(Har Bracha) Septembre est le mois des vendanges. Et dans la colonie israélienne de Har Bracha, en Cisjordanie occupée, les juifs autochtones reçoivent cette année l’aide de chrétiens évangéliques venus d’Occident pour la récolte de raisins appelés à se transformer en vin.

Agence France-Presse

L’organisation HaYovel, qui propose aux chrétiens de se « connecter avec la terre par le bénévolat » et d’accéder à la « prophétie biblique », offre depuis un peu plus d’une dizaine d’années des séjours à des évangélistes dans les colonies israéliennes pour la période des vendanges.

Dans la colonie de Har Bracha, située près de la ville de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, ils sont une centaine d’évangélistes, pour la plupart originaire de l’étranger — États-Unis, Canada et Royaume-Uni — à vendanger cette année pour différents vignobles, dont la maison Tura située dans une colonie voisine.

Plus de 450 000 Israéliens vivent dans les colonies juives en Cisjordanie occupée en plein essor ces dernières années sous l’impulsion du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, et sous le mandat à Washington de Donald Trump.

Les colonies israéliennes sont jugées contraires au droit international et comme un obstacle à la solution à deux États, une Palestine viable aux côtés d’Israël, rappelle l’ONU. Mais l’administration Trump a, elle, décrété en novembre dernier que ces implantations n’étaient pas contraires au droit international.

Le vin produit dans les colonies reste aussi un sujet délicat et de tensions, notamment entre Israël et l’Union européenne, car les vignerons des colonies écoulent non seulement leur production sur le marché local, mais l’exportent aussi aux États-Unis et en Europe.

Or en novembre 2016, une décision française a obligé les producteurs à un étiquetage différencié des produits provenant des Territoires occupés par Israël. Ces produits ne pouvaient être qualifiés comme étant originaires d’Israël, mais bien des colonies israéliennes, une mesure étrillée par le gouvernement israélien et les producteurs.

Malgré des recours, la Cour européenne a validé l’an dernier la décision française décrétant ainsi que les produits des colonies en Cisjordanie occupée devaient être labellisés comme tel et non sous l’appellation « Israël ».