Pour la prochaine année, la tendance en céramique résidentielle est à la fois à la minceur et à la générosité. Fine en épaisseur, mais étendue en surface. Le tout reste sobre, dans les tons neutres : on joue davantage avec les textures et les finis qu'avec les couleurs. Ce qui n'empêche toutefois pas les petites touches d'excentricité.

LE SOLEIL

Chez l'importateur Ciot, la directrice du marketing, Kristina Panzera, indique que les blancs et les noirs seront en vogue pour les prochaines années, seuls ou combinés. Dans la cuisine, mais surtout dans la salle de bains. «Le noir va avoir plus d'impact dans une salle d'eau ou une petite pièce, alors que le blanc est utilisé à toutes les sauces, dans toutes les pièces.» Le lustré aussi revient en force, mais il est toutefois déconseillé dans la salle de bains puisqu'une goutte d'eau qui y sèche laissera sa marque.

Le brun et le gris aussi sont populaires. Les clients préfèrent opter pour une couleur qui survivra aux modes, quitte à changer la teinte des murs plus souvent, note-t-on chez Céragrès. Les carreaux polis, plus brillants, se marient avec le mat et le semi-poli. Claudette Duguay, responsable de la salle de montre à Québec, indique que les tuiles rectangulaires s'imposent toujours, mais que le grand carreau, jusqu'à 36 pouces sur 36 pouces, attire de plus en plus l'attention.

La tuile «24 pouces par 24 pouces commence à prendre de l'importance, surtout dans l'imitation de pierre naturelle», remarque de son côté Mme Panzera, précisant que les carreaux plus petits deviennent de plus en plus difficiles à dénicher.

Doris Saint-Pierre, responsable de la salle de montre pour le distributeur de tuiles de céramique Ceratec à Québec, abonde dans le même sens : les grands formats sont in. Aussi, elle a remarqué des gris un peu plus violacés et des bruns un peu plus rosés, question de «les intégrer aux autres couleurs qui s'en viennent».

Simplicité

Les propriétaires recherchent un look contemporain, plus épuré. «Moins de tuiles, moins de joints, c'est plus simple», explique Mme Duguay. On expérimente davantage avec les textures et les finis. Mme Panzera proposerait par exemple, dans une salle d'eau, un fini naturel au plancher, avec du ligné ton sur ton pour les murs.

La technologie numérique permet également, depuis deux ans, de recréer plus fidèlement les motifs de pierre. En fait, on photographie une grande surface naturelle pour reproduire le tout sur la porcelaine. Les carreaux ont alors beaucoup moins de risques d'arborer les mêmes lignes. Chez Céragrès, à Québec, on peut d'ailleurs même observer des traces de fossiles sur des tuiles de porcelaine imitant l'ardoise.

Le goût pour les mosaïques et les effets miroirs perdure. Les touches métalliques s'imposeront d'ailleurs davantage en 2011. On remarque aussi des tuiles - plus coquettes - à effet papier peint. Ornées de motifs baroques ou linéaires, elles sont surtout utilisées à petites doses pour créer des accents, ou en rangées sur les murs derrière les lavabos.

Et les veinures sont encore de mise. Grâce à la technologie, on croit au même matériel que le marbre, avec un effet de profondeur. «On s'en sert pour aller chercher le même look pour le plancher de la cuisine que les populaires comptoirs en granit», soutient Kristina Panzera.

Robustes

De nouvelles porcelaines ultraminces ont aussi vu le jour. Fines mais robustes, ces tuiles de 3,5 mm d'épaisseur peuvent être posées à même l'ancienne surface. Le matériau est plus dispendieux, mais on économise sur le coût de la main-d'oeuvre, note Mme Panzera. Ces carreaux, produits en large format, d'un mètre par un mètre, par exemple, peuvent s'avérer intéressants pour concevoir une douche.

Chez Céragrès, on remarque des changements chez les demandes des consommateurs. Ils sont de plus en plus nombreux à installer de la céramique à la grandeur d'un étage de leur maison, au lieu de se concentrer dans la salle de bains et la cuisine. Tout le rez-de-chaussée, par exemple. Les carreaux montent également sur les murs, surtout dans la salle de bains.