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Vie de quartier

Sainte-Pétronille: la paix au Bout-de-l'île

Le prix des maisons a littéralement explosé à...

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Le prix des maisons a littéralement explosé à Sainte-Pétronille au cours des dernières années.

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Marc Allard
Le Soleil

Le premier mot qui vient en tête, quand on met les pieds pour la première fois à Sainte-Pétronille, est pittoresque. Parce que le paysage, tant en regardant vers l'intérieur du Bout-de-l'île que l'extérieur, mérite d'être peint.

L'intérieur, c'est un petit village en pentes, avec ses maisons rustiques éparpillées dans les boisés. L'extérieur, c'est le meilleur panorama qu'offre l'île d'Orléans: on peut à la fois contempler les côtes de Lévis, la chute Montmorency et les fortifications du Vieux-Québec sur le cap Diamant. Bref, ceux qui y vivent jouissent de la beauté au quotidien.

Chargé d'histoire

Fondé en 1870, le village de Sainte-Pétronille est le plus jeune de l'île d'Orléans. Son occupation remonte toutefois aux débuts de la Nouvelle-France. En 1651, il fut le lieu d'implantation de la première mission religieuse par les Jésuites, qui y avaient accueilli les Hurons, pourchassés par les Iroquois. En 1759, le général Wolfe en avait fait l'un de ses quartiers militaires pour mener le siège de Québec et surveiller la région.

Sur la pointe sud-ouest de l'île, où est située Sainte-Pétronille, la terre est moins riche que dans les autres secteurs. On y cultive peu. C'est ainsi qu'à partir du milieu des années 1850, avec la construction d'un quai et une circulation régulière de bateaux à vapeur entre Québec et l'île, Sainte-Pétronille voit son territoire soumis à la nouvelle mode de la villégiature. Conquis par le paysage, les bourgeois majoritairement anglophones de Québec viennent y passer l'été. Et bientôt, la Pointe se couvre de chalets et de villas.

Nombre de personnalités qui ont marqué l'histoire du Québec ont passé des étés à Sainte-Pétronille. Parmi les plus illustres figurent l'homme politique et diplomate Raoul Dandurand et son épouse Joséphine Marchand (1861-1925), journaliste et femme de lettres. Ainsi que le grand peintre Horatio Walker, qui avait établi sa maison et son atelier dans la rue qui porte aujourd'hui son nom. Au début des années 40, le jeune René Lévesque a souvent séjourné à Sainte-Pétronille, chez son beau-père Albert Pelletier. Certains se souviendront aussi que le chanteur René Simard et sa famille ont habité plusieurs années dans le village.

Vieillissement

Aujourd'hui encore, des artistes, des écrivains, des comédiens, des journalistes, des juges, des hommes politiques, des professeurs ont élu domicile à Sainte-Pétronille. Autour d'eux, certaines familles résident dans le village depuis plusieurs siècles : les Blais, les Châtigny, les Laflamme, les Paquet, les Rousseau, les Plante, les Émond, les Leclerc, etc.

Marcel Laflamme, lui, a grandi à Sainte-Pétronille et y restera sans doute toute sa vie. Propriétaire de la populaire chocolaterie sur le chemin du Bout-de-l'île, il est aussi conseiller municipal. Témoin privilégié de l'évolution de son village, c'est avec un brin de nostalgie qu'il constate le vieillissement de ses habitants et leur atomisation.

«Avant, c'était un village où il y avait beaucoup d'entraide. Où les gens se connaissaient tous, énonce-t-il. Les enfants allaient à l'école ensemble, ça crée des chicanes, mais aussi des liens. Là, beaucoup de gens y viennent, achètent une maison et veulent avoir la paix, rien qui se passe.»

Prisée pour sa tranquillité, sa beauté et sa proximité avec la ville, Sainte-Pétronille est devenue très chère. Les maisons se vendent rarement à moins de 300 000 $. Les jeunes familles ne peuvent plus les acheter. Et elles deviennent la propriété de riches professionnels ou de retraités. Notamment d'Américains, qui en font leur chalet.

Résultat, la population vieillit et le village peine à recréer une vie communautaire. «Moi, je me souviens qu'il y a 15 ans, au terrain de jeu, il y avait à peu près 65 enfants. Cette année, ils ont eu de la misère à en avoir 30», dit M. Laflamme.

Ainsi le village s'apparente-t-il de plus en plus à une ville-dortoir. Sauf l'été, quand les touristes débarquent en masse sur l'île!

Catégorie : Consommation




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