Non, je ne reviendrai pas sur les écureuils voraces qui ont mangé mes bulbes de crocus. Cela pourrait sembler obsessif, comme le soulignaient certains lecteurs qui ont commenté le sujet. Daniel Paradis, de Gatineau, par exemple, déplore de me voir ainsi privilégier le règne végétal par rapport au règne animal.

Pierre Gingras
Pierre Gingras LA PRESSE

Pourtant, je côtoie les écureuils depuis des décennies; je les ai même nourris à plusieurs occasions et... je n'en ai encore jamais mangé. Les textes sur le sujet faisaient surtout état de plusieurs expériences personnelles démontrant l'inefficacité des nombreux répulsifs vendus sur le marché. Passons à autre chose.

Maintenant, ce sont les lapins à queue blanche et les mulots qui ont pris la relève. Les lapins (ce ne sont pas des lièvres: ils sont plus peties et restent bruns l'hiver) ont déjà mangé la plupart des tiges de rosiers qui n'étaient pas couverts de terreau ou de neige.

La situation est sans gravité sauf qu'habituellement, ce mets n'est qu'une petite entrée, un prélude au grand repas que constituent les azalées, les rhododendrons et plusieurs autres arbustes. J'ai constaté aussi plusieurs traces de mulots, plus nombreuses que par le passé, ce qui laisse croire que l'écorce de certains arbustes pourrait être dévorée au cours de l'hiver. Et cette année, je n'ai pris aucune mesure préventive à ce sujet. Ma foi, il est parfois difficile de concilier le jardinage avec la nature.

Je me souviens, il y a une quinzaine d'années à peine, avant que ma petite ville de banlieue ne devienne un monstre aux ambitions territoriales jamais satisfaites, ce sont les chevreuils qui venaient manger mes bourgeons d'hémérocalles juste avant qu'ils ne fleurissent. Le plus étonnant, c'est que je ne les ai jamais vus. Mais les traces ne laissaient aucun doute sur leur culpabilité.