Un jardin à découvrir

François Marcil n'arrête jamais, cherchant constamment à bonifier... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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François Marcil n'arrête jamais, cherchant constamment à bonifier son jardin. Celui-ci a pris une ampleur que l'homme d'affaires n'avait pas prévue.

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Tout a commencé avec des roses. En voyage dans le Maine, il y a une vingtaine d'années, François Marcil a eu un véritable coup de coeur pour des hybrides de thé. Il a planté une centaine de rosiers dans son terrain, dès son retour à Saint-Sauveur.

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L'homme d'affaires laisse libre cours à sa passion pour le jardinage depuis plus de 20 ans. Il veut que d'autres profitent de ce qu'il a créé.

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Il s'est donné beaucoup de mal pour construire le pont de l'amour et le décor idyllique tout autour. Les pierres des murets, qui surplombent le lit de l'ancienne rivière, proviennent de la ferme où a grandi le septuagénaire.

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Il s'était pourtant promis de ne plus enlever de mauvaises herbes. Élevé sur une ferme, il avait tellement désherbé le potager, quand il était jeune, qu'il n'avait jamais retouché à des plantes depuis. La beauté des roses a réussi à lui faire changer d'idée en allumant une passion qui sommeillait en lui.

« J'ai repris goût à la terre », indique l'homme d'affaires, qui ne fait jamais les choses à moitié. Passionné, il a agrandi graduellement son jardin, en lui donnant une ampleur qu'il n'avait pas prévue. Si bien qu'en plus de s'en occuper constamment, il emploie trois jardiniers (deux femmes et un homme). Et cela ne comprend pas la tonte du gazon.

« La vie m'apporte cela, explique-t-il. C'est comme mes quincailleries. Je ne me suis pas dit qu'un jour j'aurais une chaîne de magasins et un chiffre d'affaires de 235 millions. J'ai acheté le commerce de mon grand-père, à Sainte-Clotilde-de-Châteauguay, avec mon père, ma mère et mon oncle, et j'ai fini avec 17 centres de rénovation, vendus il y a deux ans. C'est pareil pour le jardin. Je n'ai jamais voulu qu'il devienne si grand. »

Il a commencé à concevoir la plus récente section il y a trois ans et y a mis beaucoup d'énergie.

« La partie la plus nouvelle est toujours ma préférée », dit-il en souriant, prenant plaisir à faire découvrir le pont de l'amour, entièrement en cèdre, qu'il a lui-même patiemment fabriqué au-dessus du lit d'un ancien ruisseau desséché.

« Il n'y a presque plus de ponts couverts au Québec, indique-t-il. Pourquoi ne pas en faire un ? Je me suis inspiré d'un pont, intitulé The Love Shack, que j'ai vu sur l'internet. »

Son ingéniosité et son habileté le surprennent lui-même. « J'ai fait les ouvertures en forme de coeur et j'ai écrit le nom avec ma scie électrique, révèle-t-il. J'ai fait les cadrages avec des branches de cèdres coupés. Ç'a été de l'ouvrage ! »

Surtout, il a créé un décor tout autour, en prévoyant un mécanisme pour faire couler de l'eau sous le pont, lorsque désiré. Ce dernier donne accès à un sentier, sous les arbres, qui mène à une longue série de marches permettant d'admirer de plus près la rivière à Simon, qui borde le terrain.

Ailleurs, ce sont des sculptures, judicieusement intégrées dans des massifs de fleurs, qui attirent l'attention. Les oeuvres en cèdre ou en bois de rivage de l'artiste Michel Giroux, qui représentent une fillette en train de lire, un enfant sur une balançoire ou un énorme paon, étonnent ou attendrissent les promeneurs au détour du chemin. En tout, une vingtaine de sculptures trouvent leur place au milieu des milliers de roses et de vivaces, qui égaient chacun leur tour l'immense propriété de plus de 7 acres.

Le photographe Perry Mastrovito, qui n'immortalise depuis 12 ans que des demeures et des jardins, a inclus le Jardin de François dans son livre Jardins privés du Québec, qui renferme plus de 375 photos, prises à 32 endroits différents.

« Le jardin est remarquable à cause de sa dimension, fait-il remarquer. Beaucoup de choses attirent l'oeil. Ce qui est intéressant, aussi, c'est que François Marcil travaille lui-même dans le jardin, avec ses employés. Il est vraiment dévoué. J'admire cela. Il a fait quelque chose de bien et le partage, pour une bonne cause. »

Ouvert aux visiteurs

L'homme de 70 ans, qui est très impliqué dans sa communauté, ouvre en effet les portes de son jardin tous les samedis, jusqu'au 15 août, et certains mercredis. Avec des bénévoles, il guide lui-même les visiteurs à travers sa création. Pendant plus de deux heures, il répond à leurs questions. Il les invite même, vers la fin, à explorer la splendide cabane dans les arbres qu'il a réalisée pour ses huit petits-enfants.

Sa visite des Jardins de Quatre-Vents, à La Malbaie, en 2010, a été une grande source d'inspiration. Ceux-ci, considérés comme faisant partie des plus beaux jardins privés en Amérique du Nord, sont accessibles quelques jours par année, en échange d'un don, remis au Centre écologique de Port-au-Saumon.

« Je veux que d'autres profitent de mon jardin, indique M. Marcil. Je me demandais quelle cause appuyer et j'ai finalement choisi la Société Alzheimer des Laurentides. Chaque fois que j'accueille 80 personnes, qui font chacun un don de 25 $, je peux verser 2000 $ à l'organisme. »

Des myosotis, devenus le symbole de la Société Alzheimer, sont d'ailleurs visibles à différents endroits. Discrètement, les petites fleurs bleues rappellent la mission que s'est donnée le propriétaire. Une mission qu'il prend très au sérieux.




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