Ses fleurs sont d'un bleu divin. Impossible de ne pas aimer. Voici le plumbago, un arbuste considéré souvent comme une plante d'intérieur chez nous en raison du climat, même s'il préfère avant tout passer l'été à l'extérieur sous le soleil.

Pierre Gingras
Pierre Gingras LA PRESSE

Ses fleurs sont d'un bleu divin. Impossible de ne pas aimer. Voici le plumbago, un arbuste considéré souvent comme une plante d'intérieur chez nous en raison du climat, même s'il préfère avant tout passer l'été à l'extérieur sous le soleil.

 Durant un bon trois mois, jusqu'au gel, il donnera alors sa pleine mesure, c'est-à-dire des centaines et des centaines de fleurs délicates, regroupées en petits bouquets. Des fleurs qui n'émettent aucune odeur particulière. Mais peu importe le parfum quand la beauté est sublime.

 Les plumbagos doivent leur nom à une légende qui leur attribuait le pouvoir de guérir les empoisonnements par le plomb. On en compte une quinzaine d'espèces, mais le plus connu est Plumbago auriculata, originaire de l'Afrique du Sud. D'ailleurs, si on utilise l'appellation latine au Québec pour désigner la plante, en Europe on parle plutôt de la dentelaire du Cap, un terme qui est lui aussi attribuable à une légende farfelue voulant que la beauté soulage les maux de dents.

 Si elle est vivace là où le climat le permet et qu'elle s'est même échappée de culture à certains endroits, notamment dans l'archipel d'Hawaii, la dentelaire est vendue chez nous en pot, sous forme d'un arbrisseau qui pourrait devenir très encombrant si on ne le taillait pas de temps à autre, habituellement une fois par année. Dans son milieu naturel, il peut atteindre jusqu'à 6 m.

La dame en bleu

 À la maison, il faut lui trouver un endroit où passer l'hiver au frais. Une période de repos essentielle pour qu'il soit en pleine forme le printemps venu. Car le plumbago supporte difficilement l'atmosphère hivernale chaude et sèche de nos appartements. Dès qu'un premier gel s'annonce, on doit donc le remiser dans un endroit frais, si possible à une température variant de 7 à 10° C, comme dans un garage non chauffé ou encore une chambre froide. C'est justement la méthode préconisée par Normande Beaudoin, de Boucherville, une enseignante à la retraite qui a jeté son dévolu sur les plumbagos il y a quelques années.

 Je passais devant sa résidence, il y deux ou trois semaines, au moment où elle faisait l'inventaire de ses plants tous installés sur le parterre, une splendeur qui obligeait les automobilistes à ralentir. Plusieurs de ses plants ont 4 ou 5 ans et atteignent 1,5 m. C'est sans compter évidemment les quelques dizaines qu'elle a donnés aux amis au fil du temps, tous obtenus à partir de boutures. Mme Beaudoin en fait aussi de magnifiques jardinières. Les plumbagos ne sont pas des plantes grimpantes, mais ils se prêteront volontiers à l'exercice si on leur donne l'occasion de le faire avec un tuteur ou un treillis par exemple.

 

Photo Robert Mailloux, La Presse

Le bleu de la dentelaire du Cap est unique.