(Tarcienne) Faute de pouvoir ouvrir son restaurant, pandémie oblige, un chef belge a eu l’idée d’accueillir ses clients sur le stationnement de son établissement… à bord de son auto-caravane.

Jérémy Audouard
Agence France-Presse

« Nous sommes venus dans l’unique restaurant de Belgique qui est ouvert, dans une formule inédite qui nous a tout à fait séduits et charmés », explique Françoise Gendebien, en dégustant des fruits de mer, attablée avec son mari dans leur véhicule.

Dans l’intimité, le couple déguste un plateau de fruits de mer, posé sur leur table décorée d’une nappe blanche, en savourant un verre de vin blanc.

Ce soir-là, plus d’une dizaine d’autos-caravanes sont installées devant le Matthias and Sea, un restaurant gastronomique de Tarcienne au sud de la Belgique spécialisé dans les produits de la mer.

Ici, pas de risque de contamination, le serveur porte les plats confectionnés en cuisine, recouverts de papier aluminium, jusqu’à la porte du véhicule, en respectant les gestes barrière.

PHOTO KENZO TRIBOUILLARD, AGENCE FRANCE-PRESSE

À l’intérieur de l’auto-caravane, la bulle sociale restreinte est préservée, comme à la maison. Mais on échappe à la routine.

À l’intérieur, la bulle sociale restreinte est préservée, comme à la maison. Mais on échappe à la routine.

À la carte, les plats de poisson sont proposés à environ 30 euros (46 $), tandis que le menu homard s’affiche à 58 euros (90 $).

Le chef, Mattia Collu, a transformé son stationnement en salle de restaurant et même en hôtel, puisque les clients peuvent dormir sur place. En leur louant au besoin l’auto-caravane.

L’idée lui est venue « en allant faire des livraisons », comme ces nombreux restaurateurs convertis à la vente à emporter, seule façon légale de poursuivre leur activité en période de pandémie de COVID-19.

En voyant des autos-caravanes chez ses clients, il a fini par se dire : « pourquoi ramener à chaque fois des barquettes, créer des emballages, si les gens ont le confort de leur auto-caravane, et (peuvent) venir chez nous ? »

Cette réinterprétation belge du service au volant a conquis une clientèle qui n’en peut plus de rester enfermée, au moment où l’autocaravanage connaît un engouement sans précédent en Europe.

Il a notamment été plébiscité durant l’été pour des vacances permettant d’échapper à la foule des hôtels et des campings.

« On peut enfin, une fois, aller manger quelque part. Même si c’est à notre propre table. Mais on est servi comme un roi, enfin je l’espère », témoigne André Deckx, au volant de son auto-caravane, en arrivant avec son épouse.