Cultiver des plantes d’intérieur est l’une des tendances de l’heure. Chaque mois, nous mettons en lumière une plante qui donnera du style à votre décor.

Valérie Simard Valérie Simard
La Presse

On la dit presque increvable. Placez-la dans un coin peu lumineux et oubliez-la pendant quelques semaines et vous n’aurez pas raison d’elle. La sansevière (Sansevieria), communément appelée « plante serpent » ou « langue de belle-mère », davantage en raison de la forme de ses feuilles que de sa grande résistance, sied bien à ceux qui n’ont pas le pouce vert. Si vous souhaitez commencer à verdir votre demeure cette année, il s’agit assurément d’une plante à considérer.

Très présente dans les années 70, puis quelque peu tombée dans l’oubli avec la prolifération de nouvelles venues, la sansevière connaît un regain de popularité depuis quelques années. Propriétaire de Jungle MTL, une entreprise qui propose des plantes faciles d’entretien ainsi qu’un service d’aménagement intérieur et extérieur à domicile et en entreprise, Jérôme Lin recommande souvent la sansevière à ses clients. « C’est une des plantes les plus faciles d’entretien à l’intérieur, remarque-t-il. Sa caractéristique principale est qu’elle s’adapte très bien à différentes conditions. »

PHOTO FOURNIE PAR JÉRÔME LIN

Une composition réalisée par Jérôme Lin de Jungle MTL mettant en vedette la Sansevieria trifasciata Laurentii

Mais attention, si la sansevière tolère une faible luminosité, elle n’est pas à proprement parler une plante d’ombre. « Plus elle va recevoir de lumière, plus sa croissance sera importante, explique Jérôme Lin. Si elle est trop à l’ombre, elle va stagner et, au bout de quelques années, la plante aura une allure un peu frêle. » Et dans ces conditions, aucune chance de la voir fleurir.

Dans son milieu naturel, la sansevière reçoit beaucoup de lumière. Originaire des régions arides d’Afrique ou d’Asie, cette succulente tolère une faible humidité ambiante, ce qui la rend particulièrement bien adaptée à nos intérieurs secs en hiver. « C’est une plante très résistante grâce à ses feuilles épaisses qui vont stocker de l’eau, note Jérôme Lin. Il vaut mieux l’oublier qu’en prendre trop bien soin et l’arroser trop souvent. » D’ailleurs, selon lui, son seul « point faible » est sa sensibilité aux excès d’arrosage.

Grand amateur de sansevières, André Villeneuve ne leur trouve quant à lui aucun défaut. Il ne les collectionne que depuis un an, mais il en possède déjà une vingtaine d’une dizaine de variétés différentes. « J’aime les formes très variées que l’on retrouve chez les Sansevieria et le graphisme des feuilles, dit celui qui a créé avec un autre passionné le groupe Facebook Sansevières Québec. Les mélanges de couleurs parfois sobres, parfois extrêmes me font capoter. Je les trouve uniques. »

PHOTO FOURNIE PAR JÉRÔME LIN

Un trio de sansevières.
 De haut en bas, la trifasciataBird’s Nest, la trifasciataGolden Hahnii et 
l’ehrenbergii Samurai Dwarf.

Parmi ses variétés préférées, deux Sansevieria de l’espèce trifasciata — la très commune Laurentii, dotée d’un feuillage vert clair au pourtour jaune doré, et la Moonshine, une plante naine aux feuilles larges. « Malheureusement, au Québec et au Canada, on a vite fait le tour, déplore André Villeneuve. La variété disponible n’est pas bien grande. On doit se tourner vers l’internet pour commander, souvent outre-mer. »

Jérôme Lin constate toutefois que, devant le regain d’intérêt que connaît cette plante depuis quelques années et la demande croissante des collectionneurs, l’offre locale se développe de plus en plus. « Pendant plusieurs années, la Sansevieria trifasciata était la seule disponible dans le commerce ou presque, observe-t-il. On retrouve de plus en plus des variétés intéressantes, des variétés naines, d’autres avec le feuillage panaché. » Et comme une roue qui tourne, cette augmentation de l’offre provoque aussi un regain d’intérêt. Parmi les variétés prisées des collectionneurs : la Sansevieria masoniana ou Whale Fin, l’ehrenbergii Samurai Dwarf, la cylindrica et, de manière générale, celles qui ont un feuillage panaché comme la Golden Hahnii. Mais soyez avertis, qui dit rareté et intérêt dit aussi fort prix.

PHOTO TIRÉE DU COMPTE INSTAGRAM @EAT_SLEEP_GROW

La Sansevieria masoniana
ou Whale Fin

Caractéristiques

Exposition Lumière indirecte : bien qu’elle puisse y survivre, la sansevière stagnera dans un environnement peu lumineux. Arrosage Régulier, mais modéré. Attendre que le terreau soit sec avant d’arroser.

Rempotage : au printemps, tous les trois ans tout au plus. La sansevière aime être à l’étroit.

Bouturage : couper une feuille, la laisser sécher à l’air libre pendant deux jours avant de mettre sa partie inférieure dans le terreau.

Attention ! Cette plante est toxique pour les enfants et les animaux.

Où les trouver ? Partout ! Les sansevières, particulièrement l’espèce trifasciata, sont offertes dans la plupart des jardineries et chez plusieurs fleuristes à prix abordable. On peut trouver les espèces plus rares, à plus fort prix, dans certaines boutiques spécialisées, selon les arrivages.