La fonte beaucoup plus rapide que prévu des glaces de l'océan Arctique oblige le Canada à revoir à court terme ses lois sur le transport et la gouvernance maritimes ainsi que la protection de la biodiversité marine.

Publié le 17 févr. 2012
Pierre Saint-Arnaud LA PRESSE CANADIENNE

C'est l'avertissement lancé par le titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le droit de la mer et la gestion des océans, David VanderZwaag, qui ajoute toutefois qu'il s'agit d'une occasion unique pour le Canada de faire preuve de leadership en matière de gouvernance maritime et de pratiques de développement durable dans le Grand Nord.

Le docteur VanderZwaag souligne que l'amincissement de la glace provoqué par le réchauffement en Arctique ouvre de nouvelles voies de navigation et intensifie l'intérêt envers le développement des ressources naturelles et du tourisme régional.

«Il y a un énorme trou de beigne au centre de l'océan Arctique qui se trouve à l'extérieur de la zone côtière de toutes les juridictions nationales environnantes, a indiqué le chercheur. Puisque chaque pays limitrophe a droit à une zone économique exclusive de 200 milles nautiques, cela laisse un immense espace vide au centre qui pourrait devenir problématique.»

Les travaux du docteur VanderZwaag portent sur la manière dont le Canada peut s'appuyer sur ses forces en matière de gouvernance maritime. L'une d'elles, selon lui, est la Loi sur les océans de 1996, une législation globale qui a tracé la voie quant à la manière d'aborder les défis de l'avenir en matière de gouvernance océanique internationale et qui représente un précédent mondial.

Le chercheur note de plus que le Canada a des bases réglementaires très solides en termes de normes environnementales très strictes pour le transport maritime.