Contrairement à ce qui se passe dans le nord des États-Unis, les jardineries et pépinières québécoises offrent un choix très limité de lis parmi les bulbes d'automne. Pourtant, les comptoirs postaux horticoles qui font affaire au Canada en tiennent de nombreuses variétés, justement pour la plantation automnale.

Mis à jour le 2 oct. 2007
Pierre Gingras
Pierre Gingras LA PRESSE

Contrairement à ce qui se passe dans le nord des États-Unis, les jardineries et pépinières québécoises offrent un choix très limité de lis parmi les bulbes d'automne. Pourtant, les comptoirs postaux horticoles qui font affaire au Canada en tiennent de nombreuses variétés, justement pour la plantation automnale.

 Par exemple, plusieurs clients de la maison Les champs fleuris, de Saint-Lambert-de-Lauzon, dans la région de Québec, un comptoir postal spécialisé notamment dans la vente de lis, attendent le mois de septembre pour faire leurs commandes. Selon le proprio, Alain Beauchemin, ces amateurs préfèrent planter à ce temps-ci de l'année, tout simplement parce qu'ils disposent de plus de temps qu'au printemps, grande période d'effervescence horticole. Certains amateurs vont même creuser leurs trous immédiatement et les combler de papier journal pour être fins prêts si jamais les lis leur sont livrés après les premiers gels. Il suffit alors d'éliminer le papier pour y insérer le bulbe et le tour est joué.

Mais d'autres raisons militent pour une plantation à la fin de septembre ou en octobre plutôt qu'en mai. D'abord, les bulbes auront plus de temps pour s'établir, ce qui ne peut que favoriser le développement du plant. Comme vous les planterez rapidement, Ils n'auront pas non plus le temps de se déshydrater, ce qui arrive quand on achète ses bulbes en avril et qu'on attend à la fin mai avant de les installer au jardin. Rappelons que contrairement aux tulipes, narcisses ou crocus, le bulbe de lis n'est pas protégé par une tunique faite de couches successives de tissu sec, si bien qu'ils sèchent rapidement à l'air libre.

 Par ailleurs, un bulbe acheté en sac au printemps aura souvent commencé à germer dans son emballage. Il faut alors le manipuler avec grande délicatesse car la tige est cassante. Et si elle brise, il faudra attendre une année complète avant d'obtenir une première floraison, un problème qui ne se pose pas l'automne. C'est d'ailleurs à ce temps-ci de l'année qu'il faut procéder à la division de vos plants, justement parce que la plante a achevé sa croissance et que les bulbes se séparent facilement.

 Attention! Il est conseillé de planter les bulbes de lis à une profondeur de 20 à 25 cm pour favoriser une meilleure prolifération de la plante. Les lis préfèrent généralement une position ensoleillée (les lis martagons et lis du Canada, eux, se portent mieux à l'ombre), un sol riche en compost et bien sûr, bien drainé. Une bonne dose de fertilisant (os minéral ou fertilisant à bulbes à libération lente) ainsi qu'un arrosage abondant sont aussi indiqués lors de la plantation. Le Centre des bulbes à fleurs des Pays-Bas recommande pour sa part de placer les bulbes de côté lors de leur mise en terre pour éviter que l'eau ne s'accumule entre les écailles.

L'huile de neem et le criocère

 Évidemment, quand on parle de lis, difficile d'ignorer le fameux criocère, épouvantable bestiole qui peut dévorer un plant en quelques jours, ou encore altérer son allure pour le reste de l'été. Disparue sous terre depuis la mi-août, la bête attend le printemps avant de se lancer à l'assaut des fritillaires, puis des lis. Comme bien d'autres, je suis tiraillé entre mon désir de cultiver les lis et la nécessité de me débarrasser de ces fameux criocères. Ma tendre moitié a d'ailleurs tranché depuis longtemps et fait pression pour que j'élimine... tous les lis du jardin. Mais je résiste. D'autant plus qu'au printemps prochain, je me lance dans un programme systématique de contrôle avec de l'huile de neem.

 Ce produit naturel qui n'est pas encore homologué comme insecticide au Canada, mais qui en possède toutes les propriétés. Il agit de plusieurs façons mais jamais instantanément, nous rappelle l'Université de Floride sur son site internet. Vendue un peu partout comme lustrant à feuille, l'huile de neem contient deux composés qui entravent la mue des insectes adultes ou à l'état larvaire et provoquent ainsi leur mort. Le produit extrait du margousier, un arbre originaire de l'Inde et de plusieurs pays d'Afrique, coupe aussi l'appétit de la bête. Mais il ne la tue pas lors de l'arrosage. Par contre, il aurait un pouvoir répulsif.

L'institution indique en outre que l'huile de neem serait systémique et pourrait donc être assimilée par la plante lui conférant alors une immunité, du moins partielle, contre l'insecte. La potion recommandée est de 30 ml d'huile pure par litre d'eau tiède à laquelle on ajoute une ou deux cuillerées à thé de savon liquide pour favoriser l'émulsion de la solution. D'ailleurs, je vous invite à me faire part de vos expériences à ce sujet.

 Vente automnale de lis

 www.champsfleuris.com

 - une soixantaine de variétés au catalogue.

 www.horticlub.com

 - la maison de Laval en offre une dizaine de variétés.

 www.veseys.com

 - cette entreprise de l'Île-du-Prince-Édouard en tient une cinquantaine de variétés.

 www.lilynook.mb.ca

 - cette firme du Manitoba, la plus importante au Canada dans ce domaine, offre plus de 200 variétés.

 www.gardenimport.com

 - compagnie ontarienne: une vingtaine de variétés.

 

Photo Bernard Brault, La Presse

Lis jaune