs au Québec.»

En chiffres

> 22 218: Nombre d'habitants

> 83 824 $: Revenu moyen des ménages

> 190 000 $: Prix médian d'une maison unifamiliale

> 19 %: Baisse du prix médian des propriétés depuis 2012

Sources: Statistique Canada, Fédération des chambres immobilières du Québec

Photo fournie par le Port de Sept-Îles

Le port de Sept-Îles