Comme pour les bougies ou les fragrances d’intérieur, les ventes d’encens semblent profiter de la pandémie. Or, les produits qu’on trouve sont généralement tirés d’essences de bois rares, parfois même menacées, et contiennent souvent des additifs toxiques. Pour rester zen en faisant brûler de l’encens, fabriquer le sien à partir d’ingrédients locaux ou cultivés de façon durable n’a pourtant rien de sorcier.

Simon Chabot Simon Chabot
La Presse

L’encens ne fait pas l’unanimité. Certains s’en servent pour méditer, relaxer ou masquer des odeurs désagréables, et d’autres le fuient en moins de temps qu’il ne faut pour dire myrrhe. Mais n’en déplaise à ses détracteurs, l’encens a résisté à toutes les modes depuis des millénaires et n’est donc pas près de disparaître.

C’est moins vrai de certaines de ses composantes traditionnelles, dont le bois de santal. Des récoltes abusives en Chine, à Hawaii, mais surtout en Inde menacent même la survie des différentes espèces de ce bois utilisé principalement pour sa fragrance, selon le Fonds mondial pour la nature. L’arbre du genre Boswellia, qui donne la résine d’oliban, autre composante classique de l’encens, est aussi menacé de disparition, d’après l’Union internationale pour la conservation de la nature.

Certains fabricants d’encens utilisent des produits exotiques issus d’une culture responsable, mais il est aussi possible d’utiliser d’autres substances d’origine végétale dont l’approvisionnement n’est pas problématique, et qui poussent même en abondance sous nos latitudes.

Selon Yannick Hansen, herboriste à La bottine aux herbes à Montréal, encore peu de gens se lancent dans la fabrication de leur propre encens, mais il confirme que l’opération est à la portée de tous. « Nous vendons surtout des résines que les gens brûlent sur du charbon, dit-il, mais nous avons aussi tout ce qu’il faut pour faire ses propres cônes. »

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Yannick Hansen, herboriste à La bottine aux herbes à Montréal

Comme les autres herboristeries, La bottine aux herbes ne peut accueillir de clients jusqu’au 11 janvier, mais les ventes sur la boutique web et la livraison se poursuivent.

Recette simple

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Un mélange d’herbes aromatiques en vente à l’herboriste La bottine aux Herbes

Pour fabriquer des cônes d’encens, il suffit en gros de mélanger des poudres odorantes à un peu d’eau et à un liant, afin que tout se tienne. L’ajout d’un combustible (sciure de bois) est parfois nécessaire, mais pas toujours.

L’herboristerie américaine LearningHerbs suggère quelques recettes faciles à réaliser sur son site web. L’entreprise propose d’utiliser la racine de guimauve comme liant. On en trouve sans trop de mal dans des magasins d’aliments ou de cosmétiques naturels, comme la Coop Coco à Montréal (qui livre partout au Québec). La poudre de makko est aussi un excellent liant.

Pour l’odeur, tout dépend de vos goûts. LearningHerbs suggère de confectionner une dizaine de petits cônes avec 2 c. à thé de romarin, 1 c. à thé de baies de genièvre et ½ c. à thé de racine de guimauve. Ou alors avec 1 c. à thé de citronnelle, 1 ½ c. à thé de romarin, 1 ½ c. à thé de lavande et 1 c. à thé de racine de guimauve. Le tout réduit en poudre et avec l’ajout d’un peu d’eau, dans les deux cas.

La méthode se résume à réunir les poudres dans un mortier ou un petit plat, d’ajouter progressivement quelques gouttes d’eau (une dizaine à la fois), puis de mélanger les ingrédients en les pressant avec le dos d’une cuillère jusqu’à l’obtention d’une pâte assez malléable pour former les cônes. Une fois bien secs, les cônes longs et étroits brûlent plus aisément, précise l’entreprise sur son site web.

Beaucoup d’autres végétaux, dont la sauge, le foin d’odeur ou les aiguilles de conifères, feront aussi bien l’affaire. Assurez-vous seulement que les substances utilisées ne sont pas toxiques. Dans le doute, et pour des conseils, n’hésitez pas à consulter un herboriste.

> Consultez le site de La bottine aux herbes

Consultez le site de la Coop Coco

Consultez le site Learningherbs (en anglais)