Il y a une quinzaine d'années, les médias déploraient la quasi-disparition des papillons des villes et des banlieues. Aujourd'hui, il semble y en avoir de plus en plus. Mais pourquoi?

Larry Hodgson LE SOLEIL

J'ai plusieurs théories pour expliquer leur retour. D'abord, les jardiniers utilisent moins de pesticides qu'auparavant... et quand ils en utilisent, la plupart sont maintenant biologiques. D'accord, même un pesticide biologique peut tuer un papillon, mais ces produits étant généralement moins persistants, cela leur donne une chance. Et les jardiniers paresseux favorisent les plantes qui n'ont pas besoin de pesticides pour survivre, d'où un net avantage pour les papillons.

Aussi, les jardiniers sont moins portés à écraser une chenille sans réfléchir. Après tout, si vous voulez avoir de beaux papillons, il faut tolérer leurs chenilles! On peut apprendre à reconnaître et donc à laisser vivre les chenilles des beaux papillons, comme celles du monarque et du papillon du céleri.

Aussi, nos terrains sont de plus en plus fleuris... et les papillons sont spécifiquement attirés par les fleurs, car ils se nourrissent de nectar. D'accord, le gazon - anathème des papillons! - domine toujours sur la plupart des terrains, mais les plates-bandes gagnent du terrain. Les toits verts aussi séduisent les papillons!

Pour les attirer

Certaines fleurs attirent plus de papillons que d'autres! Les papillons aiment les inflorescences composées non pas d'une fleur unique, mais de fleurs regroupées. Ainsi, ils peuvent siroter plusieurs fleurs avant d'avoir à se déplacer. Souvent ces fleurs regroupées leur offrent même une plate-forme d'atterrissage! Les rayons des composées, comme la marguerite et la rudbeckie, servent justement à ce but.

Voici une courte liste de «fleurs aux papillons» : remarquez que plusieurs font partie de la famille des Ombellifères (famille de la carotte) ou des Astéracées (famille de la marguerite) :

Achillée (Achillea spp.)

Angélique (Angelica spp.)

Anthémis des teinturiers (Anthemis tinctoria)

Aster (Aster spp.)

Astrance (Astrantia spp.)

Centaurée (Centaurea spp.)

Chardon bleu (Echinops spp.)

Coréopsis (Coreopsis spp.)

Dahlia (Dahlia x hybrida)

Échinacée (Echinacea purpurea et ses hybrides)

Eupatoire (Eupatorium spp.)

Hélénie (Helenium spp.)

Immortelle vivace (Anaphalis margaritacea)

Liatride (Liatris spp.)

Monarde (Monarda spp.)

Physocarpe (Physocarpus

opuliformis)

Potentille (Potentilla fruticosa)

Rudbeckie (Rudbeckia spp.)

Scabieuse (Scabiosa spp.)

Sedum d'automne (Sedum spp.)

Verge d'or (Solidago spp.)

Vervaine bonne à rien (Verbena bonariensis)

Zinnia (Zinnia spp.)

Le buddleia (Buddleia davi-dii), aussi appelé arbre aux papillons, attire probablement plus de papillons que toute autre plante.

Je ne l'ai pas inclus dans la liste précédente, car sa faible rusticité (zone 6b) fait qu'il n'est pas fiablement rustique dans nos régions. On peut toutefois le cultiver comme annuelle.

Plantez des fleurs, oui, mais évitez les fleurs doubles : leurs pétales supplémentaires embêtent les papillons, qui n'arrivent pas à y trouver du nectar. Les graminées non plus n'offrent rien aux papillons.

Les papillons adorent le soleil et donc les plates-bandes ensoleillées leur plairont plus que les ombragées. Et ils boivent souvent dans les flaques d'eau, donc un boyau qui coule un peu peut leur faire plaisir.

Enfin, évitez le ménage des plates-bandes à l'automne et le sarclage printanier : vous tuerez les papillons qui hivernent sur vos plantes et dans le sol.

En conclusion : augmentez la part des fleurs, réduisez la part du gazon et ne soyez pas trop vite sur la gâchette avec les pesticides et bientôt votre terrain regorgera de papillons!