Les fameuses visites libres du week-end sont toujours très prisées. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: 20% des transactions sont faites à la suite d'une visite libre, signale Nathalie Clément, directrice de La Capitale Mont-Royal.

Publié le 22 nov. 2010
Marie-France Léger LA PRESSE

Et selon une étude non scientifique réalisée par nulle autre que moi-même, sachez que les visites libres sont fréquentées aussi par ceux que nous appellerons les spotteux, c'est-à-dire ceux qui donnent des informations à leurs proches et amis intéressés à acheter une propriété. «Il y a beaucoup de courtiers qui sont dans la carrière aujourd'hui et qui ont commencé comme ça», indique Mme Clément.

 

Mme Clément confirme que les visites libres sont aussi courues par une autre clientèle inévitable: les senteux, c'est-à-dire les voisins qui viennent comparer et s'informer du prix du marché. Tout cela sans oublier une petite frange composée de dames qui viennent en équipe, par deux, se renseigner chez les autres sur la décoration.

«Il y a de véritables acheteurs en visite, c'est certain. On a besoin de voir, de toucher, de sentir si on est bien dans un endroit. Mais il y a aussi les spotteux, les indics, ceux qui sont au courant de tout et qui visitent pour les autres, la famille, les amis. Le marché, c'est aussi ça, ce sont les gens qui se promènent. Les clients qui se préviennent. Ça donne une belle exposition.»

Selon Nathalie Clément, la visite libre est en soi un processus excitant, car... il est libre! Le processus d'achat, dit-elle, pour de véritables acheteurs, prend de deux à trois mois. Après la première sélection sur l'internet, on va sur place pour voir si on se qualifie: à savoir si nos besoins correspondent au budget qu'on s'était fixé.

Faire le saut

La spotteuse Josée Durand, 28 ans, a ainsi magasiné pour les autres par passion de l'immobilier pendant quelques années avant de devenir... courtier chez La Capitale. Elle passait des heures sur l'internet, sur tous les sites des entreprises, trouvait des sites inconnus et des blogues contenant le nom de rues recherchées. Elle aiguillait ensuite amis et connaissances sur les visites libres. «J'ai magasiné beaucoup pour les autres. Je trouvais les adresses pour les autres. Je le faisais il y a quelques années, quand les jeunes de mon âge commençaient à vouloir s'installer. Dans cinq ou six cas, les gens ont acheté ou loué grâce à moi. C'était une grande satisfaction», m'a-t-elle raconté.

La fibre de l'immobilier a toujours habité Josée. Elle se demandait même si elle ne serait pas architecte. Mais elle remet ça à plus tard. Retour en arrière: il y a quelques années, elle fait des études en soins infirmiers (oui, oui!) pendant quatre ans puis part un an en Californie. Au retour, elle se réoriente. Comme elle connaît une copine dans le milieu de la télé, elle devient souffleuse sur les plateaux de tournage. Elle a adoré ça. Mais le problème: le matériel est trop lourd et comme elle doit le déplacer chaque fois, elle abandonne. Poussée par sa passion des maisons, elle finit par faire le saut. «Avant, de toute façon, j'aurais eu l'air trop jeune. Les gens ne m'auraient pas prise au sérieux.»

Le conseil de Josée

Pour les acheteurs, il est toujours intéressant d'aller dans les visites libres de façon à se faire une meilleure idée: c'est-à-dire passer toutes les informations «dans l'entonnoir». «On passe incognito. On sent moins de pression. Les acheteurs qui ont déjà un courtier, eux, devraient l'aviser qu'ils vont à telle ou telle visite libre pour que celui-ci puisse continuer à les représenter.»