À redécouvrir année après année au jardin : des fleurs vivaces qui fleuriront successivement des dernières neiges aux premières, en plus d’offrir une présence spectaculaire en bouquets.

Publié le 7 mai
Isabelle Morin
Isabelle Morin La Presse

Depuis huit ans, la ferme florale Floramama fait naître des fleurs en culture écologique sur un hectare de terrain situé à Frelighsburg, dans les Cantons-de-l’Est. Avec plus de 70 variétés plantées à ce jour, sa fondatrice, Chloé Roy, compose des bouquets empreints de poésie et sème ainsi de petites doses de bonheur chez ses abonnés. À l’occasion de la fête des Mères, la floricultrice nous dévoile ses astuces pour la composition de bouquets et une sélection de fleurs parmi ses coups de cœur.

Mars et avril : précoce hellébore

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Hellébore

Au début d’avril et parfois même dès mars, l’hellébore est au rendez-vous. Avec ses têtes florales inclinées vers le sol et sa taille modeste, il reste discret, mais il charme irrésistiblement lorsqu’on l’observe de plus près. Le secret de sa floraison prolongée tient au fait que ses sépales imitent l’apparence de pétales. Une fois son fruit formé, il ressemble donc encore à une fleur. C’est à ce stade que la récolte est optimale. L’ombre est favorable à sa floraison, ce qui en fait un favori des jardins ombragés.

Floraison : de 4 à 6 semaines
Hauteur au jardin : entre 20 et 40 cm
Des cultivars à découvrir : Black Diamond, Apricot Blush, Ivory Prince et Cotton Candy

Juin et juillet : spectaculaire pivoine

PHOTO FOURNIE PAR FLORAMAMA

Pivoine « Coral Charm »

Dans de bonnes conditions, c’est-à-dire au soleil et dans un sol fertile et bien drainé, la pivoine peut vivre des décennies, voire plus d’un siècle, affirme Chloé Roy, qui rapporte le cas d’une dame dont les pivoines, plantées par ses parents il y a plus d’un siècle, fleurissent encore aujourd’hui. Avec leurs pompons imposants, les pivoines sont à coup sûr le point de mire d’un bouquet et du jardin. Certaines variétés ont toutefois le défaut de s’affaisser sous le poids de leurs fleurs et il ne faut pas croire que ce sont forcément celles à fleurs doubles. Pour éviter d’avoir à tutorer les plants, assurez-vous de choisir des cultivars à tiges solides. On récolte les pivoines quand leurs boutons floraux ont la consistance d’une guimauve, mais qu’ils sont encore fermés. S’ils sont trop durs, les fleurs n’ouvriront pas ; si elles sont cueillies trop tard, leur espérance de vie sera écourtée.

Floraison : de 4 à 6 semaines
Hauteur au jardin : de 1 à 1,5 m
Des variétés à découvrir : White Ivory, Coral Charm, Judith Eileen, Red Charm, Serene Pastel

Août et septembre : généreuses échinacées

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Échinacée « Pink Double Delight »

L’échinacée se présente dans une étonnante diversité qui englobe d’impressionnants spécimens à doubles rangées de pétales. Faciles à cultiver en plein soleil – « l’échinacée veut pousser ! » –, ses plants se ressèment d’eux-mêmes sans être envahissants. En bouquet, on l’utilise aussi bien en fleurs que lorsque les pétales ont fané. On obtient alors des boules de semences à faire sécher pour les incorporer à ses compositions.

Floraison : d’août à septembre, selon les variétés
Hauteur au jardin : de 40 à 70 cm
Des variétés à découvrir : Pink Double Delight, Cherry Fluff, Powpow White, Sweet Sandia, Doubledecker

Juin et septembre : l’iris barbu remontant

PHOTO FOURNIE PAR FLORAMAMA

Iris « Pink Attraction »

Contrairement aux variétés classiques qui ne fleurissent qu’une fois, celles qu’on dit « remontantes » le font à deux reprises, soit au début de l’été et de l’automne. Les iris barbus se distinguent du lot avec leur collerette dentelée. On récolte uniquement leurs tiges qui comptent toutefois plusieurs boutons floraux, et au moment où la fleur commence tout juste à déployer ses pétales. À la plantation, on s’assure de mettre les racines sous terre, mais de garder les rhizomes à la surface du sol où ils pourront capter la lumière. Les iris aiment le soleil.

Floraison : juin et septembre
Hauteur au jardin : de 20 cm à 1 m
Des variétés à découvrir : Concertina, Pink Attraction, Immortality, Lest We Forget, Champagne Elegance

PHOTO FOURNIE PAR FLORAMAMA

Anémone d’automne « Whirlwind »

Septembre à novembre : l’anémone d’automne

La fleur de l’anémone d’automne est petite et délicate, mais résiste bien au vent. Avec son abondante floraison et son joli feuillage, la plante ne manque pas d’attraits en bouquet. Elle se contente de la mi-ombre, mais sera plus prolifique dans un endroit ensoleillé. Une fois lancée, sa floraison se poursuit jusqu’aux premières neiges. On la récolte quand ses premiers boutons floraux commencent à s’ouvrir. Comme elle aime avoir les pieds au chaud, on lui fournira un paillis à l’automne pour favoriser une bonne reprise au printemps.

Floraison : fin août, début septembre et jusqu’aux premières neiges
Hauteur au jardin : 100 cm
Des variétés à découvrir : September Charm, Tiki Sensation, Whirlwind, Queen Charlotte

L’art de composer un bouquet

PHOTO FOURNIE PAR FLORAMAMA

Bouquet de fleurs mixtes dans des tonalités pastel

« Je préfère en général les regroupements de fleurs aux bouquets mixtes », indique Chloé Roy, dont la signature est romantique et naturelle. Idem au jardin. Le secret d’un beau bouquet réside en bonne partie dans la combinaison de couleurs. On reste dans tout ce qui est doux, pastel et des tons effacés ou ternis, conseille la floricultrice qui évite les couleurs criardes comme les rouge, jaune et bleu vif.

À la ferme, on a beaucoup de blanc, de vert, de rose, de pêche et d’orange brûlé. Souvent, on part d’une base blanche à laquelle on vient greffer du feuillage et une autre couleur. C’est le trio gagnant.

Chloé Roy, de la ferme florale Floramama

Le vert, dominant dans la nature, crée un apaisement et donne un effet plus naturel au bouquet. Avec le branchage, le truc est de créer une incision pour diviser la pointe de la tige, ce qui aide le bois à capter son eau. Les tiges des fleurs peuvent quant à elles être coupées en biseau.

Pour prolonger la vie de son bouquet

« Ce qui réduit la durée de vie des fleurs, c’est la prolifération des bactéries en vase, explique Chloé Roy. Pour la prolonger, il faut donc changer l’eau et laver le vase au savon chaque jour. » On en profite alors pour recouper la pointe des tiges.

La grande majorité des fleurs ont besoin de soleil au jardin. À la maison, il en va autrement. Elles doivent être mises à l’abri des rayons du soleil. Plus il fait chaud, plus elles faneront rapidement.

Où couper ?

Tout dépend de la hauteur de la fleur et du bouquet à créer, mais la référence est l’avant-bras, du bout des doigts jusqu’au coude. « C’est toujours important de laisser le plus de feuilles possible sur les plants. Elles agissent comme des panneaux solaires pour capter l’énergie qui est ensuite redistribuée à la plante. Si on coupe trop bas, on épuise le plant. C’est donc un équilibre entre les deux : le bouquet et le plant. »

Les fleurs au jardin

Un sol fertile et bien drainé est garant d’une belle floraison et d’un plant en santé. Le hic est qu’en jardinerie, elles sont souvent forcées à fleurir au printemps pour être plus attrayantes. « Si on veut assurer la pérennité du plant, c’est triste, mais il vaut mieux couper toutes les fleurs avant la plantation et celles qui se présentent durant la première saison, souligne la floricultrice. De cette façon, la plante pourra concentrer son énergie sur l’enracinement. »

Comme ce sont les feuilles qui captent l’énergie, on pourra toujours se faire des bouquets miniatures en ne coupant que la tête florale. En moyenne, les plants ont besoin de trois ans pour bien s’établir. Durant cette période, il est préférable de laisser le plant développer un maximum de feuillage. Pour promouvoir la floraison, on pourra retirer les fleurs fanées avant qu’elles ne montent en graines. La plante retiendra qu’elle doit fleurir davantage pour produire plus de graines !