Étonnante amaryllis. Difficile d’imaginer qu’un bulbe, si gros soit-il, puisse emmagasiner autant d’énergie. En un temps record, ce qui ressemble à un gros oignon espagnol brun produira une, deux ou même trois longues tiges surmontées de grandes fleurs plus spectaculaires les unes que les autres, des semaines durant. Une des grandes qualités de l’amaryllis, c’est qu’elle tient toujours ses promesses.

Publié le 13 déc. 2021
Pierre Gingras
Pierre Gingras Collaboration spéciale

Des bulbes prêts à fleurir

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Bulbes d’amaryllis recouverts de cire sur un étal du Centre de jardin Brossard. Ils produiront des fleurs sans apport d’eau ou de sol.

Vendu habituellement pour une floraison durant le temps des Fêtes, le bulbe d’amaryllis subit dès sa cueillette divers traitements thermiques à atmosphère contrôlée, durant de 10 à 12 semaines avant sa mise en marché. Si bien que dès qu’il apparaît sur nos étals à partir d’octobre ou de novembre, il est prêt à fleurir sans soins particuliers ; bien souvent, la hampe florale émerge de l’emballage.

Par ailleurs, des bulbes entièrement recouverts de cire sont maintenant vendus, qui n’ont besoin ni d’eau ni de terreau pour s’épanouir. Cet enduit de cire permet en outre de décorer le bulbe de multiples façons et d’une foule de coloris. Les maîtres de la mise en marché l’ont même doté d’une base spéciale pour éviter qu’il ne bascule sous le poids des fleurs. Le seul hic, c’est qu’à la fin de la floraison, il sera littéralement épuisé et rarement récupérable pour le faire fleurir de nouveau.

Un faux nom

PHOTO ANDREAS HEDELMANN, TIRÉE DE WIKIMEDIA COMMONS

Les rares amaryllis parfumées émettent une odeur souvent à peine perceptible. C’est le cas de la variété Minerva.

Originaire du sud du Mexique jusqu’au Pérou, l’amaryllis doit son nom à une plante sud-africaine dont les fleurs sont semblables. Même si, scientifiquement, ce nom d’emprunt est erroné, il a été accepté d’emblée par la communauté horticole mondiale et commercialisé comme tel. Produites dans plusieurs pays, les amaryllis comptent autour de 70 espèces et des centaines de variétés aux coloris blanc, rose, orangé, pourpre et tons intermédiaires.

La taille peut varier considérablement d’un cultivar à l’autre, certaines hampes florales atteignant de 45 à 50 cm. Leurs dimensions sont normalement mentionnées sur l’emballage, qui précise aussi le nom de la variété et sa couleur. Au nombre de deux à six par tige, les fleurs impressionnent toujours par leur grande taille, mais rares sont celles qui émettent un parfum, si ce n’est un arôme subtil perceptible seulement à bout de nez. C’est le cas notamment des variétés Apple Blossom, Pink Floyd, Minerva ou Amputo.

Un bain d’eau tiède

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Les amaryllis (ci-dessus la variété « Red Lion ») sont habituellement vendues à divers stades de croissance.

Les bulbes d’amaryllis sont vendus individuellement, nus, sans terreau, mais bon nombre sont aussi offerts en pot ou en kit prêts à planter. Dans les deux cas, il faut enterrer le bulbe aux deux tiers seulement. Humidifiez légèrement le terreau et commencez à arroser légèrement, toujours à la base, dès qu’une première tige commence à émerger, ce qui peut prendre de deux à quatre semaines après son adoption. Évidemment, le spectacle sera plus rapide si les hampes florales sont déjà présentes. Si votre bulbe met du temps à participer à votre bonheur, ce qui est plutôt rare, donnez-lui un bon bain d’eau tiède durant une petite heure, ce qui devrait induire la floraison.

Rappelez-vous par ailleurs que plus le bulbe est gros, plus il produira de tiges, plus il sera coûteux. Les tiges devraient pousser une après l’autre, parfois presque simultanément, un décalage qui permet d’étaler la floraison sur trois semaines à un mois, parfois un peu plus.

Attention : en raison de la taille et du poids des fleurs, il vaut mieux fixer la tige avec un tuteur ou encore placer le bulbe dans un pot relativement lourd pour éviter la chute du plant. En cas d’incident, on peut mettre la tige dans un vase comme une fleur coupée.

Une deuxième floraison ? Soyez patient !

PHOTO PIERRE MCCANN, ARCHIVES LA PRESSE

Un bulbe d’amaryllis peut fleurir durant plusieurs années d’affilée s’il est entretenu correctement. Mais contrairement à la première floraison qui aura été le résultat d’un traitement thermique, les prochaines fleurs apparaîtront habituellement à partir du printemps. Ci-dessus, une amaryllis « Red Lion » après quelques années d’entretien.

Comme c’est le cas avec les poinsettias, la plupart des consommateurs vont se débarrasser de leur plante après un certain temps. Mais on peut aussi faire refleurir son amaryllis. Il faudra alors se montrer patient.

Une fois la floraison terminée, coupez les hampes tout en conservant le feuillage. Traitez ensuite votre amaryllis comme une plante verte en la fertilisant de temps à autre au printemps pour qu’elle reprenne ses forces. Le beau temps venu, vous pouvez la planter au jardin ou la placer dans son pot dans un endroit non exposé au soleil direct.

En fin de saison, le feuillage devrait faner tranquillement. L’amaryllis entrera en repos pour quelques mois. Si tout va bien, une première tige se manifestera éventuellement. Quand ? Difficile à dire. Tout simplement parce qu’à l’état naturel, la plante fleurit au printemps et que certaines variétés produisent leurs fleurs beaucoup plus tôt que d’autres. Votre patience devrait donc être récompensée beaucoup plus tardivement que lors de votre achat. Votre plaisir en sera d’autant plus grand. Il pourra se multiplier avec les années.