« J’aime le vin, mais je n’y connais rien. » Ce n’est pas grave ! Vous pouvez très bien apprécier le vin sans y connaître quoi que ce soit. Par contre, très souvent, le plaisir croît avec la connaissance. Mais par où commence-t-on pour apprendre ?

Véronique Rivest Véronique Rivest
Sommelière, collaboratrice invitée

On commence simplement : qu’est-ce que c’est, du vin, et comment c’est fait ? Des notions de base de viticulture et de vinification sont essentielles pour faciliter votre apprentissage. La façon dont on cultive la vigne, la composition du raisin et sa transformation en vin ont une influence énorme sur le style et le goût. Ça permet de comprendre pourquoi il est plus ou moins acide, tannique, sucré ou corsé. Pourquoi il peut sentir la fraise, la rose ou le tabac, mais rarement le raisin.

La viticulture et la vinification sont des sujets complexes, mais dont les bases sont relativement simples et faciles à comprendre. Atlas mondial du vin, de Hugh Johnson et Jancis Robinson, est un livre de référence par excellence, qui couvre ces deux sujets clairement en une vingtaine de pages, avant de présenter les vignobles du monde.

Et bien sûr, on consulte un livre sur le vin avec un verre à la main !

Outre les ouvrages de référence, la dégustation reste le principal outil pour apprendre. Déguster régulièrement, et beaucoup de vins différents, mais avec méthode et rigueur.

Prendre le temps de se concentrer sur ce qu’il y a dans le verre, décortiquer nos impressions et y réfléchir.

Il existe de nombreuses méthodes de dégustation, mais elles tournent toutes autour des trois mêmes points : une analyse visuelle, olfactive et gustative. L’Atlas mondial du vin en présente les grandes lignes. Pour une analyse hyper détaillée des mécanismes de la dégustation, Le goût du vin : le grand livre de la dégustation, d’Émile Peynaud et Jacques Blouin, offre une lecture fascinante.

Mais vous n’avez qu’à taper « grille de dégustation » dans un moteur de recherche pour en trouver des dizaines. Choisissez-en une ou deux, de préférence les plus détaillées, et goûtez le vin en vous référant à chacun des points de la grille.

Deux (ou plus), c’est mieux

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

En temps de confinement, achetez les mêmes bouteilles, et retrouvez-vous en ligne pour déguster ensemble.

Pour faciliter la tâche, dégustez deux vins, ou plus, côte à côte. C’est toujours plus facile, surtout au début, d’évaluer les différents éléments du vin, ou d’identifier ses arômes, lorsqu’on peut comparer. Ne craignez pas d’ouvrir deux ou plusieurs bouteilles à la fois. La majorité des vins, une fois ouverts, se gardent très bien au frigo jusqu’au lendemain, voire plus longtemps. Et y goûter de nouveau le lendemain est aussi très instructif : vos impressions seront peut-être les mêmes, peut-être pas… Le vin peut changer d’un jour à l’autre, et nous aussi.

Ne vous contentez pas de constater qu’un vin a une acidité faible ou élevée, mais cherchez à comprendre pourquoi, à faire le lien entre ce degré d’acidité et le cépage utilisé, la région d’origine et son climat, les méthodes culturales ou de vinification.

Et discutez-en ! Nous avons tous des sensibilités différentes, personne ne goûte de la même façon. Les échanges sont une source primordiale d’apprentissage et nous permettent de mieux comprendre notre propre goût. Déguster à plusieurs est toujours enrichissant, et plus amusant. En personne, ça permet aussi de partager le coût des bouteilles. En temps de confinement, achetez les mêmes bouteilles, et retrouvez-vous en ligne pour déguster ensemble.

Développer ses sens

Pour ceux qui disent être incapables d’identifier les arômes, entraîner son nez est à la portée de tous. Un peu comme un muscle, il suffit de l’utiliser pour le développer. Jouez au jeu des arômes, ludique et révélateur : remplissez de petits contenants opaques de substances odorantes (épices, herbes, vinaigre, fruits ou légumes, beurre d’arachide, café, fleurs, terre…). Fermez-les avec un couvercle (ou un morceau de papier aluminium) percé, numérotez-les et demandez aux gens présents d’identifier les odeurs. Vous réaliserez très vite à quel point nous sommes de piètres senteurs ! Mais encore une fois, comme un muscle, ça se travaille et ça se développe.

Il en va de même pour les goûts. Pas certain de savoir quoi on parle quand il est question d’acidité dans le vin ? Mordez dans une pomme verte et prêtez attention à l’acidité que vous ressentez en bouche pour reconnaître la même impression lorsque vous la retrouverez dans le vin.

Et refaites ces exercices le plus souvent possible ! Plus on répète, plus on finit par comprendre. Ou alors on finit avec encore plus de questions. Et on recommence. Indéfiniment. C’est bien là un des plus grands plaisirs du vin.

Le plus important ? N’ayez jamais peur de poser des questions. Les vrais mordus du vin seront toujours enchantés d’y répondre, de faire partager leurs trucs d’apprentissage, leurs ouvrages de référence favoris. Que ce soit le personnel du resto où vous commandez à emporter, celui de votre agence de vin préférée ou à la SAQ. En fait, plus on est calé en vin, plus on pose de questions ! Il n’y aura que les arrogants pour se moquer de vous.