(Paris) Le ministre français de l’Agriculture « ose espérer » lundi que l’élection de Joe Biden à la tête des États-Unis « va pouvoir changer le climat » dans le différend transatlantique sur les aides d’État à Boeing et Airbus, qui s’est traduit notamment par une forte taxation des vins français outre-Atlantique.

Agence France-Presse

Julien Denormandie s’est dans le même temps dit favorable, sur Europe 1, à ce que l’Union européenne « montre les muscles » dans ce « rapport de forces ».

Quelques minutes plus tard, le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis, annonçait que l’UE allait imposer des sanctions douanières contre les États-Unis en représailles aux sanctions américaines, tout en se disant « prêts à suspendre ou retirer nos taxes à tout moment, si les États-Unis suspendent ou retirent leurs taxes ».

Dans le cadre d’un feuilleton commercial transatlantique sur les aides d’État à Airbus et Boeing, l’OMC avait autorisé l’an dernier les États-Unis à taxer des produits européens. Elle a récemment autorisé l’UE à faire de même pour les produits américains.

Depuis la mi-octobre 2019, l’administration Trump a imposé un droit de douane de 25 % sur les vins en bouteille, non effervescents, de moins de 14 degrés, des quatre pays fondateurs d’Airbus : la France, l’Espagne, l’Allemagne et le Royaume-Uni. D’autres produits agricoles européens ont été ciblés, comme l’huile d’olive espagnole et les fromages italiens.

« J’ose espérer que l’arrivée de l’administration Biden va pouvoir changer le climat de ces discussions, et arriver à trouver un accord très rapidement pour mettre fin, par exemple, à ces taxes sur le vin », a déclaré Julien Denormandie.  

Il a dans le même temps ajouté qu’il ne fallait « avoir aucune naïveté » : « Les taxes américaines, elles dépassent souvent les présidents, c’est souvent les administrations américaines qui les mettent en place. »

« D’une part, on montre qu’on est prêt à prendre nous aussi des mesures de rétorsion et d’autre part, on engage » le dialogue pour « mettre fin à ces taxes », a-t-il détaillé.

Dans un communiqué, les exportateurs français de vin, représentés par la FEVS, avaient pour leur part demandé samedi aux « autorités de faire preuve de retenue pour ne pas accroître les risques et les difficultés qui pèsent, depuis un an, sur les exportateurs de vins et spiritueux. »

La FEVS plaidait pour que, « dans l’hypothèse où l’UE déciderait de sanctions commerciales sur des produits américains, l’application de ces mesures soit suspendue ou différée dans le temps ».