On dit qu’on récolte ce que l’on sème… et c’est bien vrai ! Mais pour avoir des fruits et légumes plein son potager, encore faut-il planter les bonnes variétés au bon endroit. Voici cinq conseils pratiques pour se lancer dans la culture de plantes comestibles en ville.

Sophie Ouimet Sophie Ouimet
La Presse

L’ensoleillement

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Les tomates demandent au moins six heures de soleil par jour.

Avant de commencer à retourner la terre, encore faut-il connaître la quantité d’ensoleillement dont on dispose. « L’idée, c’est de trouver un espace qui bénéficie d’au moins six heures de soleil par jour », affirme Tereska Gesing, cofondatrice des Semis urbains, à Montréal. C’est notamment le nombre d’heures minimal requis pour réussir la culture des solanacées, famille dont font partie les tomates, les aubergines et les poivrons. « On ne se le cachera pas, c’est souvent ce que les gens préfèrent cultiver, et ce sont des plants de chaleur et de soleil », indique Marie-Andrée Asselin, horticultrice chez les Urbainculteurs, à Québec.

En deçà de quatre heures de soleil quotidien, il faut opter davantage pour les légumes feuilles, comme les laitues, les épinards ou le chou frisé (kale), qui vont se contenter de moins de lumière, précise Mme Asselin.

L’eau

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Pour voir les plantes comestibles prospérer, il faut les arroser… souvent.

Pour voir les plantes comestibles prospérer, il faut les arroser… souvent. Mais pour ce faire, on doit absolument avoir une source d’eau à proximité. « L’accessibilité à l’eau, c’est essentiel, et il faut que ça se fasse facilement », soutient Marie-Andrée Asselin. L’horticultrice cite l’exemple de personnes qui voudraient faire un jardin sur leur toit, mais qui n’y ont pas de sortie d’eau !

Il faut d’ailleurs réfléchir aux éléments en général, comme le vent qui souffle particulièrement fort sur les balcons d’une tour de condos. « Faire un mur de haricots grimpants si on a toujours des vents de 60 km/h sur son balcon, ça peut devenir un enjeu », poursuit-elle.

Le climat

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Les pommes, les poires, les cerises ou encore les prunes (photo) poussent bien au Québec.

Avant d’acheter des arbres ou arbustes fruitiers, mieux vaut s’assurer qu’on est dans la bonne zone de rusticité. Le Québec est divisé en sections, numérotées en fonction de plusieurs facteurs liés au climat, explique Marie-Andrée Asselin des Urbainculteurs. Par exemple, Montréal a la cote 5 b, alors que la ville de Québec se situe à 4 b — plus on s’approche de zéro, plus le climat est froid. Il faut ensuite trouver les plantes qui sont adaptées à ces zones, classées en fonction de leur capacité à résister au gel. « La zone de rusticité concerne surtout les vivaces — comme les arbres et arbustes fruitiers —, parce qu’elle a peu d’impact sur les annuelles comme les tomates, par exemple », précise Mme Asselin.

Alors, quels arbres fruitiers poussent bien au Québec ? On oublie les manguiers et les bananiers, mais on peut facilement opter pour les pommiers, les poiriers, les cerisiers ou encore les pruniers.

La terre

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En ville, on peut surélever le potager en ajoutant un cadre de bois qui augmentera la quantité de terreau pour les racines.

La qualité de la terre n’est généralement pas très bonne en ville, selon Tereska Gesing. Celle-ci suggère plutôt de jardiner en pot pour s’assurer de bonnes récoltes. « On met les chances de notre côté si on va hors terre », estime l’experte en agriculture urbaine.

Si on veut rester au sol, on peut surélever le potager en ajoutant un cadre de bois qui augmentera la quantité de terreau pour les racines, propose Marie-Andrée Asselin. Sans oublier le nerf de la guerre : le compost. « Le secret, c’est vraiment l’ajout de matières organiques, poursuit l’horticultrice. Les gens peuvent acheter un compost en commerce, mais s’ils en font à la maison, alors c’est merveilleux ! »

Avoir les moyens de ses ambitions

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Il est préférable d’opter pour les tomates cerises plutôt que les grosses variétés comme la Beefsteak.

Au-delà des aspects pratiques, il faut aussi réfléchir à notre capacité de jardiner, estime Tereska Gesing. « Si on a une vie extrêmement occupée, il vaut peut-être mieux commencer petit, même si on a beaucoup de place », suggère-t-elle. 

Et tant qu’à cultiver un potager, aussi bien opter pour des variétés dans lesquelles on prendra vraiment plaisir à croquer et qui, surtout, auront un bon rendement. Mme Gesing suggère des légumes feuilles comme le kale, la bette à carde ou les laitues en général, qui s’adaptent bien à nos climats nordiques ; les fines herbes, qui poussent facilement ; elle propose également d’opter pour les tomates cerises plutôt que les grosses variétés comme la Beefsteak, qui produiront une récolte moindre par plant.

À l’opposé, les courges, les aubergines, les brocolis, les choux-fleurs ou les choux de Bruxelles ont des plants qui prennent beaucoup de place et donnent une petite récolte au pied carré, souvent juste à la fin de l’été. Ce qui peut laisser les gens sur leur faim… littéralement. « Si on a juste un balcon ou une petite arrière-cour, on prend tout notre espace pour juste un repas à la fin de l’année ! », souligne Tereska Gesing en riant.

Consultez le site des Urbainculteurs : https://urbainculteurs.org/

Consultez le site des Semis urbains : https://www.semisurbains.com/