Il est plutôt rare que la version « fausse » d’un produit coûte plus cher que la vraie. Or, c’est le cas des plantes artificielles, dont le prix peut parfois atteindre le double, voire le triple de son équivalent naturel. Explications.

Valérie Simard Valérie Simard
La Presse

Qui n’a jamais magasiné de plantes artificielles sera probablement étonné de voir certaines variétés annoncées à 200 $, 300 $, voire 500 $ dans les boutiques spécialisées. Parmi les plus chères, on compte les figuiers (ficus) et les oiseaux de paradis (strelitzia), dont les prix se situent entre 250 $ et 600 $ pour une plante haute de 7 pi, alors qu’on peut généralement se procurer ces plantes naturelles pour une centaine de dollars.

Cette différence de prix s’explique en majeure partie par les coûts de production des plantes artificielles, qui sont un produit manufacturier. « Il y a le matériel qui est utilisé et la main-d’œuvre pour la fabriquer, contrairement aux plantes naturelles qui poussent d’elles-mêmes et qui ne nécessitent que l’entretien pour assurer leur croissance », souligne Josiane Yelle, responsable des communications et du marketing chez Décors Véronneau, détaillant spécialisé dans la vente de fleurs et de plantes artificielles.

Le plastique et le polyester sont les principaux matériaux utilisés dans la fabrication de ces imitations. Puisque le plastique est à base de pétrole, la hausse des prix de cette ressource touche aussi les coûts d’approvisionnement pour les détaillants. Enfin, les frais de transport peuvent aussi expliquer le coût plus élevé des plantes artificielles, qui proviennent généralement de Chine, contrairement aux plantes naturelles qui arrivent souvent des États-Unis.

PHOTO FOURNIE PAR DÉCORS VÉRONNEAU

Qui n’a jamais magasiné de plantes artificielles sera probablement étonné de voir certaines variétés annoncées à 200 $, 300 $, voire 500 $ dans les boutiques spécialisées.

Mais comment expliquer l’écart de prix souvent observé pour le même modèle de plante artificielle ? Par la qualité de la matière et du processus de fabrication, répondent les détaillants à qui nous avons parlé. Plus la plante sera de qualité, plus l’effet sera réaliste. 

« On peut avoir un ficus à 50 $ et un autre à 200 $ pour la même hauteur. On va voir la différence à l’œil en observant la qualité, l’épaisseur du feuillage, le rendu », explique Josiane Yelle, de Décors Véronneau.

« Bien sûr, on peut acheter une branche de tulipe au magasin à un dollar, qui ne tient pas droite, en plastique cheap, qui va décolorer si elle est près d’une fenêtre avec beaucoup de lumière, ajoute Leslie Thompson, directrice des comptes commerciaux chez Planterra. Nous, on tient seulement des plantes haut de gamme. Elles sont plus réalistes et plus durables. Elles peuvent durer pour la vie. »

PHOTO TIRÉE DU SITE WEB DE DÉCORS VÉRONNEAU

Ficus lyrata artificiel, hauteur de 7 pi, 269,99 $. En vente chez Décors Véronneau.

Benoit Godin, horticulteur et président de Vertuose, observe que les Asiatiques ont acquis une expertise dans la fabrication de fleurs et de plantes artificielles. « C’est un produit fait à la main. Tout est collé manuellement. Ils étaient très forts dans la reproduction des fleurs et orchidées, et leur expérience s’est transposée dans les plantes et les feuillages. »

Dans sa boutique du boulevard Saint-Laurent, à Montréal, Vertuose ne vend que des plantes naturelles. Elle offre toutefois des plantes artificielles à ses clients commerciaux. « Pour certains clients, c’est plus économique, même si c’est plus cher à l’achat, parce qu’il y a moins d’entretien », note Benoit Godin.

Décors Véronneau compte pour sa part de nombreux clients résidentiels qui souhaitent intégrer une plante dans un endroit moins éclairé ou qui ne veulent pas se soucier de l’entretien. Devant la hausse de la popularité que connaissent les plantes chez les millénariaux, l’entreprise a adapté son offre. « Pour répondre à cette demande, on a élargi notre gamme de plantes et on offre maintenant des modèles plus abordables qui peuvent convenir aux plus jeunes en appartement, affirme Josiane Yelle. Ce n’est pas tout le monde qui est prêt à payer le même prix pour une plante. »