Au moment où vous lisez ces lignes, Alain Lachapelle vogue probablement déjà vers le sud. Ce matin, il a largué les amarres d'une marina du lac Champlain en direction de New York. C'est dans les eaux chaudes de Saint-Martin que mouillera le Sonora V cet hiver. Un bateau sur lequel il passe entre trois et six mois par année.

Mis à jour le 24 sept. 2015
Marie-Ève Morasse LA PRESSE

«Mon bateau, c'est mon poumon», martèle le comptable de 56 ans. Ce voilier, son cinquième à vie, est aussi le plus grand. Le premier avait 22 pi de longueur, celui-ci en fait un peu plus du double.

Alain Lachapelle nous avait parlé de sa résidence secondaire comme d'un «palace». Il n'avait pas menti. Avec ses quatre chambres et ses deux salles de bains, le Sonora V en impose. «J'ai une maladie, l'allongite, dit-il à la blague. Ce n'est pas le syndrome du voisin gonflable, c'est différent. Ma vie s'est améliorée financièrement au cours des années. J'ai un plus gros bateau pour pouvoir amener plus de monde avec moi.»

Sa femme n'ayant pas la même passion pour la navigation, il est souvent accompagné d'amis, parfois de ses employés «extraordinaires». «Ils me permettent de vivre ce que je vis, je leur permets de venir se prélasser sur mon bateau», explique Alain Lachapelle.

En matière d'aménagement, le capitaine a gagné en expérience au fil de ses acquisitions de bateaux. «C'est comme une maison. On entre dans sa première maison et on sait déjà ce qu'on fera différemment avec la deuxième», dit-il.

Acquis à Saint-Martin, le Sonora V est un ancien bateau de location dont l'intérieur a été entièrement refait par le propriétaire. «Il manquait d'amour», résume-t-il. Côté décoration, toutefois, pas de flafla. Un téléviseur à écran plat contraste dans le décor somme toute assez dépouillé. L'utilitaire prend le pas sur le cosmétique dans cet espace qui héberge un navigateur qui en a vu d'autres, y compris des traversées de l'Atlantique.

«Les bateaux, c'est rendu plastique. Ils nous vendent un voilier avec un pot de fleurs... Ne va pas en mer avec ça, parce que le pot de fleurs, il va prendre le bord!», illustre Alain Lachapelle, qui reprendra justement la voie de l'Atlantique au printemps pour se rendre aux Açores.

N'empêche, il navigue en eaux confortables. Chacune des chambres compte deux garde-robes, chaque salle de bains dispose d'une douche, le téléviseur est assorti d'un lecteur DVD. «On n'est pas au Reine Elizabeth, mais on s'habitue. Je vis avec ça.»

Pour l'homme qui vit habituellement dans une grande maison à Terrebonne, n'y a-t-il pas quelque chose qui manque à son bonheur, lorsqu'il est à bord? «À part ma femme? Rien.»